Le conseil de surveillance de Facebook va examiner la suspension de Donald Trump

RESEAUX SOCIAUX C'est le premier véritable test pour cette instance censée opérer en toute indépendance

P.B.

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La page Facebook de Donald Trump (illustration).
La page Facebook de Donald Trump (illustration). — M. ALLILI /SIPA

Facebook est-il allé trop loin en suspendant « indéfiniment » Donald Trump sur ses plateformes (Instagram compris) après les violences du Capitole ? Lancé en mai dernier, le conseil de surveillance de l’entreprise californienne a annoncé jeudi qu’il allait examiner cette décision controversée.

C’est Facebook qui a décidé de référer sa décision au Conseil de surveillance. Constitué de 20 sages (professeurs de droits, activistes, experts des droits civiques etc.) et notamment coprésidé par l’ancienne première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt, cet organe est financé par Facebook via des fonds mis à disposition irrévocablement dans un trust. Créé pour examiner les questions les plus sensibles liées à la modération, le conseil rend des avis contraignant que Mark Zuckerberg et son entreprise sont obligés de respecter.

De nombreux responsables « mal à l’aise »

Au lendemain de l’assaut contre le Capitole, Facebook a annoncé une suspension « indéfinie » des comptes de Donald Trump, estimant qu’il avait « incité » cette insurrection et « menacé le transfert pacifique du pouvoir », alors que les élus étaient réunis au Congrès pour valider les résultats de l’élection. Twitter a également banni Donald Trump. YouTube a suspendu son compte pour une semaine, et a allongé la durée de sept jours ce mardi.

Cette décision des Gafa est loin de faire l’unanimité. Angela Merkel, notamment, l’a jugée « problématique », et le porte-parole du gouvernement français, Gabriel Attal, s’est dit « mal à l’aise » qu’une voix représentant 74 millions d’électeurs soit unilatéralement muselée.

L’intéressé, lui, a évoqué la possibilité de lancer sa propre plateforme. Mais en pratique, le défi est immense. Prisé par l’extrême droite pour sa modération laxiste, le réseau social Parler a, par exemple, été banni des app stores d’Apple et de Google, et lâché par son hébergeur Amazon. Après une période de black-out, Parler est partiellement de retour en ligne mais rencontre de nombreuses difficultés techniques. Sur Internet, échapper aux Gafa est une mission presque impossible.