• Le PSG se déplace sur la pelouse de Munich pour la dernière journée de Ligue des champions.
  • Sauf grosse défaite, Paris devrait finir premier de son groupe.
  • Mais une victoire chez le Bayern rendrait bien des services à Unai Emery et les siens.

De notre envoyé à Munich,

« Ce sont les meilleurs », dit l’hymne mythique de la Ligue des champions. C’est joli, très joli même, mais il n’y a qu’un « meilleur » dans chaque groupe de Coupe d’Europe. Dans le cas de la poule B, ce sera soit le Paris Saint-Germain, soit le Bayern Munich, avec, a priori, un net avantage pour le club parisien. Pour rappel :

  • Paris compte trois points d’avance sur les Bavarois
  • Et trois buts d’avance au goal-average direct grâce à leur succès 3-0 au Parc
  • Le Bayern doit donc gagner 4-0 pour finir premier, chose à laquelle même Mats Hummels a dit ne pas croire samedi soir en conférence de presse.
     

Là, vous vous dites : « tout va bien », « il suffira de gérer le nul ». Et bien vous avez tort (rien d’exceptionnel, ça nous arrive aussi). Ce match à l’Allianz Arena, la MCN et compagnie se doivent de le jouer à fond et mieux, de le gagner. Pour tout plein de bonnes raisons que nous confirme Daniel Bravo, qui sera présent mardi soir en cabine à Munich pour commenter la rencontre sur beIN Sports.

Faire comprendre au Bayern que Paris est deux crans au-dessus de lui

Finir premier, c’est bien. Le faire en ayant deux breaks d’avance sur un colosse du foot européen et lui montrer qui est le boss cette année, c’est mieux. Car en face, les types vont tout faire pour montrer « que nous sommes le Bayern », dixit Hummels samedi en conférence d’après-match contre Hanovre.

De plus, et à l’image de Jérôme Boateng dans une interview à L’Equipe parue lundi - « franchement [le PSG ne m’a] pas trop [impressionné], sachant qu’il s’est contenté du minimum et qu’il a été très réaliste »-, il semblerait que le 3-0 de l’aller n’ait pas suffi à effrayer les Bavarois. Et que ces derniers aient repris confiance depuis le retour de Jupp Heynckes sur le banc de touche. En mode « avec Ancelotti on était nuls mais là c’est plus la même histoire ». On verra bien.

L’avis de Daniel Bravo : « Il y a l’idée de montrer que cette année, le Bayern est clairement moins fort que le PSG, c’est une très grosse opportunité pour Paris de prendre l’ascendant psychologique sur un favori à la victoire. Mais attention, ça ne sera pas facile. Le Bayern, c’est très costaud à domicile. C’est une équipe avec beaucoup d’expérience, aussi. Même si ce n’est plus le rouleau-compresseur de la grande époque, ça reste une très belle équipe. »

Montrer à l’Europe que le PSG sait aussi battre des gros à l’extérieur

Le PSG n’a pas attendu Mbappé ni Neymar pour manger du gros poisson au Parc des Princes. Le Brésilien en sait quelque chose. Avant de sauver le Barça comme un daron au Camp Nou, Ney avait été le seul à exister un peu lors de la surprenante déroute blaugrana à Paris (0-4). À l’extérieur en revanche, tout une réputation reste à reconstruire pour Paris. Et quoi de mieux que l’Allianz Arena, lieu de transcendance et théâtre de nombreuses branlées pour les Bavarois, pour envoyer un message, un vrai ?

L’avis de Daniel Bravo (pour une fois pas d’accord avec nous) : « Je veux bien qu’il y ait l’idée d’effacer l’affront du Camp Nou mais ce n’est plus la même équipe que l’an passé, là. Est-ce qu’avec Neymar et Mbappé devant Paris se serait fait sortir ? On ne le saura pas mais j’en doute beaucoup. Donc le PSG de l’an passé ce n’est plus forcément une référence. Paris est plus solide avec Neymar, Mbappé mais aussi Dani Alves. On sent que c’est quelqu’un qui booste l’effectif, qui lui apporte quelque chose. Thiago Silva semble plus serein depuis son arrivée. Devant, c’est la meilleure attaque d’Europe, c’est hyper technique, ça va super vite. Je ne sais pas si c’est une bonne idée de ramener ce PSG à celui qui a joué au Camp Nou. »

Continuer de faire peur aux autres

C’est un fait, l’Europe surveille de près les performances du Paris Saint-Germain. Même à Strasbourg, pour un match a priori banal, des observateurs venus du monde entier se sont pointés à La Meinau pour voir jouer le PSG (bien leur en a pris). Paris intrigue et Paris fait peur. Les joueurs du Celtic disent n’avoir rien vu de tel en Coupe d’Europe après s’être fait fesser à Glasgow (0-5) et les chiffres confirment cette impression : Les hommes d’Unai Emery réalisent pour le moment statistiquement la meilleure phase de poules jamais observée à ce niveau (15/15 points, 24 bp, 1bc) et décrocher un sixième succès en six journées permettrait de sceller définitivement ce bazar. Après ça, vous pourrez être sûr que pas grand monde n’aura envie de se farcir Paris en 8es.

Glou, glou la concurrence
Glou, glou la concurrence - UEFA

L’avis de Daniel Bravo : « Il faut continuer de faire peur en Europe. Tous ceux qui ont vu jouer le PSG en Europe se disent que c’est une équipe de fous avec la meilleure attaque d’Europe. Il y a un ascendant psychologique à garder pour la suite de la compétition. »

Ne pas offrir ce plaisir à l’Allemagne traditionnelle qui méprise les clubs émergents

Au pays de l’orthodoxie financière et des clubs dits traditionnels, les caprices de nouveau riche du Paris Saint-Germain passent mal. Les arrivées de Neymar et Mbappé ont été jugées scandaleuses et dénoncées à plusieurs reprises par les dirigeants du Bayern, qui du coup s’est lancé dans une croisade contre le PSG (et City). « L’argent ne marque pas de buts » avait dit Robben avant le match aller. Erreur, il en met trois.

Épisode II, Boateng, lundi : « dépenser énormément d’argent sur le marché des transferts ne signifie pas pour autant aller au bout de la compétition. » Un succès du Bayern ne serait pas seulement sportif mais aussi idéologique. Si Paris perd, on aura donc droit à la rengaine du « foot historique qui prend le meilleur contre le foot-business », et a-t-on vraiment envie de recevoir encore une fois des leçons de la part de nos voisins teutons ?

Hoeness et Rummenigge n'aiment pas trop le PSG de QSI
Hoeness et Rummenigge n'aiment pas trop le PSG de QSI - SIPA

L’avis de Daniel Bravo : « Heynckes est revenu au Bayern donc ça rappelle de vieux souvenirs et ça nous ramène à cette dimension des clubs qu’on dit historiques et qui voient l’avènement du PSG d’un mauvais œil. Il y a de l’animosité parce qu’ils voient en eux un concurrent qui peut leur passer devant. C’est un vrai antagonisme. »

Ne pas définitivement casser la dynamique positive et passer Noël au chaud

On sait comment ça se passe au PSG. Un faux-pas à Strasbourg au terme d’un match pas pris au sérieux qui ne remet rien en cause et on en fait des caisses, alors imaginez si Paris perd 1 ou 2-0, waouh, la crise, et on voit d’ici les gros titres sur le limogeage à venir d’Unai Emery ou un autre genre de penalty-gate sorti d’une galaxie lointaine. En gros, Paris a une opportunité en or de remettre les pendules à l’heure à Munich et de s’assurer une fin d’année tranquille. Un succès dans la prestigieuse Allianz Arena et il n’y aura plus grand monde pour parler de la Meinau.

L’avis de Daniel Bravo : « Concéder une lourde défaite et perdre la première place, chose à laquelle je ne crois pas du tout, ça pourrait dérégler la machine [interview réalisée avant la défaite à Strasbourg]. Parce que c’est une machine. Pour eux, ça s’est tellement bien passé jusqu’ici qu’il faut tâcher de garder la même dynamique. »