Strasbourg-PSG: Paris battu avant d'affronter le Bayern, c'est grave docteur?

FOOTBALL Strasbourg a infligé à Paris sa première défaite de la saison, au stade de la Meinau pour le compte de la 16e journée de Ligue 1…

Alexia Ighirri, avec W.P.

— 

Strasbourg-PSG: Battu avant d'affronter le Bayern, Paris doit-il s'inquiéter?
Strasbourg-PSG: Battu avant d'affronter le Bayern, Paris doit-il s'inquiéter? — PATRICK HERTZOG / AFP
  • Strasbourg accueillait le PSG samedi au stade de la Meinau pour la 16e journée de Ligue 1.
  • Le Racing a réalisé l’exploit et a infligé sa première défaite à Paris (2-1)
  • Paris doit s’inquiéter avant d’aller affronter le Bayern Munich mardi.

On a donc la réponse : oui, c’est possible ! On peut battre le PSG de Neymar, Cavani & Cie. Même quand on n’est pas le Barça. Non, non, pas besoin d’être un cador de la scène européenne : Strasbourg l’a fait.

Eh oui ! Samedi dans son stade de la Meinau à guichets fermés et évidemment bouillant, le club alsacien a infligé sa première défaite de la saison au leader parisien (2-1), qui était déjà apparu un peu faiblard contre Troyes mercredi.

Pour remuer un peu le couteau dans la plaie, on notera qu’il s’agit là du premier revers parisien contre un promu depuis Reims en mars 2013. Un résultat pas vraiment joli-joli avant d’aller jouer au Bayern Munich en Ligue des champions, mardi. Pour vous dire à quel point Paris a mal choisi son moment pour perdre, il faut savoir que plein de journalistes allemands ainsi que des observateurs du monde entier étaient présents à Strasbourg, samedi. Et tous doivent se poser la question, avant le déplacement à Munich : alors, c’est grave ? Doit-on tout remettre en cause après cette semaine très moyenne ?

Accident de travail et beauté du foot

Pour les Parisiens, la réponse est évidemment « non ». Au moment de se présenter à la presse samedi soir, tous étaient déjà d’humeur à relativiser, la palme d’or de la plus belle formule revenant sans hésiter à Dani Alves : le Brésilien évoque un « accident de travail ».

Unai Emery n’est pas forcément plus inquiet que ça. « Même si on a maîtrisé le match on n’a pas maîtrisé le résultat. Le foot c’est ça, de temps en temps les équipes » moyennes « peuvent battre les grosses et c’est pour ça qu’on aime ce sport », a réagi le Basque.

« On va continuer notre chemin, avec beaucoup de tranquillité. Si je ne suis pas content c’est à cause de la défaite mais pas à cause de la prestation des joueurs »

« C’est une leçon »

De fait, les joueurs donnent presque l’impression de voir cette contre-performance d’un bon œil, comme un rappel à l’ordre avant le déplacement périlleux à l’Allianz Arena. Javier Pastore le premier : « maintenant on a un match super important. On ne peut pas faire ce qu’on a fait aujourd’hui. Et ça, ça va nous aider pour avoir la première place du groupe. »

Son collègue Marquinhos est sur la même longueur d’ondes : « Ça va nous faire du bien. Pour gagner un match, c’est très difficile, il faut courir sur le terrain, il faut être très concentré. C’est une leçon qui va nous servir » Le défenseur prévient tout de même : « Il faut qu’on rentre rapidement dans le match. Il ne faut pas qu’on prenne un but comme ça, vite », en référence à l’ouverture du score de Da Costa à la 13e minute pour Strasbourg. Ça serait une bonne idée oui. Surtout contre le Bayern. Généralement, quand on prend trop vite un pion en Bavière, on repart avec une grosse valise. Et c’est ici que commence le chapitre des inquiétudes.

La critique n’acceptera pas un deuxième faux-pas de suite

Le Bayern est le Bayern et il ne serait pas scandaleux de perdre mardi en Allemagne. Le fait est que la victoire poussive à Troyes et la défaite alsacienne ajoutent un peu plus de pression à cette « finale de groupe », que l’on imaginait moins tendue tant Paris est en ballotage favorable (les Bavarois doivent gagner par plus de trois pions d’écart pour finir premier de la poule).

>> A lire aussi : Strasbourg-PSG: «Un promu ridiculise le leader»... En Allemagne, on se gausse de la défaite de Paris

Car il faut savoir qu'Emery a admis samedi que le but du PSG en Ligue 1 était de terminer invaincu et des bruits de couloirs font état de la déception de Nasser quant à l’échec prématuré de cette quête annexe. Si ça tourne au vinaigre mardi, le Basque et son équipe passeraient de ciel dégagé à averses orageuses en l’espace de quatre jours. Et on imagine déjà les rumeurs d’un départ de l’ami Unai fuser de toutes parts.

Pour sortir de la fiction et d’un catastrophisme qu’il convient de relativiser, il ne faut pas oublier que Paris a perdu à Strasbourg avec une équipe A' (Cavani sur le banc, Berchiche titulaire, le sosie de Neymar sur le terrain, Di Maria et son spleen aussi). Enfin, et même si le technicien parisien a déclaré l’inverse après le match de samedi (« on en a parlé entre nous dans les vestiaires, on n’avait pas la tête à Munich »), les matchs de Ligue des champions ont tendance à refroidir les joueurs les plus ambitieux le week-end, surtout s’il précède un gros match, ce qui est ici le cas. Outre Paris, on peut noter le nul décevant du Barça contre le Celta (2-2) ou la gifle de Leipzig reçue à Hoffenheim (0-4) avant son match crucial contre le Besiktas. Bref, rien de vraiment nouveau sur la planète football.