Pâques : « Avec le même goût » que le chocolat, mais sans cacao, c’est quoi le « Choviva » ?
Alternative•Une chocolaterie alsacienne est la première en France à proposer des confiseries qui ont « le même goût » que le chocolat… mais sans cacaoThibaut Gagnepain
L'essentiel
- La chocolaterie Abtey lance le « Choviva », un substitut au chocolat fabriqué à partir de pépins de raisin et de graines de tournesol, qui reproduit le goût et l’apparence du chocolat classique.
- Ce nouveau produit présente des avantages écologiques (réduction de 80 % de l’empreinte carbone), économiques (20 à 30 % moins cher que le chocolat) et nutritionnels (moins sucré, plus de fibres et de protéines).
- Selon Yves Wagner, directeur général adjoint d’Abtey : « Avant de nous lancer, nous avions fait tester à un panel de 100 personnes. Aucun n’avait trouvé de différence, c’est le même goût ! Mieux, 98 % préféraient le Choviva au chocolat. »
Et si, cette année, Pâques était fêté sans chocolat ? Difficile à imaginer pour ses plus grands amateurs… Sauf s’ils se convertissent au « Choviva » ! C’est « le gros pari » de la chocolaterie Abtey, installée à côté de Mulhouse (Haut-Rhin) et première en France à se lancer avec ce produit.
« On a démarré la gamme il y a trois semaines après quasiment un an de recherches et développement », explique son directeur général adjoint, Yves Wagner. Avant de détailler clairement en quoi consiste cette nouvelle matière. « Choviva a été créé par une startup allemande de Munich qui est partie du constat que ce n’était pas la fève de cacao qui donnait son goût au chocolat, mais plutôt sa fermentation et torréfaction. Alors, elle a reproduit le même process, mais avec des pépins de raisin et des graines de tournesol. »
Le produit final ressemble parfaitement à son prestigieux concurrent. Au moins au niveau de la couleur, donnée par les pépins de raisin. Et des saveurs alors ? « Avant de nous lancer, nous avions fait tester à un panel de 100 personnes. Aucun n’avait trouvé de différence, c’est le même goût ! Mieux, 98 % préféraient Choviva au chocolat », assure le dirigeant, ravi aussi des premiers retours clients. « On avait un petit doute au début, mais les résultats sont incroyables. Les gens goûtent, c’est l’effet découverte, mais reviennent après en chercher. Sur notre site Internet, les dix meilleures ventes sont du Choviva. »
Que ce soit pour des moulages d’animaux (singe, éléphant, poule), des œufs ou des petits parapluies emballés, une des habituelles spécialités de la maison créée en 1946. Et dont le nom est visible dans la plupart des grandes surfaces en France, uniquement au moment de Noël et Pâques. « On est aussi connu pour nos chocolats à la liqueur. Les tonnelets rouges avec du Calvados dedans, c’est nous », reprend Yves Wagner.
Des intérêts écologiques, économiques et… de santé
Pour cette nouvelle aventure sans fève de cacao, l’entreprise alsacienne a dû adapter ses machines. « Ça nous permet de recevoir la matière première en citerne, comme le chocolat. Tout vient de République tchèque et Allemagne, c’est la startup qui l’a créée qui nous livre. Puis, on transforme tout ça en tablettes ou en moulage. »
Au total, Abtey a consacré cette année « 25 % de la production » au « Choviva ». Ce n’est peut-être qu’un début tant, sur le papier, le produit pourrait facilement trouver son public. « Il a plusieurs intérêts, estime celui qui est aussi directeur marketing de la marque. « D’abord écologique car ça réduit l’empreinte écologique de 80 % par rapport au cacao qui vient du bout du monde et qui a besoin de beaucoup d’eau. Economique aussi car le cours du cacao a flambé. Il a pris 140 % de hausse en un an et ça devenait de plus en plus difficile d’en avoir. Là, ça revient de 20 à 30 % moins cher au consommateur. » Soit une trentaine d’euros le kilogramme en moyenne, contre environ 35 pour le chocolat au lait et encore davantage en ce qui concerne le noir.
De quoi permettre de se lâcher ? Pas vraiment. « Oui c’est moins sucré et il y a moins de graisses saturées pour davantage de fibres et de protéines. Mais ça reste un produit qui est noté E au Nutri-Score », nuance Yves Wagner en appelant les lecteurs à le goûter. Et pourquoi pas passer Pâques sans manger de chocolat…



















