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30 milliards d’images collectées par Pokémon GO, mais pour quoi faire ?

A quoi servent les 30 milliards d’images collectées par l’application Pokémon GO depuis sa création ?

FuturDepuis 2016, des centaines de millions de personnes ont joué à Pokémon GO. Grâce à eux, l’entreprise Niantic a pu récolter 30 milliards de photos précises du monde. De quoi aider des robots livreurs à ne pas se perdre. Mais quel est le but final ?
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Maelys Courpotin

Maelys Courpotin

L'essentiel

  • Pokémon GO a été créé en 2016 par Pokémon Company et Niantic, une entreprise américaine spécialisée dans la création de jeu en réalité augmentée.
  • Plus de 500 millions de joueurs ont téléchargé l’application dans les 60 jours qui ont suivi son lancement, et en 2024 elle attirait encore plus de cent millions d’utilisateurs.
  • Pour jouer à Pokémon GO il faut constamment activer la localisation de votre téléphone, pour localiser votre personnage et vous permettre de capturer des Pokémon. Un système qui a permis à Niantic de collecter plus de 30 milliards d’images. L’entreprise Coco s’en sert aujourd’hui pour aider ses robots livreurs à mieux se repérer dans l’espace.

Plus de cent millions de joueurs, c’est ce que représente la machine Pokémon GO. Depuis 2016, ils sont des millions à avoir parcouru la planète dans le but de capturer Pikachu, Mewtwo ou Dracaufeu. Le tout sans débourser un centime. Mais comme le dit l’adage : « si c’est gratuit, c’est vous le produit ».

Ainsi, sans s’en rendre compte, toutes les personnes qui ont un jour ouvert Pokémon GO ont fourni à Niantic, l’entreprise derrière le jeu, des images des rues, des villes, dans lesquelles elles évoluaient. C’est près de 30 milliards d’images qui ont été récoltées par la filiale de Google. Et c’est l’entreprise américaine Coco et ses robots livreurs qui en ont bénéficié.

Un système de localisation particulièrement précis

Si Coco a récupéré les images de Niantic, c’est parce qu’elles sont d’une précision chirurgicale. « Nous disposons de plus d’un million de points de localisation à travers le monde, ce qui nous permet de vous localiser avec précision », explique Brian McClendon, directeur technique de Niantic Spatial, la filiale chargée de l’intelligence artificielle, pour MIT Technology Review. Et pour chacun de ces points de localisation, Niantic Spatial possède « plusieurs milliers d’images prises plus ou moins au même endroit, mais sous différents angles, à différents moments de la journée et dans différentes conditions météorologiques », peut-on lire dans l’article. Chaque image est également accompagnée de métadonnées précises, pour indiquer la position de l’appareil dans l’espace, son altitude, le mouvement ou non, etc.

Livraisons robotiques

Ce système de « positionnement visuel » n’est pas une nouveauté selon Konrad Wenzel d’ESRI, une entreprise de logiciels de cartographie numérique et d’analyse géospatiale pour MIT Technology Review. Mais pour Coco, l’entreprise de robots de livraison, c’est une aubaine.

La start-up américaine, soutenue par Sam Altman, PDG d’OpenAI a déployé un réseau de plus de 1.000 robots. De la taille d’une glacière de 90 litres, ils transportent marchandises et commandes de restaurants. Si nous n’en voyons pas encore en France, Coco a déjà mis en place son système à Los Angeles, Miami, Chicago et Helsinki en Finlande. Selon Zach Rash, le PDG de la start-up, cela devrait permettre aux robots d’évoluer dans leur environnement sans danger et d’être plus précis, en s’arrêtant aux bons endroits, en esquivant les passants ou les obstacles sur les trottoirs. Cité dans Le Figaro, l’entrepreneur explique : « Notre meilleure façon de bien faire notre travail est d’arriver exactement à l’heure prévue ».

Construire une carte vivante

L’objectif finale, pour Niantic Spatial, n’est pas simplement d’aider des entreprises comme Coco. Son but est de créer la carte la plus précise et actuelle possible. De faire une sorte de carte vivante du monde, qui évoluerait en même temps que lui.

Car les données récoltées par les images provenant de Pokémon GO permettent notamment d’éviter les problèmes de GPS. Car, en ville, à cause du nombre de bâtiments, les signaux radios rebondissent et sont moins bien transmis à votre portable. « Si vous regardez le point bleu sur votre téléphone, vous verrez souvent qu’il dérive de 50 mètres » explique Brian Clendon à MIT Technology Review. Cela permettra notamment à des machines, dont l’IA, de recevoir de meilleures consignes et de mieux s’orienter.