Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Pogacar peut-il attaquer dès le km 0 pour enfin remporter Milan-San Remo ?

Milan - San Remo 2026 : Tadej Pogacar peut-il attaquer dès le km 0 pour enfin remporter la « Classicissima » ?

échappée belleMilan-San Remo, qui se dispute ce samedi, est l’une des dernières courses qui résiste à Tadej Pogacar, qui sera l’un des grands favoris avec Mathieu van der Poel
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Tadej Pogacar n’a jamais gagné Milan-San Remo en cinq participations, souvent battu dans les derniers mètres après avoir attaqué dans le Poggio, et cherche à briser cette malédiction lors de l’édition de ce samedi.
  • Pour préparer cette course, Pogacar a orienté son entraînement en « mode classiques », c’est-à-dire « répétitions d’efforts, et surtout durabilité », sans faire de stage en altitude ni de heat training en ce début de saison.
  • Comme sur plusieurs courses d’un jour, le double champion du monde peut-il envisager une course ultra-offensive en attaquant dès le départ avec son équipe ?

Habitué à dormir sur ses deux oreilles, Tadej Pogacar a dû faire quelques petits cauchemars ces dernières nuits, non pas en raison de la situation internationale tendue ou du deuxième tour des élections municipales françaises. Si le pyjama est trempé et le souffle court après un réveil en sursaut, c’est en raison de ce monstre à quatre têtes qui envahit les pensées du double champion du monde au début du printemps : Milan-San Remo, qui se dispute ce samedi.

Avec Paris-Roubaix, la Classicissima est l’une des dernières courses à résister encore et toujours à l’envahisseur slovène. En cinq éditions, Pogi n’est jamais monté sur la plus marche du podium, souvent battu dans les derniers mètres de la via Roma, après avoir tenté de fausser compagnie à tout le monde dans le Poggio. Mais, à chaque fois, les attaques du missile slovène ne font pas assez de victimes pour espérer s’imposer sur les bords de la Méditerranée.

Répétition d’efforts et durabilité pour Pogacar

Pas habitué à voir l’un de ses poussins échouer à répétition, l’état-major d’UAE-Team Emirates a dû réunir toutes les forces vives pour mettre fin à cette malédiction, comme nous l’explique Maxim Frémeaux, entraîneur et responsable du pôle performance de l’équipe Van Rysel Roubaix :

« J’ai pu échanger avec son entraîneur et il m’a dit que Pogacar n’avait pas fait de stage en altitude en ce début de saison pour préparer les classiques ou de heat training qui est très à la mode en ce moment. Il m’a juste dit, sans rentrer dans les détails, qu’il a orienté l’entraînement en mode classiques. C’est-à-dire répétitions d’efforts, et surtout durée des efforts, parce qu’on est sur des courses qui sont extrêmement longues. »

Un entraînement bien spécifique pour pouvoir rivaliser avec les grosses cuisses de Mathieu van der Poel ou Jasper Philipsen, habitués à faire des efforts très violents très courts. Mais, habitué aux (très) longues chevauchées en solo, celui qui a imité les plus belles coiffures de Pascal Hervé ou Richard Virenque de la grande (hum hum) époque pourrait-il reproduire un tel effort sur une course de près de 300 km, puisque ses dernières tentatives dans la Cipressa et le Poggio n’ont jamais été fructueuses ?

Trop long pour attaquer très tôt ?

« C’est sûr qu’il ne peut plus attendre le Poggio (à moins de 10 km de l’arrivée), mais attaquer dès le début, non, ça ne serait pas très sérieux, rétorque du tac au tac l’Italien Alessandro Ballan, ancien champion du monde, qui a terminé au pied du podium de Milan-San Remo en 2011. Même son équipe, si elle doit évidemment contrôler la course, elle ne peut pas se mettre à fond dès le début, c’est une course beaucoup trop longue. »

Pas d’attaque à 100 km de l’arrivée comme lors des Mondiaux 2025, ni de raid solitaire de 81 km comme lors des Strade Bianche en 2024, donc ? « C’est assez long quand même, reprend Maxim Frémeaux. Et puis on n’est pas à l’abri d’une défaillance, d’une fringale ou d’une crevaison au mauvais moment. Et si on a déjà perdu des coéquipiers ou s’ils sont bien entamés alors que devant ça bordure, c’est fini pour le leadeur, il faut rester raisonnable. »

L’entraîneur estime malgré tout que l’équipe émiratie peut passer l’essoreuse assez rapidement dans la course, même avec l’absence de gros moteurs comme Tim Wellens ou Jhonatan Narvaez. Une première accélération sur Il Passo del Turchino à mi-course, une deuxième lame sur les Tre Capi dans les cinquante derniers kilomètres avant d’arriver à la fameuse Cipressa (à 22 km de l’arrivée).

« Il faudra faire une course très très rapide, à commencer par le Passo del Turchino avec son équipe, qu’il faudra faire très fort, puis surtout la Cipressa (5,6 km à 4,1 %), développe Alessandro Ballan. Tadej Pogacar devra passer à l’attaque, pas seulement dans le final de cette montée, mais dès le pied, avec l’aide de ses coéquipiers, pour partir en solo et faire le Poggio et le final via Roma tout seul. Pour moi c’est la seule tactique qui peut le faire gagner. »

Et si tout se jouait dans la Cipressa ?

Il n’est pas le seul. Fabio Baldato, l’un des directeurs sportifs du slovène, a aussi mis la Cipressa comme le juge de paix de ce Milan-San Remo. « La montée est assez courte et la vitesse est extrêmement élevée, il faut rouler à plus de 35 km/h environ, a-t-il expliqué dans Sporza. Les jambes sont encore relativement fraîches, car il n’y a pas beaucoup de montées avant, mais c’est faisable. »

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

35 km/h de moyenne dans la Cipressa pour espérer gagner à San Remo, faisable pour Pogacar ? Une formalité, enfin. Le 3 mars, l’assassin à la bouille d’enfant a battu son record de la montée à l’entraînement, en réalisant les 5,6 km de la Cipressa en 8’51 minutes, soit 37,8 km/h ! Une performance, repérée sur Strava, que l’intéressé a vite supprimée de son compte. Histoire de ne pas trop donner d’indications à la concurrence.

« Tadej, c’est qu’il a déjà un moteur de base assez élevé et là, il travaille sur sa capacité à produire des watts en fin de course, conclut Maxim Frémeaux. Ce qui est important, c’est le travail à la fatigue, la résistance à la fatigue pour être capable de reproduire les efforts. Quand tout le monde commence à être fatigué, il faut être capable de mettre les watts pour qu’à la fin, il n’y ait plus personne dans les roues. Du coup, il doit s’enfiler de belles séances ou des blocs qui génèrent de la fatigue afin d’essayer de reproduire ce qu’on rencontre sur ce type de courses comme Milan-San Remo ou Paris-Roubaix. » Les spécialistes des pavés sont aussi prévenus, Pogacar n’a jamais été aussi bien préparé.