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Seixas s’offre l’étape reine au Pays basque et se prépare à marquer l’histoire

Tour du Pays basque : Paul Seixas s’offre l’étape reine et se prépare à marquer l’histoire

prodigeSauf accident, le jeune coureur de 19 ans va devenir samedi le premier Français vainqueur d’une course à étapes en World Tour depuis 2007
Nicolas Camus

Nicolas Camus

Paul Seixas a bel et bien des nerfs d’acier. Déjà, à 19 ans. Le petit prodige du cyclisme français s’est offert ce vendredi l’étape reine du Tour du Pays basque, à Eibar, en devançant au sprint son plus gros rival sur cette course, l’Allemand Florian Lipowitz. Sa troisième victoire de la semaine, et la promesse d’un sacre final samedi qui va faire grand bruit.

Dans cette étape longue de 176 km avec huit cols au programme, dont trois de première catégorie, Seixas a couru comme le grand qu’il est en train de devenir. Alors que Lipowitz (3e du général) a lancé les hostilités dès le pied du très difficile col de Krabelin, à 70 km de l’arrivée, annonçant une grande offensive de la Bora avec également Primoz Roglic (2e du général), le Français ne s’est jamais affolé. C’est lui qui a pris les choses en main pour sauter dans la roue, puis ramener le duo sur l’échappée matinale.

Le Français y a retrouvé son équipier Nicolas Prodhomme, qui a ensuite été un précieux soutien pour rouler pendant près de 30 bornes dans la vallée à la tête d’un groupe d’une vingtaine d’unités. A l’entame de l’Izua, dernière grosse difficulté du jour, Seixas a fait le train seul comme un grand, avant de répondre à la nouvelle attaque de Lipowitz. Les deux hommes, définitivement les plus costauds de ce Tour du Pays basque, ont fait les derniers 30 kilomètres ensemble avant de se disputer la victoire dans les rues d’Eibar.

Dernière marche sous la pluie

Plus rapide, le coureur de l’équipe Decathlon CMA CGM en a profité pour lever une nouvelle fois les bras. « Je suis content de gagner, je voulais terminer le travail pour l’équipe, qui a été super forte toute la journée, a-t-il réagi quelques minutes plus tard au micro d’Eurosport. L’étape était vraiment dure, à certains moments j’étais un peu secoué, vraiment à fond. J’ai senti que les jambes revenaient sur la fin, tant mieux. »

Le Lyonnais continue d’impressionner. Après cette nouvelle démonstration de force, le voilà installé avec un matelas très confortable au classement général, puisque Lipowitz se trouve à 2’30 et Roglic à 3’40. Des écarts monstrueux, alors qu’on parle tout de même du troisième (et maillot blanc) du dernier Tour de France et d’un quadruple vainqueur de grand Tour. Il reste désormais à Seixas de bien négocier la dernière étape, ces 135 km accidentés entre Goizper-Anzuola et Bergara, pour inscrire son nom au palmarès de cette course prestigieuse.

Notre dossier sur Paul Seixas

A part la pluie annoncée sur la route, on ne voit pas bien ce qui pourrait l’en empêcher. « Il va falloir être attentif, rester concentré tout le long, projette le maillot jaune. Rien n’est terminé, les autres coureurs sont très forts. » Mais pas autant que lui, ils en sont tous conscients. Samedi soir, sauf accident, le cyclisme français tiendra son premier vainqueur d’une course à étapes en World Tour depuis dix-neuf ans, et la victoire de Christophe Moreau sur le Dauphiné. Après, il sera déjà temps de penser à ce rendez-vous avec Tadej Pogacar sur Liège-Bastogne-Liège, à la fin du mois. Il faut s’y habituer, tout va très vite avec Paul Seixas.