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Pogacar, Evenepoel, Merckx… Où en étaient les cracks du peloton à l’âge de Paul Seixas ?
infographie•Paul Seixas s’apprête à découvrir les Strade Bianche après un début de saison canon. Vainqueur sur la Faun-Ardèche Classic, sa précocité impressionne. Où en est le Français par rapport aux légendes ?William Pereira
L'essentiel
- Paul Seixas, 19 ans, impressionne par sa précocité exceptionnelle confirmée par un début de saison 2026 tonitruant. Il lui a suffi de six jours de course pour remporter ses deux premières victoires chez les professionnels.
- Seuls Remco Evenepoel (champion d’Europe du chrono et vainqueur de la Classique de Saint-Sébastien à 19 ans) et Juan Ayuso (3e de la Vuelta à 19 ans) ont réalisé de meilleures performances à cet âge, tandis que les légendes comme Fausto Coppi, Eddy Merckx et Tadej Pogacar ont dû attendre leurs 20 ans pour leurs premiers grands succès.
- Paul Seixas, né fin septembre comme Pogacar, a deux ans pour égaler la performance du Slovène sur un grand tour (3e de la Vuelta 2019, sachant que Tadej Pogacar était à quelques jours de fêter ses 21 ans lors de sa révélation sur la Vuelta.
Il va très vite, dans tous les sens du terme. Sur un vélo, Paul Seixas est une bête, un phénomène. Sa montée record à Saint-Romain-de-Lerps sur la Faun-Ardèche Classic dans le même temps que Tadej Pogacar (16'18'') est là pour le prouver. En découle un début de carrière hyper précoce, où l’on est passé en quelques mois de s’interroger sur le bien-fondé de l’envoyer sur la Grande Boucle pour son premier Grand Tour à se demander s’il n’a déjà pas sa place sur le podium au côté de Pogi et Jonas Vingegaard.
Avant de mesurer ses progrès face à l’ogre slovène sur les routes de Toscane, le jeune leader de Décathlon CMA-CGM a déjà eu le temps de franchir un nouveau palier en remportant ses deux premières victoires en pro en seulement six jours de course en 2026. En remportant une étape du Tour d’Algarve à la loyale devant Juan Ayuso et João Almeida - excusez du peu –, en finissant 2e du classement général de la même épreuve, puis en martyrisant Matteo Jorgenseon, Jan Christen et Mattias Skjelmose sur la Faun-Ardèche Classic, Paul Seixas démontre une fois de plus que le costume de nouvelle star du vélo n’est pas trop large pour ses épaules.
Paul Seixas en avance sur Tadej Pogacar
Mieux, à ce rythme, et en cas de succès sur des classiques ou des Monuments, il pourrait faire tomber des records de précocité. Son podium sur les championnats d’Europe est déjà une anomalie en soi. Dans l’histoire du cyclisme, rares sont les coureurs partis sur les mêmes bases à 19 ans sur des courses majeures.
Les seuls à faire mieux (pour l’instant) s’appellent Remco Evenepoel et Juan Ayuso. Le Belge est devenu champion d’Europe du chrono et a remporté la Classique de Saint-Sébastien à 19 ans pour sa première année chez les pros tandis que l’Espagnol avait terminé 3e de la Vuelta. Derrière, c’est le néant.
Pour la plupart des champions, il a fallu attendre les 20 ans pour poser les premières pierres de leurs nombreux grands succès. Ce fut le cas de Fausto Coppi, vainqueur du Giro à 20 ans, de Tadej Pogacar, vainqueur du Tour de Californie ou d’Eddy Merckx, lauréat de Milan-San Remo au même âge. Quant à Bernard Hinault, c’est tout juste s’il apprenait à pédaler sans les petites roues à 20 piges. Et ne parlons même pas de Jonas Vingegaard.
Notons que sur la Vuelta qui l’a révélé au grand public, Tadej Pogacar était à quelques jours de fêter ses 21 ans. En d’autres termes, Paul Seixas, également né fin septembre, a deux ans pour faire aussi bien que Pogi sur un grand tour. Si on était lui, on ferait en sorte de prendre un peu d’avance : aussi doué soit-il, rivaliser avec le Slovène post-explosion relèverait de l’extraterrestre.



















