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Jeux olympiquesLa France peut-elle vraiment finir dans le top 5 des médailles aux JO ?

JO de Paris 2024 : « Les 50 médailles, on doit les faire »… La France peut-elle vraiment finir dans le top 5 ?

Jeux olympiquesAlors que l’objectif fixé par les instances et le président Emmanuel Macron est de finir dans le top 5 au classement des médailles, l’institut Gracenote prévoit que la France remporte une cinquantaine de médailles. Réalisable ?
Pour l'équipe de France, il est l'or de se réveiller
Pour l'équipe de France, il est l'or de se réveiller - La folie des grandeurs / France olympique / Montage 20 Minutes
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • L’institut américain Gracenote, spécialisé dans la projection de médailles, prévoit 53 médailles, dont 27 en or, pour la délégation française aux Jeux olympiques de Paris.
  • Cela correspond dans les grandes lignes à l’objectif fixé par l’Agence nationale du sport, que l’on peut qualifier d’ambitieux alors que les Bleus n’ont ramené que 33 médailles des derniers JO de Tokyo, en 2021.
  • Le sport français est-il armé pour faire deux fois mieux à la maison qu’au Japon ? On dresse l’état des lieux, à neuf mois de l’échéance.

Il s’était fâché tout rouge, quelques semaines après la fin des Jeux olympiques de Tokyo, en 2021. Pour Emmanuel Macron, ramener 33 médailles du Japon (pire bilan depuis 1992, à Barcelone) était insuffisant. Alors, les athlètes devraient « faire beaucoup plus », selon les dires du président de la République, à Paris, lors des JO de Paris 2024. Il y va de l’honneur du pays, de son rayonnement, de son « exemplarité ». Emmanuel Macron affichait alors l’objectif de voir la France dans « le top 5 des nations » en 2024.

Pour l’intégrer à Tokyo, il fallait une soixantaine de médailles, alors que l’équipe de France en avait ramené tout juste la moitié. Optimiste, donc, notre président. Et ne parlons pas de l’ancienne ministre des Sports Laura Flessel qui, dans l’emballement du record de 42 médailles ramenées de Rio en 2016, disait vouloir « doubler » ce nombre pour Paris 2024. Utopique, irréaliste, intenable, impossible. « La France est une grande nation de sport. Mais se dire qu’on va faire 90 médailles en 2024… rétorquait Teddy Riner après les Jeux de Tokyo. J’aimerais qu’on me fasse mentir. mais il faut faire beaucoup plus pour pouvoir prétendre à ce total. »

Une cinquantaine de médailles selon Gracenote

Pas 90 médailles, donc. Probablement pas 80, ni même 70. La soixantaine ? C’est ce que prévoyait en juillet l’institut américain de statistiques Gracenote, qui s’est fait une spécialité dans la projection de médailles olympiques. Ce « modèle statistique basé sur les résultats individuels et collectifs des Jeux olympiques, des championnats du monde et des coupes du monde précédents permet de prévoir les médailles d’or, d’argent et de bronze les plus susceptibles d’être remportées par chaque pays », vante cet institut. Un système qui déjà fait ses preuves. En 2016, Gracenote avait prévu tout pile les 42 médailles de la délégation française. Même chiffre avancé avant 2021, avec cette fois moins de réussite.

« A Tokyo, on n’a pas été bons, on a raté beaucoup de choses, répond Fabien Canu, le directeur général de l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) et ancien double champion du monde de judo. Gracenote avait annoncé 42 médailles, c’était un peu excessif, mais on a subi quand même beaucoup d’échecs [Riner, l’épée masculine, Vincent Luis ou le BMX par exemple]. »

Pour Paris 2024, Gracenote avait calculé, en juillet, un total de 63 médailles, dont 33 en or. C’était avant l’été, la canicule, la visite du roi Charles III dans l’Hexagone, et surtout le bilan désastreux de l’athlétisme, du basket et de l’aviron français lors des dernières compétitions. Alors, l’institut a un peu révisé ses plans et ne voit plus, dans sa petite boule de cristal, que 53 médailles, dont 27 en or, pour les tricolores à Paris. Un peu plus réaliste ?

« Sur le total de médailles, 50 ou 60, je n’en sais rien, mais les 50 médailles, on doit les faire, nous explique Fabien Canu. Je pense qu’il faut aussi attendre la fin de cette année civile, où les championnats du monde dans beaucoup de disciplines se termineront, et on aura une vue d’ensemble plus claire du potentiel de chaque pays. » »

L’escrime, le judo et le cyclisme, éléments moteurs

Pour permettre à la France d’atteindre cette place dans le top 5, objectif fixé par toutes les instances, Gracenote prévoit que les Tricolores remportent, au moins, une médaille dans 22 sports différents à Paris, sachant que Claude Onesta, le manageur général de la haute performance à l’Agence nationale du sport, avait révélé en mars avoir identifié « 107 médailles potentielles ». On vous arrête tout de suite, la France ne réalisera pas un braquo historique, et il n’y aura pas plus de 100 podiums aux JO. Mais, avec un taux, réaliste, de conversion de 50 %, on atteindrait la cinquantaine de breloques.

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« L’escrime, le judo et le cyclisme, c’est un trio de gros pourvoyeurs de médailles, estime Fabien Canu. Ils peuvent ramener huit médailles chacun. Après, ça va vite. Dans certains sports, comme la lutte, ça bouge, il y a des jeunes qui arrivent. Ils ne feront pas 50 médailles, mais on peut en avoir une ou deux [avec Koumba Larroque et Ibrahim Ghanem] dans cette discipline, pareil en taekwondo, où on a deux championnes du monde [Althéa Laurin et Magda Wiet-Hénin]. La boxe va très bien, la voile aussi, comme le plongeon, le trampoline avec deux médailles mondiales. Tous ces sports ne font pas de bruit, mais ils se préparent bien. Il y a une dynamique vraiment positive. »

Une claque et ça repart ?

Avec cette projection, optimiste, du directeur général de l’Insep, on atteint, environ, une grosse trentaine de médailles. Il reste à en trouver une petite vingtaine pour atteindre les 53 prévues par Gracenote. On peut, avec optimisme, penser que les sports collectifs (basket, handball, foot, volley, rugby à VII) nous ramènent au moins cinq médailles. L’aviron, qui a toujours été un gros pourvoyeur dans le clan français, devra se remettre de ses derniers Mondiaux catastrophiques à Belgrade, avec un zéro pointé.

« Parfois, une bonne claque, ça peut être bénéfique, assure Fabien Canu. C’est comme Clarisse Agbégnénou, qui rate ses championnats d’Europe, c’est une manière d’avoir un rappel à l’ordre, et on a parfois besoin de ça. J’espère aussi que ça sera le cas pour l’aviron. Il faut juste que ça ne provoque pas de perte de confiance. » Autre discipline en difficulté, l’athlétisme, qui est revenu des championnats du monde en Hongrie avec une seule petite médaille, ne devrait pas faire grimper drastiquement le compteur tricolore.

De grands espoirs dans le triathlon

Alors, où peut-on encore espérer glaner quelques breloques ? Au tir à l’arc (Lisa Barbelin), au tir (Jean Quiquampoix et Emmanuel Bessaguet), au skate (Aurélien Giraud), dans le bassin d’eaux vives (Titouan Castryck), au golf (Céline Boutier), au triathlon (Dorian Coninx, Pierre Le Corre, Léo Bergère, Cassandre Beaugrand, Emma Lombardi), en escalade (Bassa Mawem, Oriane Bertone), en équitation, en gymnastique…

Suffisant pour finir dans le top 5 des nations ? Tout le monde l’espère, sachant que la Russie, même si certains de ses sportifs sont autorisés à participer sous bannière neutre, n’apparaîtra pas dans le classement. « La cinquième place, qui se joue aux médailles d’or entre 18 et 20, est vraiment jouable, on a le potentiel pour ça », est persuadé Fabien Canu. Attention, sinon, aux petites tapes sur les doigts de la part du président.

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