RC Strasbourg : Non prolongé, Thierry Laurey est-il le plus grand entraîneur de l’histoire du club ?

LIGUE 1 Le technicien a passé cinq ans sur le banc strasbourgeois et a notamment remporté une Coupe de la Ligue

Thibaut Gagnepain

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Thierry Laurey n'aimait pas trop parler de lui.... Quitte parfois à se victimiser.
Thierry Laurey n'aimait pas trop parler de lui.... Quitte parfois à se victimiser. — AFP
  • Après cinq ans sur le banc du club strasbourgeois, Thierry Laurey va quitter l’Alsace. Son contrat n’a pas été prolongé, a annoncé le RCSA lundi.
  • Quelle sera la place de Laurey dans l’histoire du Racing ? Peut-il être considéré comme le meilleur entraîneur qu’a connu le club ? On a posé la question à des anciens joueurs, entraîneurs, supporters…
  • « Il est sur un podium à quatre marches », explique ainsi Philippe Wolff, le président de la Fédération des supporters du RCS.

« Merci Thierry. » Depuis lundi et l'annonce de son départ du RC Strasbourg, Thierry Laurey a de nouveau la cote ! Après cinq ans sur le banc alsacien, dont des derniers mois compliqués, le technicien reçoit une pluie d’hommages publics. De son désormais ex-employeur, des supporters du Racing, de quelques-uns de ses anciens joueurs…

Avec ce concert de louanges se pose déjà une question : est-il le meilleur entraîneur qu’a connu le club depuis sa création en 1906 ? Sans remonter à l’avant-guerre, peu peuvent lui contester le titre. « Il est sur un podium à quatre marches », détaille Philippe Wolff, le président de la Fédération des supporters du RCS. « Je ne sais pas dans quel ordre mais avec Gilbert Gress, Jacky Duguépéroux ou Paul Frantz. »

Chaque coach a ses arguments. Le premier cité est l’artisan de l’unique titre de champion de France en 1979. Pas rien ! « A mon sens, c’est lui le plus grand », tranche vite son ancien défenseur Jean-Jacques Marx. « Pour son époque, il était déjà dans le foot moderne. Gilbert Gress avait imposé des mises au vert avant chaque match et prônait un foot total. Même si on avait de sacrés joueurs, ça a été vraiment lui l’architecte de notre sacre. »

Le Racing de retour dans le Top 15 français avec Laurey

Avant cette ère dorée, Paul Frantz avait déjà apporté à l’équipe strasbourgeoise ses premiers moments de gloire au début des années 1960. Avec une Coupe de France au compteur (1966) ou cette épopée européenne face à l’AC Milan, le FC Barcelone et Manchester United. « Considéré comme un maître par de nombreux entraîneurs, il aura marqué sa fonction par des principes de jeu novateurs », avait salué le RCSA en 2016, au moment de son décès.

Au niveau du palmarès, un coach prend néanmoins l’ascendant : Jacky Duguépéroux. Le seul qui a soulevé deux trophées, les Coupes de la Ligue 1997 et 2005. Avant de revenir aider le club à retrouver la Ligue 2 en 2016, après cinq ans dans le monde amateur. « C’est quelqu’un qui a toujours su répondre présent par rapport aux objectifs fixés, explique l’ex-milieu Guillaume Lacour. Il savait mobiliser et transmettre son exigence au groupe. Il a permis au Racing de franchir des étapes. » Avant donc de laisser sa place à un certain… Thierry Laurey.

Et lui, donc, quel aura été son impact ? « Il a repris l’équipe alors que le club était en Ligue 2 et lui a redonné une place dans les 10-15 meilleurs de Ligue 1 tout en le stabilisant et en travaillant sur la durée », résume l’ancien maître ès coups francs Teddy Bertin. « A mon époque, on parlait du Racing comme du Marseille de l’Est. Moi j’avais connu quatre coachs avec Mankowski, Leroy, Pouliquen et Hasek en cinq saisons [1998-2003] ! Ça a changé et il n’y est pas pour rien. »

« Il nous a procuré une série d’émotions »

C’est bien simple, l’ex-Montpellérain aura été celui qui sera resté le plus longtemps consécutivement sur le banc alsacien : 1.454 jours précisément. Avec, certes, une direction apaisée et qui lui faisait confiance. « Ils se sont bien trouvés avec Marc [Keller]. C’était le bon entraîneur pour le président et ça a matché pendant cinq ans », réagit François Keller. Le directeur du centre de formation du RCSA évoque aussi « cinq dernières années de succès », couronnées par cette Coupe de la Ligue 2019 et la courte mais intense aventure en Ligue Europa l’été suivant.

« Il nous a procuré une série d’émotions en amenant le Racing à un niveau qu’on n’attendait pas aussi vite », synthétise Philippe Wolff en réfutant l’image de coach défensif qui collait parfois à la peau de Thierry Laurey. Une statistique, trouvée par le site Racing Database, le confirme. Avec lui comme coach, les matchs de championnat de l’équipe strasbourgeoise ont produit 2,77 buts (marqués et encaissés). Soit le troisième meilleur total de ces quarante dernières années, après ceux de ses prédécesseurs Claude Le Roy (2,94) et Léonard Specht (3,27).

« Je pense que les fans garderont l’image d’un entraîneur passionné, franc, entier. Peut-être que cela lui aura aussi joué des tours avec certaines déclarations mais on gardera le meilleur de lui », conclut le président de la Fédération des supporters du RCS, dans l’attente lui aussi du nom du nouveau coach. Il aura une lourde tâche : succéder à l’un des plus grands entraîneurs du Racing.