Basket : « Il nous fascine »… Comment Tony Parker lance sa carrière d’entraîneur, après celle de joueur et de président
Coach Parker•Le quadruple champion NBA en tant que meneur de jeu des Spurs, puis président de l’Asvel à partir de 2014, va connaître son baptême du feu en tant qu’entraîneur, ce samedi (16h30) contre les Etats-Unis, lors de la Coupe du monde U17Jérémy Laugier
L'essentiel
- A 44 ans, Tony Parker va diriger son premier match officiel, ce samedi (16h30) à Istanbul, en tant que nouveau sélectionneur de l’équipe de France U17 de basket.
- Sept ans après la fin de sa carrière de joueur, l’ancien meneur de jeu des Spurs et des Bleus confie être « comme un enfant qui vit son premier jour à l’école » face à cette nouvelle opportunité que lui a offerte la Fédération française de basketball (FFBB) en novembre.
- Les joueurs de l’équipe de France U17, qui affrontent des Etats-Unis invaincus dans l’histoire de cette catégorie, sont « fascinés » par les multiples responsabilités de « TP », toujours président de l’Asvel.
A la Tony Parker Academy à Lyon,
« Sur cette catégorie U17, l’équipe américaine n’a pas perdu depuis… Elle n’a jamais perdu en fait, et elle bat ses adversaires avec 30 points d’écart en moyenne. » Nouvel entraîneur adjoint de l’équipe de France de basket des moins de 17 ans, Dounia Issa résume parfaitement « l’énorme challenge » qui attend les Bleuets, ce samedi (16h30) à Istanbul, pour leur entrée en lice dans la Coupe du monde U17.
Sur le banc de touche tricolore, pour tenter de résister au septuple champion du monde de la catégorie (en sept éditions donc), on assistera aux premiers pas en match officiel d’un certain Tony Parker. Lors d’un entraînement ouvert à la presse, le 4 juin dans son académie à Lyon, en plein stage de préparation pour ce Mondial, l’ancien meneur de jeu des Spurs et des Bleus ne cachait pas son émotion face à cette nouvelle vie qui s’ouvre à lui.
Nathan Soliman et Aaron Towo-Nansi en têtes d’affiche
« Ça me fait chaud au cœur, confiait-il alors à une dizaine de médias. Franchement, je suis comme un enfant qui vit son premier jour à l’école et qui met la tenue. Je suis tellement fier d’avoir cette opportunité. Je remercie la Fédération de me faire confiance avec un gros projet, et je suis très content de représenter la France. » A 44 ans, « TP » ouvre donc un nouveau chapitre, sept ans après la fin de sa carrière de joueur professionnel, et alors qu’il est toujours président de l’Asvel depuis 2014.
« Le joueur, il n’existe plus, assure le champion d'Europe 2013. Maintenant, c’est coach Parker et c’est à moi d’avoir cette posture tous les jours, de mettre les joueurs dans les meilleures conditions pour qu’ils réussissent. C’est mon job : co-construire le projet avec eux. » Comment l’arrivée du toujours GOAT du basket français a-t-elle justement été accueillie par la prometteuse génération 2009, portée par les grands prospects Nathan Soliman (nouveau joueur de Bourg) et Aaron Towo-Nansi (Cholet) ?
« Il veut qu’on soit des tueurs »
S’il n’avait comme tous ses coéquipiers que 5 ans lors du dernier sacre NBA de « TP » avec San Antonio, Brandon Muela sait qu’il a désormais face à lui « un grand joueur, avec plein d’expérience, en NBA comme au niveau européen ». Interrogé par 20 Minutes, l’ailier du Pôle France (N1, 3e division) a vite cerné les priorités de son nouveau sélectionneur, alors que l’équipe de France visera la troisième médaille de son histoire dans un Mondial U17 masculin, après l’argent en 2018 et le bronze en 2022.
« Il nous a dit qu’il était là pour absolument gagner. Il veut qu’on soit des tueurs et que les adversaires aient peur de nous. Il est beaucoup axé sur le jeu américain. Il veut de l’agressivité, de l’impact physique, et qu’on joue nos 1 contre 1. Avec lui, on sent dès l’entraînement que si on peut « tuer » notre adversaire, il faut le faire. Il veut absolument qu’on ose tirer et qu’on prenne nos responsabilités, c’est la mentalité américaine. »
L’héritage des Spurs de Gregg Popovich
Celle qui a tant tranché avec les standards du sport français, durant ses 16 années à porter le maillot bleu (181 sélections de 2000 à 2016). Son éphémère coéquipier en sélection en 2008 et désormais coach assistant, Dounia Issa, poursuit pour 20 Minutes : « Tony, c’est un compétiteur extrême, donc les joueurs sont mis face à l’exigence et la discipline du très haut niveau. Il amène aussi beaucoup de leadership aux gamins, il transmet énormément de valeurs et d’expérience. Tony Parker coach est très similaire au joueur, dans la personnalité et le caractère ».
Avec le recul en plus, alors que le MVP des finales NBA 2007 tient à « donner beaucoup de responsabilités » à ses assistants durant les séances. « C’est comme ça que j’ai vécu pendant près de vingt ans avec coach Popovich et son staff », ajoute l’intéressé. Le mythique entraîneur de San Antonio est évidemment son inspiration majeure, comme le perçoit déjà Dounia Issa : « Dans son basket, on retrouve exactement ce en quoi il croit, et ce qu’on voyait aux Spurs : le partage de la balle, la dureté, l’intelligence de jeu et la discipline ».
Bientôt entraîneur… et toujours président de l’Asvel ?
Autant de valeurs qu’il a voulu transmettre plus directement que dans son costume de dirigeant, ce que sa nomination par la FFBB a concrétisé en novembre. « C’est génial d’être président de club, mais je ne suis pas sur le terrain, explique "TP". Le contact avec les joueurs, l’adrénaline des matchs, ça me manquait, et j’avais envie de coacher. J’en ai beaucoup discuté avec mon père, et son idée était que je commence avec une équipe de France jeunes. »
Et la suite ? Tony Parker ne s’en cache pas : « C’est un objectif, un jour, de pouvoir coacher l’équipe de France A et en NBA. Ce serait incroyable mais je ne suis pas pressé. Il y a des étapes ». Comme celle de se retrouver à diriger son club, l’Asvel, dans les prochaines semaines ? « Pour l’instant, rien n’est fait, assurait-il le 4 juin. Il y a des discussions, mais ça n’est pas du tout ma priorité. »
Est-ce donc imaginable de le voir cette saison à la fois président et entraîneur à la tête du club villeurbannais, une double fonction improbable dans le paysage du sport de haut niveau en France ? « Bah tout est possible, je l’ai vu aux Etats-Unis, puisque mon propre coach Gregg Popovich était aussi président des opérations basket », réplique-t-il. Ainsi fonctionne Tony Parker, tant dans sa passion pour la balle orange qu’en tant que businessman invétéré : il ne se fixe jamais de limites, pour le meilleur et pour le pire.
Ses journées partent dans tous les sens
Le quadruple champion NBA a beau avoir validé son diplôme d’entraîneur en France la saison passée, et avoir « beaucoup échangé » avec Zinédine Zidane sur « la transition joueur-coach », il sait que les critiques fuseront en cas d’échec dès cette Coupe du monde U17, qui se déroule jusqu’au 5 juillet en Turquie. Notamment en raison de ses multiples dossiers du moment, entre la quête d’investisseurs à l’Asvel, le recrutement de joueurs, l’enjeu de la NBA Europe et ses divers projets hors basket.
Dounia Issa s’amuse face au quotidien de son ami : « Tony m’impressionne, il commence ses journées à 5h30, il fait du sport à 6h15 et il est déjà sur tous les dossiers à 7 heures. Puis il a sa réunion avec son staff U17, et derrière il enchaîne des rendez-vous pour l’Asvel, avant de revenir avec son coaching staff pour préparer les séances. C’est un amoureux de ce sport au sens extrême ». Une admiration partagée au sein du vestiaire des Bleuets, à en croire Brandon Muela.
Notre dossier sur Tony Parker« C’est incroyable qu’il arrive à gérer autant de trucs, il nous fascine vraiment. C’est Tony quoi, je sais qu’il arrivera à trouver une solution à chacun de ses problèmes, comme il y parvient avec nous aux entraînements. » Mais aussi en compétition pour son baptême du feu, ce samedi, face à l’imbattable armada de Team USA ?


















