Formule 1: Alpine « dans la bonne direction », malgré une dernière journée de test « très frustrante »

REPORTAGE L’écurie française de Formule 1, Alpine, testait pour la première fois sa nouvelle A522 sur le circuit de Barcelone lors des premiers tests de la saison

Adrien Max
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La nouvelle Alpine A522 lors des premiers essais de F1 de la saison à Barcelone.
La nouvelle Alpine A522 lors des premiers essais de F1 de la saison à Barcelone. — Alessio De Marco/LiveMedia/Shutterstock
  • La saison 2022 de Formule 1 a commencé cette semaine avec les premiers essais à Barcelone.
  • Des essais très scrutés en raison de l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation pour favoriser les dépassements et le spectacle.
  • 20 Minutes a suivi l’écurie Alpine, vendredi, pour sa dernière journée de tests.

Au circuit de Catalogne

Une rentrée des classes aussi scrutée qu’attendue. Quelques heures après avoir présenté sa nouvelle Formule 1 en grande pompe à Paris, l’écurie Alpine a enfin pu tester son nouveau jouet, l'A522, aux couleurs bleue et rose, nouveau sponsor BWT oblige. Comme les autres écuries, Alpine était depuis mercredi à Barcelone, pour les premiers tests de la saison. Des tests très attendus, comme en témoigne la salle de presse bien remplie, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation imposée aux voitures, après avoir été reportée d’une saison à cause du Covid-19.

Les deux premiers jours de roulage ont été très concluants, avec 129 tours bouclés pour Fernando Alonso mercredi, avant que le français Esteban Ocon prenne le relais jeudi, pour faire d’Alpine l’une des écuries ayant le plus roulé lors de ces deux premiers jours. De bon augure. « On a fait 125 tours jeudi, ça en fait pas mal donc on commence à comprendre très bien cette nouvelle voiture. Fernando continue le plan ce vendredi matin, et moi je remonte dans la voiture cet après-midi », nous confiait le pilote tôt vendredi matin dans le motor-home de l’équipe.

« Tout petit problème », grande conséquence

Sauf qu’au même moment, Fernando Alonso s’arrêtait à la sortie du virage 13 pour une perte de pression. Quelques secondes plus tard, l’Alpine était entourée d’une épaisse fumée blanche, synonyme de retour au stand. « C’est un tout petit problème de d’hydraulique qu’on a eu aujourd’hui, sur une pièce entre le moteur et la boîte de vitesses. Mais ça prend 7 ou 8 heures pour le réparer », détaillait Pat Fry, le directeur technique.

Et en Formule 1, encore plus qu’ailleurs, un tout petit problème peut avoir de grandes conséquences, et une telle durée de réparation a surtout sonné la fin de ces premiers essais pour l’écurie Alpine. On l’a vite compris en voyant Alonso revenir au motor-home avec son sac de voyage en tout d’après midi, avant la confirmation de Pat Fry : « C’est tellement de travail de tout changer que non, on n’a pas pu. Quand il y a le moindre petit problème, il faut remplacer beaucoup de pièces. Avec ce design des voitures, elles sont tellement compactes, que quand il y a le moindre accroc, il faut enlever beaucoup de pièces pour pouvoir réparer », confiait-il quelques minutes plus tard.

« Ça va dans la bonne direction »

Impossible donc, d’apercevoir cette nouvelle Alpine avec la réglementation 2022. Tout au juste une partie du moteur, et un bout du châssis, en laissant traîner ses yeux lors du rapide passage dans le garage pour rejoindre la pitlane. En ayant pris le soin de bien ranger son téléphone. Décevant, mais pas autant que pour l’équipe.

« Il y a tellement peu de temps de roulage sur circuit et il y a tellement de choses à tester pour apprendre… Donc oui, c’est très frustrant », admettait Pat Fry.

Après Barcelone, il ne restera plus que trois nouvelles journées de test, à Bahreïn cette fois, du 11 au 13 mars, une semaine pile avant le premier Grand Prix de la saison, toujours à Barheïn. Mais mieux vaut ce genre de mésaventure lors des essais, que lors de l’ouverture de la saison le 20 mars. Surtout que selon certaines rumeurs, Alpine aurait mis le paquet sur la puissance du moteur, peut-être au détriment de la fiabilité. « Tout est ok au niveau de la puissance, ça a représenté une quantité de travail colossale. Mais ce n’est pas juste une histoire de puissance, aussi d’efficacité. Il y a toujours des choses à améliorer, mais ça va dans la bonne direction », s’est voulu rassurant l’ancien directeur technique de McLaren et Ferrari.

Le marsouinage, phénomène aussi inattendu qu’impressionnant

Parmi les autres enseignements de ces premiers tests de la saison, le phénomène de « marsouinage », avec des voitures qui rebondissent sur la piste à haute vitesse, conséquence de la nouvelle réglementation aérodynamique. Toutes les équipes n’avaient d’ailleurs que cet étrange mot aux lèvres, preuve de leur surprise en découvrant le phénomène. « C’est clair que c’est surprenant, oui. J’avais déjà vécu ça en DTM [championnat allemand de voiture de tourisme]. Toute la voiture tape, ça tape vraiment très fort et ça écrase le sol, donc ouais il faut être bien accroché », détaillait Esteban Ocon.


De quoi fournir encore un peu de travail aux écuries avant Bahreïn. « Il faut comprendre quelque chose avec l’aérodynamique. C’est génial. Les autres équipes ont environ 50 aérodynamistes. Donc vous avez environ 500 personnes qui travaillent à trouver des solutions aux mêmes problèmes. Est-ce qu’on se retrouve avec les mêmes idées ? Non, forcément. Donc il ne faut pas seulement réfléchir à nos solutions mais à toutes celles que les autres peuvent trouver », en rigolait presque Pat Fry.

Une nouvelle réglementation aérodynamique qui semble cependant confirmer son origine, et la volonté de Liberty Média, propriétaire américain de la F1, d’offrir plus de dépassements, et donc plus de spectacles : les Formules 1 peuvent plus facilement se suivre sans être perturbées par l’air de leur rival qui les précède. Raison de plus, s’il en fallait, pour attendre avec une grande impatience de voir s’éteindre les feux du premier Grand Prix de la saison, et enfin connaître la hiérarchie de cette nouvelle aire pour la F1.