F1 : Pour Max Verstappen, ce premier titre de champion du monde tient du « miracle »

FORMULE 1 Le Néerlandais a remporté son premier titre de champion du monde de Formule 1, au terme d’une saison déjà légendaire

Nicolas Stival
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Max Verstappen, vainqueur d'une saison de F1 ébouriffante.
Max Verstappen, vainqueur d'une saison de F1 ébouriffante. — Andrej Isakovic / AFP
  • Le Grand Prix d’Abu Dhabi, ce dimanche, a dépassé toutes les attentes en termes de suspense.
  • Après un épilogue aussi improbable que sujet à polémiques, Max Verstappen s’est imposé au détriment de Lewis Hamilton.
  • Le Néerlandais de Red Bull devient champion du monde pour la première fois, et prive l’Anglais de Mercedes d’un huitième titre.

« C’est peut-être la plus belle saison de F1 depuis toujours. » Cette phrase n’a pas été balancée par un twittos anonyme après le GP échevelé d’Abu Dhabi et le titre de Max Verstappen, ce dimanche, mais par  Alain Prost sur Canal+. Le « Professeur » touche quand même sa bille du haut de ses quatre sacres mondiaux. Et il a été comme à peu près tout le monde soufflé par ce championnat 2021 et son épilogue, que même les scénaristes de  la Casa de Papel, pourtant pas effrayés par grand-chose, n’auraient osé imaginer.

« Parfois les miracles arrivent » a lâché Verstappen au soir de son premier et sûrement pas dernier titre. Le Néerlandais de 24 ans, élevé pour gagner plutôt que pour faire des risettes à la foule, a fendillé l’armure sous les yeux humides de son père et mentor Jos, d’ordinaire pas le gars le plus sensible du paddock.


Pour le pilote Red Bull, le « miracle » est arrivé au crépuscule d’un Grand Prix que Lewis Hamilton, avec lequel il était à égalité de points au départ, avait jusque-là écrasé de son talent et de sa maîtrise. Après avoir doublé d’entrée le poleman Verstappen, puis être sorti vainqueur d’une première phase de course litigieuse, le Britannique de Mercedes a affiché pendant 99 % de la course le profil d’un octuple champion du monde. Pourtant, le vétéran de bientôt 37 ans devra encore cohabiter au moins une saison de plus avec Michael Schumacher (sept titres chacun) au sommet de l’Olympe.

Les félicitations d’Hamilton, les réclamations de Mercedes

« Félicitations à Max et à son équipe, a-t-il lancé tout de suite après l’arrivée. Il a fait un boulot fantastique cette année. » L’Anglais a aussi, bien entendu, salué son écurie, qui a eu au moins autant de mal que sa vedette à digérer l’épilogue du jour et de la saison. Mercedes a posé deux réclamations – finalement rejetées – pour contester la décision des commissaires après le tournant de la saison, qui permettra aussi à Nicholas Latifi d’avoir son nom dans les livres d’histoire du sport auto.

Après l’accident du pilote canadien de Williams, la « safety car » est entrée en scène. Dans un premier temps, le directeur de course Michael Masi n’a pas autorisé les pilotes retardataires (dont Verstappen qui avait changé de pneus) à reprendre leurs positions d’origine. Le pilote Red Bull se retrouvait alors avec cinq voitures entre lui et le leader Hamilton. Et puis, « miracle »… Masi s’est ravisé, le Néerlandais a pu venir se glisser derrière le Britannique et ses pneus usagés, avant de le doubler sur le fil.

« Il fallait un peu de chance, on en a eu avec la voiture de sécurité, a reconnu Christian Horner, le patron de Red Bull. Max mérite ce championnat. Il n’a jamais lâché. » « Bien sûr que j’étais nerveux, a admis Verstappen. Il fallait continuer à y croire même si ça ne se présentait pas bien. Lewis est un adversaire incroyable, il nous a rendu la vie difficile. Je suis que l’an prochain on remettra ça. » Merci de penser à nos petits cœurs, quand même.