NBA : « Il faut qu'on se sorte les doigts du c… »... Evan Fournier a la dalle après un début de saison mitigé aux Knicks

INTERVIEW Evan Fournier a accepté de se livrer pour 20 Minutes et de nous raconter son début de saison en demi-teinte avec sa nouvelle équipe des New York Knicks

Propos recueillis par Aymeric Le Gall
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Evan Fournier vit, comme l'ensemble de son équipe des Knicks, un début de saison un chouïa compliqué.
Evan Fournier vit, comme l'ensemble de son équipe des Knicks, un début de saison un chouïa compliqué. — Kent Smith / NBAE / Getty Images / Getty Images via AFP

Arrivé cet été chez les Knicks avec des étoiles plein les yeux, dans un Madison Square Garden qui l’a toujours ambiancé, Evan Fournier réalise un début de saison compliqué (à l’image de toute son équipe, 53 % de victoires après 15 matchs), et ce malgré une première rencontre enflammée face aux Celtics. A quelques heures d’affronter les Rockets, les cancres de la conférence Ouest, le finaliste des JO avec l'équipe de France a accepté de répondre aux questions de 20 Minutes et des confrères du Figaro.

Pour les fans de Fourmiz et de NBA, sachez que le match Knicks-Rockets sera diffusé samedi soir en prime time, à 23h30 sur beIN SPORTS, dans le cadre des NBA Saturdays présentés par NBA 2K21. Voilà, vous savez tout. La parole est maintenant à Evan Fournier, notre ambianceur préféré qui nous a régalés cet été au Japon.

Comment abordez-vous ce match face aux Rockets, en galère totale en ce début de saison ? On se dit que c’est la victime expiatoire idéale ou, au contraire, ce serait la pire manière d’aborder le match que de se dire ça ?

On n’est pas dans une position où on peut se permettre de prendre les adversaires de haut. On a connu un très bon début de saison avec de très grosses victoires à l’extérieur contre des équipes du haut de tableau, et des défaites contre des équipes comme Orlando, hier [jeudi, les Knicks ont perdu face aux Magics 98-104], qui font partie des moins bonnes de la ligue, donc pour le moment on est inconstant. On cherche à construire quelque chose sur la durée, donc on ne peut pas se permettre de regarder les adversaires comme ça. Il faut juste qu’on fasse un match sérieux.

Samedi, vous jouez exceptionnellement à 23h30 (heure française). C’est un horaire abordable pour le public tricolore. Ça change quelque chose dans votre manière d’aborder le match ?

Bah c’est cool pour mes potes (rires), mais sinon, sincèrement, je n’y pense pas trop. De toute façon, même à 23h30, il n’y a que les fans de basket qui vont regarder ! Ce n’est pas non plus du prime time TV donc, non, ça ne change pas grand-chose dans ma manière d’aborder le match.

Pour sa première au Madison Square Garden, Fourmiz a livré un match de déglingo et espère vite revivre ça.
Pour sa première au Madison Square Garden, Fourmiz a livré un match de déglingo et espère vite revivre ça. - Sarah Stier / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Après un début de saison hyper prometteur, vos dernières performances ne sont certainement pas au niveau que vous espériez. Comment vivez-vous cette situation ?

Ecoutez, je suis dans une situation différente, il va falloir que je m’adapte. Il va falloir que je réfléchisse à comment je peux avoir un impact sur le match, à comment je peux jouer mon jeu et comment faire pour aider l’équipe le plus possible. Parce qu’il n’y a que comme ça que je vais retrouver mes sensations et que je vais vraiment retrouver le terrain. C’est vrai que je ne suis pas content de moi, je ne peux pas dire le contraire, mais ça fait partie des aléas d’une saison. Et puis, mine de rien, ça ne fait que trois semaines [que la saison a débuté], or en NBA on sait que ça va très vite. Il suffit qu’il y ait deux ou trois matchs positifs et hop, la machine est lancée.

On parle beaucoup de problèmes d’alchimie dans le 5 de départ, comment vous percevez ça de votre côté ?

Arf, c’est une question compliquée… Ça commence par des individualités. C’est-à-dire qu’individuellement, on doit arriver à être plus efficace, à mieux jouer, à jouer de manière plus libérée. Mais, en même temps, il faut qu’en termes de groupe on arrive dans le même temps à bien jouer ensemble. Après, le point positif c’est qu’on a montré qu’on savait le faire lors des six premiers matchs [les Knicks ont commencé la saison par 5 victoires pour une défaite], donc on sait que c’est quelque chose qu’on est capable de le faire. Ce n’est pas comme si on était nouveaux et que nos vingt premiers matchs avaient été une galère complète. Dans ces cas-là, tu te poses de sérieuses questions, en mode « est-ce que ce groupe-là peut faire quelque chose ? ». Non, là, ce n’est pas le cas, on a montré qu’on pouvait très bien jouer ensemble et qu’on pouvait faire de belles choses. Il faut juste se bouger le cul et le faire, c’est tout.

Vous êtes arrivé dans une équipe qui sortait d’une saison intéressante, avec un coach (Tom Thibodeau) qui a bien marché dès sa première année, avec une grosse défense, mais qui ramait un peu plus dans le camp adverse. Est-ce que ça met une pression particulière de se dire qu’on a été recruté pour changer cet état de fait ?

Non. Quand une équipe recrute un joueur, c’est pour qu’il reste lui-même. Je n’ai pas besoin de me réinventer, de faire des choses que je ne sais pas faire. Je ne suis pas du genre à trop me poser de questions donc, non, sincèrement, j’étais juste content d’arriver aux Knicks, rien de plus.

Ces derniers temps vous terminez souvent le dernier quart-temps sur le banc. Est-ce que c’est quelque chose dont vous parlez avec le coach, pour savoir pourquoi il fait ce choix ?

Non, on n’en a pas parlé. Pour être honnête, je n’ai pas besoin qu’on m’explique ce genre de choses, je n’ai plus dix ans, je n’ai pas besoin qu’on me rassure ni qu’on me donne des explications. Je cherche toujours à me poser moi-même les bonnes questions. Comment je joue ? Comment je peux aider l’équipe ? Comment je peux faire plus ? Je pense que ça commence par ça. Et, globalement, notre 5 majeur ne joue pas très bien en ce moment. Pas bien du tout, même… Ce n’est pas que moi. On a été plusieurs à finir le match sur le banc, il y avait Julius [Randle] avec moi, il y avait Barrett, il y avait Kemba Walker aussi. Donc voilà, c’est quelque chose de collectif, il faut qu’on se sorte les doigts du cul ensemble et ça va le faire.

Bon, on va quand même finir sur une note un peu joyeuse. Pouvez-vous nous parler de ce premier match incroyable face aux Celtics, dans un Madison Square Garden en folie ? On se souvient de votre tweet où vous vous demandiez où est-ce que vous aviez mis les pieds !

Ouais, c’était vraiment une belle soirée, il y avait une ambiance exceptionnelle au Madison, deux prolongations, mes débuts contre mon ancienne équipe de Boston, pfff… C’était une ambiance que je n’avais encore jamais vécue jusque-là (Il réfléchit)… Mis à part peut-être la demi-finale France-Espagne à Lille, où il y avait je ne sais plus combien de personnes, 25.000 je crois [26.922, pour être précis]. Mais en NBA, c’est la plus grosse ambiance que j’ai vécue et ça restera un sacré souvenir. Et pour être honnête, j’aimerais bien revivre des soirées comme celle-là rapidement (rires) !