Basket : Comment gérer la « déception » de toujours jouer en France alors qu'on est promis à un avenir radieux en NBA ?

BASKET La saison de NBA reprend ce mardi et de nouveaux Français pourraient venir garnir la ligue américaine dans les prochaines années

Antoine Huot de Saint Albin
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Juhann Begarin avec le maillot des Celtics lors de la Summer League.
Juhann Begarin avec le maillot des Celtics lors de la Summer League. — David Dow / AFP
  • La saison de NBA reprend dans la nuit de mardi à mercredi, avec notamment un Lakers-Warriors.
  • Les Français ne compteront aucun nouvel ambassadeur dans la Ligue par rapport à l'année dernière.
  • Certains attendent leur tour dans le championnat de France.

Ils sont beaux, ils sont grands, ils sont jeunes, ils sont sportifs. Ça pourrait être le casting de la future élection de Mister France. Mais, non, ce sont les prochains visages de la France en NBA. Enfin, on l’espère. Dans la lignée des Tony Parker, Nico Batum, Evan Fournier, notre beau championnat de France, qui n'a toujours pas de diffuseur rappelons-le, envoie chaque année quelques émissaires outre-Atlantique donner des leçons de basket. « La preuve de la qualité de la formation française », se réjouit Laurent Legname, entraîneur de Bourg-en-Bresse.

Bien que repérés par des dizaines de scouts, désirés par la majorité des General Managers, nos « petits tricolores » doivent parfois rester fourbir leurs armes en BetClic Elite avant de dunker à l’AT & T Center. Entre frustration et étape nécessaire à l’évolution avant de franchir l’Atlantique, illustration avec trois prospects qui pourraient faire parler d’eux dans les prochaines années en NBA.

  • Juhann Begarin, déjà drafté par les Celtics, mais encore à Paris

Il est le seul Français à avoir été drafté cette année. Au deuxième tour (son contrat n’est pas garanti), Juhann Begarin a été choisi par les Boston Celtics. Mais le Guadeloupéen ne jouera pas tout de suite au TD Garden. Les Vert et Blanc ont préféré qu’il s’aguerrisse une saison de plus au Paris Basket. « Il y a toujours un peu de déception, car mon objectif premier était de jouer dès cette année en NBA, expliquait Begarin avant le début de la saison. Mais, d’un autre côté, ça me donne une année supplémentaire pour me préparer. »

> La suite : Après un été très chargé avec les vols aux Etats-Unis et les work-out, Juhann Begarin a connu un début de saison compliqué avec le Paris Basket, tout juste promu. Au niveau stats, l’arrière de 19 ans, est resté sur les bases de sa précédente saison : 9,5 points, 3,5 rebonds et 0,8 passes décisives en moyenne. Il faudra en faire plus pour impressionner l’état-major des C’s. « J’ai des contacts avec eux et ils vont venir plusieurs fois me voir pendant la saison, indique Begarin. Je discute régulièrement avec certaines personnes qui me donnent la ligne à suivre. Maintenant, je sais juste que je dois progresser et devenir le meilleur joueur possible. »

> Le risque : Se croire déjà arrivé. « Il faut arriver à prendre du recul sur ces choses-là, indique le Monégasque Yakuba Ouattara, passé très furtivement par les Brooklyn Nets avant de revenir en France. C’est bien beau de se projeter, mais il faut vivre le moment présent. Il faut d’abord produire sur le terrain et le reste viendra naturellement. » Une saison pleine avec Paris, des stats individuelles de malade et Paul Pierce ne sera qu’un lointain souvenir pour les fans des Celtics.

  • Victor Wembanyama, la météorite qui peut être le premier choix de la draft
Victor Wembanyama sous le maillot de l'Asvel.
Victor Wembanyama sous le maillot de l'Asvel. - Philippe Desmazes / AFP

Jamais un joueur français n’avait suscité autant d’attente. Tous les scouts NBA ont la bave aux lèvres en évoquant Victor Wembanyama, 17 ans, 2,19 m. Si, à cause de la limite d’âge (19 ans) imposée par la Ligue américaine, le pivot de l’Asvel ne peut encore se présenter à la Draft, on lui prédit déjà un avenir en or et la première place pour la draft 2023. Point négatif, cela peut l’envoyer dans les pires équipes de la Ligue, comme Cleveland ou Orlando.

> La suite : Pour le moment, le nouveau joueur de l’Asvel, qui va découvrir l’Euroligue, a eu un temps de jeu infime. La faute à une maladie attrapée lors du Media day de la LNB fin septembre. En attendant de retrouver le parquet, VW a déjà une idée de son plan de carrière : « Je ne connais pas le niveau NBA, mais je sais que je dois améliorer beaucoup de choses avant de l’atteindre. Je vais faire les choses progressivement, ça ira plus ou moins vite. La NBA, ce n’est même pas un objectif proche. »

> Le risque : Ne pas brûler les étapes. « Victor est encore jeune, c’est un joueur unique et atypique, exceptionnel pour son âge, reconnaît Laurent Legname. Mais ça reste un être humain de 17 ans. Faut qu’il soit bien entouré, bien conseillé et il doit beaucoup travailler. » « On en a vu des prospects annoncés à telle ou telle place et puis ensuite bien chuter, ajoute Ouattara. Le chemin mental peut être un piège, à penser au résultat avant le cheminement, il ne faut pas se tromper d’objectif. »

  • Yoan Makoundou, le malheureux qui a dû enlever son nom de la Draft à cause d’une blessure.

Le nom vous parle sans doute un peu moins que ceux de Begarin et Wembanyama, mais Yoan Makoundou avait fait énormément parler de lui la saison dernière grâce à un énorme dunk face à Orléans, qui avait été relayé jusqu’au Etats-Unis. « On dirait du Space Jam », a ainsi commenté sur Instagram le pivot d’Indiana Myles Turner. Après une belle saison avec Cholet, Makoundou avait décidé de se présenter à la Draft. Et patatras. « J’avais des équipes qui attendaient de me voir en workout, nous a-t-il dit. Je m’entraînais à Dallas et juste avant mes workout, j’ai eu une blessure, donc on a décidé avec mes agents de retirer mon nom de la Draft. » Retour à Cholet, dur.

> La suite : Si, collectivement, les premiers matchs de championnat ont été cahin caha (une victoire en quatre rencontres), personnellement, le Seine-et-Marnais a eu des stats plus conséquentes que la saison passée : 10,5 points, 5,5 rebonds en moyenne par match. « Je sais où je veux aller, je travaille pour ça, assure Makoundou. Je suis focus sur cette saison, et puis on verra où ça m’amènera après. Mon objectif est de devenir une menace régulière au tir. »

> Le risque : Ne pas avoir une autre opportunité qui se présente. « Ça peut être compliqué à vivre de retrouver le championnat de France alors qu’on espérait mieux, affirme Abdoulaye Ndoye (Gravelines), qui n’avait pas été choisi lors la Draft 2020. T’as fait une bonne année, t’as rempli les objectifs, tu peux avoir des promesses de franchises, comme moi j’ai eu, et au final, ça paie pas. J’ai eu la chance que mon coach à Monaco vienne me parler un bon moment, qu’il s’ouvre à moi. Et puis tu reviens vite au quotidien du club. Si tu fais des perfs, les scouts seront toujours là pour le voir. Ils sont partout. Dans mon plan de carrière, j’espère toujours rejoindre la NBA. »