Euroligue : « Un groupe très fort se crée »… Comment l'Asvel a renversé le champion d’Europe

BASKET Vainqueurs mardi de l'armada turque d'Efes Istanbul (75-73), après avoir été menés de 19 points, les Villeurbannais sont les surprenant coleaders de l'Euroligue après trois journées

Jérémy Laugier
— 
Charles Kahudi et Matthew Strazel ont savouré comme il se doit cet exploit en Euroligue.
Charles Kahudi et Matthew Strazel ont savouré comme il se doit cet exploit en Euroligue. — Lyubomir Domozetski/SPP/Shutters/SIPA
  • L’Asvel s’est offert un exploit majeur sur la scène européenne, mardi à l’Astroballe, en renversant le champion d’Europe en titre, l’Efes Istanbul (75-73).
  • Déjà tombeurs de Kaunas et de l’Alba Berlin, les Villeurbannais se retrouvent coleaders en Euroligue après trois journées, avant d’enchaîner jeudi (20 heures) face au Maccabi Tel Aviv.
  • La bande à TJ Parker peut-elle viser le Top 8 et donc les play-offs de la plus prestigieuse compétition européenne dès cette saison ? Plusieurs signaux se révèlent très encourageants, à commencer par une solide défense.

On était au cœur du troisième quart-temps, mardi soir, lorsque le panneau d’affichage de l’Astroballe révélait l’écart logique existant entre l’Asvel, récent détenteur d’un ticket garanti en Euroligue, et l’Efes Istanbul, champion d’Europe en titre (37-56, 24e). « A -19, en toute honnêteté, personne n’y croyait, même nos supporteurs, reconnaît l’arrière villeurbannais Paul Lacombe. C’est la beauté de cette équipe : quand certains sont moins bien, d’autres prennent le relais. C’est seulement notre sixième match de la saison mais un vrai collectif s’est construit. »

Un collectif capable d’impulser un vent de folie dans une enceinte en fusion, avec un surréaliste 30-11 passé en dix minutes pour s’offrir une fin de partie à suspense avec l’armada turque, après un shoot longue distance de William Howard (67-67, 34e). Ajoutez à cela une claquette bien sentie de Kostas Antetokoumpo à 12 secondes du terme, et le shoot de la gagne manqué de peu par Shane Larkin, et vous obtenez l’un des plus grands exploits de l’histoire du basket français en Euroligue (75-73).

« En Euroligue, il n’y a plus vraiment d’équipes surprises »

De quoi faire naître pour de bon des envies de play-offs au sein de ce groupe, après ce troisième succès en autant de matchs européens ? « Mine de rien, on n’était pas très loin de ces play-offs la saison passée [14e, à tout de même 7 victoires du Zenit, 8e et dernier qualifié], indiquait avant le lancement de la saison le meneur de l’Asvel Antoine Diot. On a quand même montré de belles choses et les équipes nous respectaient beaucoup en fin de parcours. En Euroligue, il n’y a plus vraiment d’équipes surprises, quand on voit les effectifs des "petits budgets" comme Monaco et nous. »

Le plus fou, dans ce début de saison de rêve (six succès en autant de matchs si on ajoute le championnat de France), c’est que la préparation s’était révélée assez inquiétante, avec un bilan de deux victoires et cinq défaites. Après le départ de sept cadres (dont Cole, Moustapha Fall, Yabusele et Heurtel) du 20e titre de champion de France cet été, les Villeurbannais ont même bouclé leur présaison avec un ultime couac (73-80) contre le promu Fos-sur-Mer, le 24 septembre, sous les yeux d’un certain Giannis Antetokounmpo à Feurs (Loire). « On a pris beaucoup de retard dans l’intégration des nouveaux, c’était difficile, reconnaissait TJ Parker avant le lancement de l’Euroligue. Ce n’était pas la préparation espérée. Il va falloir être patient. »

Un premier mois à 13 matchs disputés pour l’Asvel

Deux semaines plus tard, son équipe est donc pourtant invaincue et euphorique après sa prestigieuse remontée face à l’Efes Istanbul. Antoine Diot rappelait fin septembre que « le fonds de commerce de l’Asvel reste la défense pour rivaliser avec les grosses équipes en Euroligue ». Avec 72 points concédés en moyenne sur les trois premières journées (contre 80,1 points en 2020-2021), la bande à TJ Parker est clairement dans le vrai dans ce secteur. « Nous sommes vraiment consistants dans le projet de jeu de TJ, approuve le président délégué du club Gaëtan Muller. Au niveau défensif, c’est la grande différence avec l’an dernier. Nous pouvons être fiers d’avoir battu le champion d’Europe avec son équipe au complet. On sent une atmosphère particulière dans le vestiaire. Un groupe très fort est en train de se créer. »

Des signaux très positifs, d’autant que le club présidé par Tony Parker évoluait mardi sans David Lighty, Victor Wembanyama, Antoine Diot, et Raymar Morgan, qui devraient tous les quatre vite retrouver les parquets. De retour des Etats-Unis « pour raisons familiales », le précieux ailier américain David Lighty va même être aligné dès jeudi (20 heures) contre le Maccabi Tel Aviv. Car si l’Asvel, actuellement coleader d’Euroligue avec Milan, veut continuer de rêver de play-offs, il lui faudra absorber ce rythme infernal de 34 matchs en six mois dans l’élite européenne. Rien qu’en cette reprise en octobre, Villeurbanne doit enquiller 13 matchs, entre le championnat et l’Euroligue. C’est dire si, pour le double champion de France en titre, « la route est très longue » (dixit Gaëtan Muller) vers le Top 8 européen d’ici le 8 avril.