Roland-Garros 2026 : « J’en ai marre d’abandonner »… La tristesse de Matteo Berrettini, encore lâché par son corps
docteur maboul•L’Italien, dont les dernières années ont été gâchées par les blessures, n'a pu aller au bout de son quart de finale mercredi soir à cause d'une douleur à la hancheNicolas Camus
Pour Matteo Berrettini, ce Roland-Garros aura donc été à la fois une bénédiction et un crève-cœur. Une bénédiction, car personne n’attendait l’Italien, ancien numéro 6 mondial tombé au-delà du top 100 en raison de blessures à répétition, en quarts de finale du Grand Chelem parisien, celui qui correspond le moins à son jeu offensif construit autour d’un service de mammouth et de coups droits ravageurs. Mais un crève-cœur, parce qu’il s’est achevé mercredi soir sur un énième pépin physique.
« Le pire sentiment au monde »
Il avait pourtant commencé cette rencontre face à son compatriote Matteo Arnaldi pied au plancher, avec une balle de 4-0 dans le premier set. Et puis la hanche a coincé, et le match a tourné. Arnaldi a empoché la première manche 7-5, Berrettini a pris un temps mort médical au début de la suivante et on a su. Su que ç’en était terminé de ses rêves de pousser jusqu’en finale d’un Majeur, cinq ans après sa seule et unique, à Wimbledon.
L’Italien a bien essayé de rester sur le court coûte que coûte, mais il s’est vite rendu compte que ça n’avait aucun sens. Alors à 5-2 dans le deuxième set, il a rangé sa raquette avant d’aller étreindre Arnaldi. « Plus je jouais, plus je servais, plus je tapais mes coups droits, moins bien je me sentais, a-t-il raconté quelques minutes devant les médias. Les douleurs étaient trop fortes. »
En larmes au moment de baisser pavillon, Berrettini était toujours aussi affecté quand il est arrivé en salle de presse. « Cela a été vraiment difficile [de dire stop], parce que j’avais l’impression que ça n’était pas juste, surtout parce que ça m’est arrivé un certain nombre de fois, et j’en ai marre d’abandonner, a-t-il lâché. Je ne voulais pas que le tournoi se termine comme ça. »
Le Romain sait bien, et malheureusement mieux que beaucoup d’autres joueurs, qu’il a fait le bon choix. Car après la terre battue vient la saison sur gazon, qu’il n’a aucun intérêt à hypothéquer. « J’espère ne pas avoir causé des dégâts trop importants, a-t-il poursuivi. Abandonner, c’est le pire sentiment au monde, mais c’est la bonne chose à faire, parce que cela n’est pas le dernier tournoi de ma vie. Je dois penser à mon avenir, à ma récupération, à ma guérison. » Il va rapidement passer des examens pour connaître la nature exacte de cette blessure à la hanche gauche, un des rares endroits où il n’avait encore jamais été touché.
Toute l'actu de Roland-GarrosBerrettini a tout de même promis de retourner chez lui avec le sourire. « Il faut que je garde ce que j’ai fait de bien dans ce tournoi, parce qu’il y a encore quelques semaines, voire quelques jours, imaginer être en quarts de finale était absolument fou », a-t-il reconnu. C’est vrai que le rebond du trentenaire reste exceptionnel. Espérons pour lui que ce ne soit qu’une alerte, après avoir passé tout de même une quinzaine d’heures sur les courts de Roland.


















