PSG - Leipzig : On vous raconte la soirée carnage de Kylian Mbappé

FOOTBALL Le champion du monde a réussi une nouvelle performance incroyable en Ligue des champions

Julien Laloye
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Ligue des Champions : le débrief de PSG-Leipzig (3-2) — 20 Minutes
  • Kylian Mbappé a été le détonateur sur les trois buts parisiens face à Leipzig. 
  • Impliqué sur 41 réalisations depuis ses débuts en Ligue des champions avec le PSG, l'attaquant international est l'arme fatale de son équipe depuis de longs mois.
  • Il masque parfaitement les faiblesses collectives de son équipe, encore en grosse difficulté par moments.

 

Au Parc des Princes,

Le penalty raté dans les derniers instants aura juste été un gribouillis sur la copie presque parfaite de Kylian Mbappé. Premier buteur, l’attaquant international français aura été le grand homme de ce match, même si c’est Lionel Messi qui a mis un doublé. Retour sur la soirée folle de Kyky en quatre quart-temps, pour fêter la reprise de la NBA.

Premier quart : le plat du pied fermé, cadeau de la maison

Avant d’en arriver au but lui-même, une réflexion qui doit mettre tout le monde d’accord : est-ce qu’il y a un truc qui fout plus les poils aujourd’hui qu’un Mbappé qui reçoit un ballon dans la profondeur excentré juste ce qu’il faut côté gauche, en dehors d’un combat Zemmour vs Mélenchon dans une cage MMA, à la rigueur ? On en était là de l’action à la 10e minute de ce fort entraînant PSG-Leipzig, quand on a vu le drame se nouer de loin pour ce pauvre Gulasci. Kyky qui sprinte, Kyky qui revient intérieur, et Kyky qui ferme le pied au dernier moment. Une finition qui n’appartient qu’à lui, ou presque, le miroir inversé du plat du pied du Titi Henry de la grande époque, un geste qui lui rapporte encore des royalties en 2021 quand le moindre attaquant de D3 bulgare va chercher le petit filet opposé. Cela ressemble à une signature personnelle, de celle qu’on se repassera en boucle dans dix piges, une larmichette à l’œil, quand on lancera la compile « All 676 goals from Mbappé from Monaco to Real Madrid ».

Deuxième quart : la science de la passe

Désormais impliqué sur 41 buts en C1 depuis son arrivée au PSG à l’été 2017, Mbappé va devoir cotiser un moment pour rejoindre les deux mutants en tête du classement des buteurs de l’épreuve. Pour ce qui est des passes décisives, en revanche, ça mettra moins de temps. Le Français compte déjà 19 offrandes, et la façon dont il gère le tempo pour servir Messi dans le timing idéal sur le but du 2-2 dit tout de son excellente perception du jeu, loin des caricatures qui escortent sa carrière.

Un jour, on avait écrit « Kylian possède un potentiel très intéressant dans la diversité offensive passeur/buteur » et voilà ce que nous avait répondu Jean-Claude Lafargue, son formateur à l’INF de Clairefontaine : « Passeur il l’était déjà. Il était buteur aussi, bien évidemment, mais il faisait déjà marquer énormément de buts à ses coéquipiers. Sauf qu’avec le temps, selon les postes où il joue, et aussi les joueurs avec qui il joue, il expérimente encore tout un tas de choses. On a tendance à l’oublier mais il est encore jeune et je pense qu’il est encore dans une période de test. » Les tests avancent bien, merci.

Troisième quart : grand seigneur sur le penalty

Si sa stratégie de com' peut agacer, parfois, reconnaissons à Kylian Mbappé une certaine fraîcheur dans son expression sur le terrain, ou à ses abords. Cela vaut autant quand il se laisse aller à traiter Neymar de clochard que lorsqu’il apostrophe naturellement Lionel Messi pour lui laisser le penalty du 3-2, avec le petit soupçon d’arrogance qui va bien dans le clin d’œil qui suit le « Prends-le Léo », capté par les caméras. La grenouille de Bondy a eu tout bon là-dessus, d’autant que ça paye toujours de faire des gentillesses. L’argentin lui a rendu la pareille dans les arrêts de jeu, mais Gulasci devait un peu trop ressembler à Le Sommer pour envoyer une ogive pareille en tribunes.

« C’est normal, c’est le meilleur joueur du monde et j’ai toujours dit que c’était un privilège de le voir jouer avec nous. Le premier, il doit le tirer », a réagi le Français au micro du diffuseur. Comme quoi Pochettino avait raison quand il nous disait qu’imposer une hiérarchie des tireurs, c’était une obsession des plumitifs bien plus que du staff.

Quatrième quart : « on ne joue pas bien », enfin quelqu’un qui assume

Paris est en tête de son groupe et a remporté neuf de ses dix matchs de C1, c’est entendu, mais le bilan comptable ne trompe personne. On remercie donc Mbappé de nous avoir épargné les salamalecs habituels à base de « il nous faut du temps, on a bien réagi, l’équipe a du caractère » gnagnagnagnagna.

« C’est vrai qu’on doit faire mieux, a lancé Mbappé au micro de RMC Sport. Pour l’instant, on ne joue pas bien et on gagne. Je pense qu’il faut mieux jouer pour gagner plus sereinement. Il y a des moments où on était dans des temps faibles et il fallait être un peu plus bas, des moments où on était dans leur camp en possession. Peut-être qu’on doit imposer notre style aussi mais là on était un peu plus dans l’adaptation. »