PSG-Leipzig : Merci Mbappé pour le chantier, mais sur le reste, on fait quoi ?

FOOTBALL Le PSG s'en est sorti rasibus contre les Allemands grâce à un match monstrueux de l'attaquant français

Julien Laloye
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Mbappé et Messi, après l'égalisation face à Leipzig.
Mbappé et Messi, après l'égalisation face à Leipzig. — Francois Mori/AP/SIPA

Au Parc des Princes,

A 2-1 pour Leipzig, on commençait à sortir la planche à découper en douce depuis la tribune de presse du Parc. Les virages parisiens, restaient eux étonnamment optimistes malgré une prestation d’ensemble frisant le néant. Il faut dire qu’avec des joueurs pareils devant, même un mauvais soir peut se transformer en petite fête. Grâce à un immense Mbappé et un Messi efficace, les Parisiens reprennent la tête du groupe à City avant de se rendre en Allemagne.

Mbappé comme en 40 (enfin 41)

Le type a déjà signé son contrat d’embauche chez un concurrent, mais Kylian Mbappé continue de pointer au bureau comme s’il était content de retrouver les collègues à la pause-café. La première mi-temps de la Tortue Ninja de Bondy a été un délice de bout en bout, avec une ou deux sucreries pas catholiques (ni protestantes) au milieu d’une haie de jambes allemandes. Son but plat du pied fermé, va devenir une signature, comme feu Thierry Henry côté opposé : tout le monde le voit venir à des kilomètres, y compris Draxler sur son appel de dératé pour le cardio, mais personne n’y peut rien. On ne peut même pas lui reprocher une petite gourmandise en trop, puisqu’il a encore la lucidité pour envoyer un centre labellisé « agriculture biologique » à Messi sur l’égalisation, avant d’arracher le péno du 3-2 sur une prise de catch de Simakan. L’employé du moi, c’est Kyky, impliqué sur 42 buts en Ligue des champions depuis son arrivée au PSG, entre les pions et les passes décisives.


Pochettino, comme en janvier

Non pas qu’on en veuille particulièrement à l’entraîneur argentin, mais enfin, à force de la voir comme résigné sur son banc à regarder ses étoiles s’ébrouer dans un spectacle parallèle sans jamais payer sa place, on commence à se poser des questions. Son équipe, « sa structure » comme disait Tuchel à l’époque, s’est fait trimballer la moitié du match par un adversaire pourtant en pleine crise de résultats. Verratti moyennement dans son assiette et Presko bougé par André Silva pendant une bonne heure, le collectif parisien a tangué fort, seulement maintenu à flot par le talent supérieur de Mbappé et de Messi, encore que l’Argentin n’en a pas fait une rame en dehors de son plat du pied et de sa panenka soyeuse. Evidemment, on peut aussi se dire que c’est l’idée générale du projet, et qu’après tout Paris a failli gagner 4-2 si Mbappé avait mis son penalty dans les arrêts de jeu, mais le staff a le droit d’apporter deux-trois concepts aux joueurs quand même, pas juste « des améliorations invisibles », pour nous, les journalistes, comme le racontait ce bon Mauricio la veille de la rencontre.


Deschamps, comment ça va ?

A notre connaissance, DD ne faisait pas partie des happy few qui ont rempli la corbeille VIP du Parc des Princes mardi soir avec l’invité d’honneur Ronaldinho, Jean Tibéri, et peut-être quelques faux électeurs. Mais si le sélectionneur a mis Canal ou RMC à 21 h, ce qui est quand même son taf, on espère qu’il a pris quelques notes sur le match kolossal de Christopher Nkunku, omniprésent dès que Leipizg franchissait le milieu de terrain, c’est-à-dire souvent. L’ancien parisien, qui a choisi de s’exiler pour gagner sa croûte à l’étranger, n’a pas marqué cette fois, mais sa justesse technique et son intelligence de jeu ont sauté aux yeux, mardi. Quelle meilleure alternative à nos trois loustics de devant que Christopher et ses frisettes ? Et si on peut associer son poto Mukiélé au prochain rassemblement, pourquoi pas. L’ancien montpelliérain ne s’embarrasse pas toujours de la note artistique, mais son activité peut donner des idées en piston droit, même si Pavard pense qu’il est la réincarnation de Cafu en mieux.