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« C’est un moment pour moi… » Ces supporteurs qui vivront la finale seuls

PSG-Arsenal : « Regarder avec n’importe qui, je ne peux pas… » Ces supporteurs qui vivront la finale seuls chez eux

Moi et moi seulLoin du vacarme du Parc des Princes ou des retransmissions publiques, certains supporteurs du PSG ont choisi de regarder la finale de Ligue des champions contre Arsenal de façon isolée
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Quentin Ballue

Quentin Ballue

L'essentiel

  • Le Paris Saint-Germain affronte Arsenal samedi soir en finale de la Ligue des champions, à Budapest (18h).
  • De nombreux supporteurs parisiens se rassembleront pour l’occasion, mais d’autres feront le choix de suivre la rencontre en solitaires.
  • 20 Minutes a interrogé plusieurs d’entre eux, qui mettent en avant des arguments comme le besoin de se concentrer sur le match et d’éviter les distractions intempestives.

Samedi soir, 48.000 supporteurs du PSG prendront place au Parc des Princes pour suivre la finale de Ligue des champions contre Arsenal, devant quatre écrans géants. Ils seront jusqu’à 8.000 au stade Georges-Lefèvre (Saint-Germain-en-Laye) pour une retransmission en plein air. Des milliers garniront les bars. D’autres seront tout seuls, loin de cette effervescence, dans un cadre plus feutré. Un choix assumé, pour maximiser leur expérience.

« C’est un moment pour moi »

Pour Arnaud, né dans le 15e arrondissement, toute autre option était inenvisageable. « Je comprends qu’on veuille aller dans un bar ou être avec des potes. Chacun le vit à sa manière. Moi, c’est no way pour un match comme ça. » Il restera chez lui, dans le Val-d’Oise, comme en 2025. « J’ai un très bon pote avec qui je regarde parfois des matchs, mais des matchs qui ont moins d’importance. Il m’avait déjà proposé d’aller dans des bars, mais je lui disais : ''Ah non, moi, c’est à la maison''. Je n’arrive pas à vivre le match comme il faut quand je ne suis pas chez moi. Donc pour les matchs importants, il ne me contacte même plus ! »

Non, Arnaud n’est pas ochlophobe (la peur de la foule). Il veut juste être à 100 % dans « son » match. « Si je suis avec des potes, ils peuvent me parler, je ne leur réponds même pas, je suis trop dans le match ! Je ne vois pas l’intérêt d’être avec des gens si c’est pour être, de toute façon, dans ma bulle. Autant être avec du confort, chez moi, sur mon canapé. »

La parade des champions d'Europe, le 1er juin 2025, sur les Champs-Elysées.
La parade des champions d'Europe, le 1er juin 2025, sur les Champs-Elysées. - Gabrielle CEZARD/SIPA

Laurent, 55 ans, s’asseyait en tribune Boulogne à la fin des années 1980. Il vit désormais loin de la capitale et regarde les matchs en solitaire, sur son téléphone ou sa télé. « Je me retrouve très bien à regarder les matchs comme ça. C’est un moment pour moi. Je le partage après, avec mon fils et d’autres personnes, une fois que le match est terminé. Mais le match, je le vis tout seul. » Et sans une once d’amertume. « Ça peut être explosif, sourit-il. Je peux sauter sur le canapé, même tout seul ! »

S’éloigner des bavards

Être seul, c’est aussi maîtriser le terrain. La certitude d’avoir une bonne place. La certitude que la télé ne se mettra pas en veille parce que le patron du bar aurait perdu la télécommande. La certitude d’éviter une compagnie trop bavarde. « En 2022, pendant la finale de la Coupe du monde, la mère de mes potes faisait des commentaires du genre ''oh la la, ils sont nuls'' ou ''bon, bah ils feront mieux la prochaine fois''. C’est insupportable d’entendre ça, témoigne Cyril. Perdre un match comme ça, ça te met les nerfs, alors devoir supporter des commentaires comme ça… Je me suis promis de ne jamais y retourner pour un match si leur mère n’était pas occupée loin de chez eux (rires). » On le comprend aisément : mieux vaut être seul que mal accompagné.

« Tout seul, c’est stressant, du début à la fin, mais on est à un mètre de la télé, on ne bouge pas une oreille. Pas de bruit, la télé à fond, c’est très bien comme ça, abonde Samir, refroidi par des expériences exaspérantes. Je le vis parfois mieux que quand il y a trop de monde. Il y en a qui parlent… Regarder le match avec n’importe qui, je ne peux pas. Pendant des années, j’ai regardé des matchs dehors, dans des chichas, dans des cafés, etc. Moi, j’aime bien être concentré, je n’ai pas le temps de débattre avec un anti-Parisien ou avec un supporter adverse en plein match. »

Arnaud ressent le même besoin de se dédier à 100 % à la rencontre. « Si je suis avec des gens, je vais parler, mais au final, je vais me dire que je n’ai pas vécu le match comme il faut. Tout seul, je profite plus des aspects tactiques, je suis plus dans l’analyse du match. » Cela ne l’empêchera pas de fêter ça si le PSG décroche sa deuxième étoile.