Losc-FC Nantes : Renaud Emond ne joue pas « pour faire plaisir aux footix », estime son père

FOOTBALL L'attaquant nantais, qui devrait encore prendre place sur le banc ce vendredi soir (21 h) à Lille, a inscrit son premier but en Ligue 1 dimanche contre Saint-Etienne (2-2)

David Phelippeau

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Renaud Emond après son but contre Saint-Etienne.
Renaud Emond après son but contre Saint-Etienne. — LOIC VENANCE / AFP
  • Renaud Emond, qui devrait encore prendre place sur le banc nantais lors du déplacement à Lille ce vendredi soir, a inscrit son premier but en L1 dimanche.
  • L’attaquant belge, arrivé en janvier sur les bords de l’Erdre, n’a pas encore convaincu les observateurs, et surtout Christian Gourcuff.
  • Partout où il passe, le Belge doit prouver plus que d’autres joueurs malgré des statistiques souvent très bonnes.

« Il faut le mettre… Renaud [Emond] a eu le feeling sur ce coup franc dévié… Le ballon a touché le poteau, il a reculé son bassin et frappé du pied gauche alors qu’il est droitier. » Philippe Emond est le meilleur VRP de son fils Renaud, buteur égalisateur dimanche contre Saint-Etienne (2-2) et pour la première fois en Ligue 1 depuis son arrivée en début d’année. Au quotidien, papa vante plutôt les mérites de ses automobiles BMW dans ses nombreuses concessions dont il est le gérant en Belgique et au Luxembourg. Un travail chronophage qui ne l’a pas empêché de venir deux fois à la Beaujoire voir « son fils unique », contre Paris (défaite 1-2) la saison dernière et contre Nîmes (victoire 2-1) fin août. Contre l’escouade de Tuchel, son protégé avait loupé deux duels avec Navas. Papa n’y va pas par quatre chemins : « T’as raté l’occasion de changer ta vie, je lui avais dit. Le regard des gens aurait été différent s’il les avait mises ! »

Marquer, c’est pourtant l’atout numéro 1 qui escorte la carrière de Renaud Emond. L’attaquant de 28 ans a souvent occupé la tête des goleadors de la Jupiler Pro League. Comme en 2015, l’année où il termine meilleur buteur (avec 14 réalisations) à Beveren. Au Standard, il plante aussi 37 buts entre 2017 et 2019 et sept en 14 matchs avant sa venue (poussée par l’agent Mogi Bayat) sur les bords de l’Erdre.

« Renaud, il ne fait pas lever les foules ! »

Des statistiques qui n’ont jamais suffi à faire de lui un Diable Rouge ou même un attaquant de renom. « Je dois toujours prouver plus, ça fait partie de mon profil et de ma vie. J’y suis habitué. » Pourquoi cette défiance vis-à-vis d’un joueur qui avait marqué à Nantes lors de sa première titularisation contre Lyon en Coupe de France en janvier dernier ? « Ça vient de mon style de jeu. Je ne suis pas hyper spectaculaire ce n’est pas moi qui vais prendre la balle et dribbler quatre défenseurs. » Papa Emond abonde dans le sens de sa progéniture : « Renaud, il ne fait pas lever les foules. Il est dans la besogne. Il a le sens du but, du placement. »

« Le but qu’il a inscrit, il en a marqué beaucoup des comme ça en Belgique », reconnaissait Dennis Appiah après le nul (2-2) contre les Verts. « Ce n’est pas le but le plus difficile et spectaculaire qu’il a marqué certainement », estime l’entraîneur Christian Gourcuff. « Mais, il est au bon endroit, au bon moment, encense Philippe Emond. Si Renaud, il loupe comme certains des grosses occasions en demi-finale ou finale de la Ligue des champions, on lui brûle sa maison. Il n’est pas traité de la même manière que d’autres ! » Le papa s’appuie sur les statistiques de son fils qu’il connaît par cœur. Dans les moindres détails. « Je ne sais pas ce qu’il faut pour avoir un bon CV ! », souffle-t-il. Avant de glisser : « Ah, c’est sûr que Renaud, il ne va pas partir comme Neymar dans des grandes chevauchées ou faire deux petits ponts pour faire plaisir aux footix ! Ce n’est pas lui ça. »

Sur le banc maintenant avec l’éclosion de Kolo Muani

Depuis qu’il a posé ses valises à Nantes, le Belge a été freiné à deux reprises par des blessures. L’éclosion de Kolo Muani depuis un mois le relègue aujourd’hui sur le banc des remplaçants. Renaud ne bronche pas. Gourcuff loue « sa mentalité exemplaire » et un garçon « qui ne fait pas de vagues ». « Randal [Kolo Muani] mérite de jouer pour l’instant », confesse, beau joueur, le Belge. « Partout, où il est passé, tout le monde le croyait perdu et il est toujours revenu de la cave ! » « C’est mon histoire, sourit Emond. A chaque fois que j’arrive quelque part, ça ne se passe pas toujours comme ça doit se passer, mais à la fin ça se déroule souvent bien ! »