OM-FC Nantes : « Ce n’est pas un problème technique ! » Pourquoi Valentin Rongier a-t-il du mal à conclure à Marseille ?

FOOTBALL Valentin Rongier, qui marquait de temps en temps avec le FC Nantes, son club formateur, n’a toujours pas réussi à mettre un but avec l’OM, sa nouvelle équipe. Un blocage psychologique ?

Jean Saint-Marc et David Phelippeau

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Valentin Rongier.
Valentin Rongier. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Valentin Rongier frappe énormément mais ne marque pas.
  • Son coach à l’OM André Villas-Boas estime que cette absence de but vire à « l’obsession » pour le milieu de terrain de l’OM.
  • Ces soucis de finition semblent avoir des causes psychologiques plus que techniques.

Le « 51 », chiffre fétiche pour de nombreux Marseillais, n’est pas le numéro porte-bonheur de Valentin Rongier. Le milieu de terrain de l’ OM retrouve ce samedi (17 h 30) le FC Nantes, son club formateur, affublé d’une vilaine statistique : des 51 joueurs qui tentent le plus de frappes en Ligue 1, il est le seul à n’avoir marqué aucun but. Le numéro 21 de l’OM a tenté 34 tirs en 20 matchs avec sa nouvelle équipe. Il tire, en moyenne, une fois par mi-temps. Presque aussi souvent que le Strasbourgeois Adrien Thomasson, qui a déjà marqué 8 buts en Ligue 1 cette saison (un tir toutes les 41 minutes). Seul le Lyonnais Thiago Mendes a des stats comparables à celles de Rongier, avec 26 tirs en 22 matchs, pour aucun but.

« C’est vrai que depuis que je suis là, j’ai beaucoup tenté mais je n’ai pas encore marqué, reconnaissait l’ancien Nantais le 14 février dernier. Je ne saurais dire pourquoi. » Selon son coach André Villas-Boas, le sujet vire même à « l’obsession » : « Il cherche son but pour sa confiance. » L’entraîneur marseillais lui a offert une occasion en or dimanche dernier à Lille, en le désignant pour tirer un penalty, en l’absence de Dimitri Payet et Kevin Strootman, habituellement chargés de cette mission.

« Il gamberge juste avant le geste décisif… », selon Dib

« Quand on l’a vu s’avancer, on sentait qu’il n’était pas en confiance », commente l’ancien milieu olympien Marcel Dib. Sa frappe d’U13, ni forte ni bien placée, a été captée sans difficulté par Mike Maignan. Pour Marcel Dib, « Valentin Rongier se précipite peut-être un peu dans ses frappes : il n’est pas sûr à 100 % du moment exact où il doit frapper, je pense qu’il gamberge juste avant le geste décisif. » L’intéressé le dit lui-même : « Je pense que mon pied est capable de cadrer la majorité de mes frappes, mais en match, j’ai peut-être un blocage. Peut-être au niveau mental. »

A Nantes, la saison dernière, le « blocage » avait fini par sauter. « Il a beaucoup marqué avec nous la saison dernière », observe le Canari Samuel Moutoussamy. « Beaucoup », c’est un poil exagéré. Valentin Rongier avait inscrit quatre buts en Ligue 1, son plus fort ratio néanmoins en pro sur un exercice sous le maillot jaune et vert. François Bourgeais, ancien responsable de la préformation au FC Nantes et ex-éducateur de Rongier, en est persuadé : « Ce n’est pas un problème technique. Car même sous pression il est très doué. Ce penalty manqué tend à stigmatiser cette difficulté à marquer, mais j’ai la conviction que c’est une question de temps. Après, Valentin, il a toujours l’image de celui qui fait jouer les autres. »

Une conduite de balle « affolante » quand il était jeune

Une qualité qui lui colle à la peau depuis ses débuts à la Jonelière à l’âge de 7 ans. « En poussin, il était tellement au-dessus, se souvient Christian Lastennet, son entraîneur tout minot. Pour lui, tout paraissait facile. » Même marquer des buts ? « Il ne ratait pas grand-chose, il savait tout faire. Il était adroit devant les buts et on ne se disait pas qu’il ne marquait pas beaucoup. Bon, après en poussins, les gardiens n’étaient pas toujours exceptionnels ! »

Ronan Bureau, un des éducateurs de Valentin Rongier l’année précédente, à Saint-Herblain, estime « que ce n’est pas pour sa qualité de frappe qu’il a été repéré par les recruteurs du FC Nantes ».Valentin Rongier, qui flottait alors dans un maillot jaune floqué McDonald’s du SHOC (Saint-Herblain olympic club), « n’avait pas encore développé sa frappe. Certains enfants de 6 ans ont déjà la frappe coup de pied. Lui, c’était sa conduite de balle qui était affolante, le ballon lui collait au pied ! »

Le déclic samedi contre… Nantes ?

Abdoulaye Touré, qui a accompagné Valentin dans toutes les catégories de jeunes chez les Canaris, n’a pas non plus oublié la vista du milieu actuel de l’OM : « Franchement, en poussins, c’était le meilleur en France. Techniquement, il était au-dessus et il voyait toujours avant les autres. » Touré en 9, Rongier en petit meneur de jeu de poche. « Etre plus efficace, c’est effectivement toujours la marge de progression qu’il a eue, poursuit néanmoins l’actuel capitaine nantais. Après, il fait tellement d’efforts sur le terrain qu’il peut perdre en lucidité devant le but… » François Bourgeais n’est « pas inquiet » et est sûr que « la réussite va venir ». « Quand il aura le déclic, le reste suivra, j’en suis sûr », indique Samuel Moutoussamy. « Mais on va éviter que ce déclic arrive samedi », souffle Abdoulaye Touré.