FC Nantes-OL: «Jamais en avance, mais toujours devant», c'est l'histoire de Léo Dubois

FOOTBALL Alors qu'au FC Nantes, certains ne le voyaient pas devenir pro, puis pas capable de s'imposer en L1, Léo Dubois est devenu un titulaire indiscutable à l'OL et va retrouver la Beaujoire ce vendredi (20h45)

Jérémy Laugier et David Phelippeau

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Léo Dubois face à Lionel Messi, le 19 février au Parc OL.
Léo Dubois face à Lionel Messi, le 19 février au Parc OL. — Laurent Cipriani/AP/SIPA
  • Le Lyonnais Léo Dubois va retrouver le stade de la Beaujoire et le FC Nantes ce vendredi (20h45).
  • A Lyon, l’ex-Canari a réussi à s’imposer dès sa première saison malgré une grosse concurrence.
  • Tout au long de sa formation nantaise, Léo Dubois a toujours dû prouver davantage que les autres et a souvent fait face aux réticences des techniciens.

Lorsque l’été dernier, Léo Dubois (24 ans) a quitté son nid nantais pour rejoindre l’OL, beaucoup lui ont prophétisé un avenir en pointillés. Changement de standing, concurrence, exigence plus élevée au niveau des performances et des résultats… Certains supporters nantais, qui lui en veulent d’être parti sans rapporter un centime à son club formateur, l’attendaient au tournant. Mais celui qui va retrouver la Beaujoire avec le maillot lyonnais, ce vendredi (20h45), a fait taire tout ce petit monde. Une question d’habitude pour le joueur qui, au fil de sa carrière, a toujours dû faire face aux doutes des observateurs.

Sa première partie de saison a été marquée par la concurrence de l’international néerlandais Kenny Tete et surtout de Rafael, ainsi que par une blessure à la cuisse durant deux mois. Son apport offensif était encore timide, malgré un but décisif et rageur contre le Shakhtar Donetsk (2-2) le 2 octobre. « Il a montré qu’il avait une bonne mentalité car il a su attendre son heure, souligne Jean-Marc Chanelet, ancien latéral droit lui aussi passé de Nantes à l’OL. Il avait une réserve naturelle au début, liée à une phase normale d’observation et de découverte quand on intègre un grand club. »

Deuxième meilleur passeur cette saison à Lyon

Sur la phase retour, Léo Dubois est par contre devenu un titulaire quasiment indéboulonnable à Lyon, y compris lors de la double confrontation face au Barça en Ligue des champions. L’ancien Nantais est notamment le deuxième meilleur passeur décisif de l’équipe en Ligue 1 (avec quatre offrandes, comme Nabil Fekir et Tanguy Ndombele), derrière Memphis Depay (sept passes dé).

« Il y a une bonne répartition dans son jeu entre la solidité défensive et la projection offensive, apprécie Jean-Marc Chanelet. Il a du volume et sa qualité de centre est vraiment très intéressante. Ce n’est pas un hasard s’il finit la saison comme numéro un à droite alors que c’était loin d’être le cas à son arrivée. » Samuel Fenillat, directeur du centre de formation du FCN, prend de la hauteur sur le cas Dubois : « Depuis le début de sa carrière, c’est toujours un peu la même histoire pour Léo. Il n’est jamais en avance sur les autres, mais il finit toujours devant ». C’est en somme l’histoire de la vie du footballeur.

Une intelligence de jeu flagrante

« Ce n’est pas le joueur qui t’éclabousse quand tu le vois, il n’est ni le plus rapide ni le plus grand, commente François Bourgeais, ancien responsable de la préformation à la maison jaune, et très proche du joueur. La première fois que je l’ai vu, il avait 13 ans et demi et il avait déjà une telle intelligence de jeu, de telles qualités techniques et une telle volonté de donner des bons ballons. »

A Nantes, avec son physique plutôt fluet, l’intéressé doit davantage faire ses preuves que les autres. « Oui, on avait des doutes », reconnaît Samuel Fenillat. En 2011, devant un embouteillage à son poste initial, il est contraint d’abandonner le milieu de terrain pour s’installer sur le côté droit de la défense. Il ne le quittera plus ensuite. « Avec son intelligence de jeu, il s’adapte très bien », explique le directeur du centre de formation.

Une absence de reconnaissance à Nantes

En 2014, il signe son premier contrat professionnel. Il ne se fera une petite place chez les grands que lors de la saison 2015-2016 avec Michel Der Zakarian. Sans faire de bruit, le natif de Segré (Maine-et-Loire) monte en puissance au fil des saisons jusqu’à devenir capitaine des Canaris en 2017-2018, juste avant son départ en fin de contrat.

En revanche, l’évolution de son salaire (11.000 euros bruts avant de quitter Nantes) n’épouse pas du tout celle de son statut. « Il a souffert d’un manque de reconnaissance dans son propre club formateur, on n’a pas su lui tendre la main, regrette François Bourgeais. Peu de personnes pensaient qu’il allait devenir pro, puis peu pensaient qu’il allait devenir un titulaire indiscutable en Ligue 1. Léo, c’est une belle histoire et il l’a construite lui-même. »