Le défenseur Léo Dubois.
Le défenseur Léo Dubois. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

FOOTBALL

FC Nantes: Avant son accident de Nice, Léo Dubois tenait pourtant la route

Passé à côté de son match à Nice (4-1) dimanche, le défenseur nantais avait pourtant réussi s’imposer depuis le début de la saison alors que beaucoup doutaient de lui…

Il est bien loin des standards du football moderne. Un petit mètre soixante-dix-huit et 65 kg tout mouillé. Léo Dubois a un patronyme passe-partout et un physique de joueur banal. Depuis le début de la saison (excepté à Nice dimanche), il n’en reste pas moins l’une des plus grosses satisfactions du FC Nantes au poste de latéral droit.

En juin, lorsque l’entraîneur René Girard avait affirmé vouloir faire confiance pour la saison à Léo Dubois (au poste de numéro 1) et Enock Kwateng (son remplaçant) au poste de latéral droit, certains observateurs ne dissimulaient pas leur scepticisme.  Dubois (22 ans), qui n’a manqué aucun match de L1 (11 titularisations), semble avoir franchi un palier. « Ça manquait de grinta, explique l’entraîneur René Girard. Depuis le début de la saison, on lui demande de durcir son jeu, de le muscler. Léo est intelligent, il a apporté ça à sa panoplie. »

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Dimanche, pour la première fois de la saison, à Nice (4-1) le défenseur a complètement failli. A tel point que Girard l’a sorti à la mi-temps et qu’il pourrait contre Toulouse, samedi, lui préférer Kwateng…

Un gabarit normal handicapant ?

Lancé par Michel Der Zakarian, on reprochait à Dubois la saison dernière parfois un impact défensif trop faible dans les duels dû à des manques sur le plan athlétique. « Au départ, il était léger, pas assez agressif dans l’acte défensif, estime Samuel Fenillat, directeur du centre de formation. Mais, j’ai vraiment le sentiment qu’il a gagné en maturité et en force. Il a une maîtrise technique intéressante, mais surtout il comprend vite et modifie. » Une intelligence de jeu, détectée très jeune, qui lui a quasiment toujours permis de compenser un « gabarit » normal.

Guenaël Menant, responsable des jeunes à Segré, a accompagné Dubois pendant cinq ans, notamment en U15. « Ce n’était pas du tout un défenseur, mais un milieu offensif. Il avait des facilités, mais faisait partie d’une génération qui ne gagnait pas beaucoup. » Ses défaites à répétition se sont avérées « formatrices » pour lui. « Il a pris sur lui, il a compris les choses pour avancer. Il était au-dessus par son jeu, par son aisance, mais pas par son physique. »

Il a failli signer au SCO

En 2008, les deux mastodontes du coin (Nantes et Angers) lui font les yeux doux. Il choisit la Jonelière. « J’avais pris le temps d’aller le voir avant qu’il ne signe chez nous, se souvient François Bourgeais, responsable de la préformation. Et j’avais vraiment bien aimé ce jeune milieu de terrain offensif : un numéro 10 ! Et malgré un gabarit "normal" qui détonne avec les profils morphologiques recherchés dans le football de haut niveau aujourd’hui, Léo a su continuellement s’adapter à la vitesse du jeu, à l’exigence du niveau de jeu auquel il fut confronté. » Bourgeais, très attaché à Léo, n’a pas oublié la première séance du nouveau venu : « Lors du premier entraînement qu’il a effectué avec moi, il ne lui a fallu que quelques secondes pour comprendre le sens du jeu des "gammes", exercices qui consistent à trouver des schémas de jeu à 2, à 3, à 4 dans un espace donné. »

Les techniciens doutent de lui…

Son intelligence de jeu ne suffit pas. Les entraîneurs ne croient pas en lui. « On avait quelques doutes, oui », confesse Fenillat. Selon Bourgeais, le déclic intervient en avril 2011 : « Profitant de l’absence de certains joueurs "mieux vus" que lui, il participe au tournoi de Montaigu. Placé en tant que défenseur latéral droit, il se révèle à cette place. Il gagne enfin les points qu’il mérite aux yeux de ses coachs. »

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Trois ans plus tard, il signe son premier contrat professionnel. En mai 2015, il est titulaire pour la première fois avec les pros. « Durant ses années au centre, Léo ne faisait pas partie des joueurs de sa génération mis en avant comme Abdoulaye Touré par exemple, reconnaît Fenillat. Mais, aujourd’hui, c’est pourtant Léo qui est là ! »