FC Nantes: «Il a eu raison d'insister dans le foot...», confie la mère de Samuel Moutoussamy

INTERVIEW Cécile, la mère du milieu de terrain du FC Nantes, s’est confiée à « 20 Minutes »…

David Phelippeau
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Samuel Moutoussamy (à gauche) face à l'Angevin Mangani.
Samuel Moutoussamy (à gauche) face à l'Angevin Mangani. — Sébastien SALOM GOMIS / AFP
  • La maman de Samuel Moutoussamy évoque les débuts de footballeur de son fils, qui n'ont pas toujours été simples.
  • Elle confie sa fierté de voir son fils réussir à se faire une petite place dans le monde professionnel du foot.

« J’ai accepté l’interview car c’est pour parler de Samuel… » Jeudi après-midi, Cécile, la maman de Samuel Moutoussamy, a pris sur son temps de travail pour évoquer la personnalité du milieu de terrain du FCN, âgé de 22 ans. Pendant une grosse demi-heure, cette directrice juridique de la région parisienne a partagé avec 20 Minutes ses joies, ses craintes, son avis et son admiration sur la trajectoire de son fils, à qui elle rend visite une ou deux fois par mois à Nantes.

Vous vous souvenez à quel âge Samuel a débuté le football ?

A 8 ans. Je pensais vraiment qu’il allait se mettre à l’athlétisme car à l’âge de 4 ans, il courait très vite. J’étais persuadée qu’il fallait qu’il pratique ce sport. Je voulais aussi qu’il fasse du judo pour qu’il puisse se défendre…

A quel moment avez-vous compris qu’il voulait en faire son métier ?

J’ai pris la mesure de sa passion quand, un jour, il a fait une boulette à l’école et que je l’ai puni. Il connaissait pourtant la règle : s’il y avait un souci à l’école, il n’y avait pas de foot le samedi. Un jour, il n’avait pas fait ses devoirs… Je l’ai donc privé de foot.

J’ai reçu alors de nombreux coups de fils : entraîneurs, dirigeants etc. « Vous ne pouvez pas le punir, c’est une pièce maîtresse de l’équipe ! », m’a-t-on dit. Et là, j’ai compris qu’il voulait en faire son métier. Il était déterminé. Avec son père, qui est juriste comme moi [elle est directrice juridique], on nourrissait d’autres ambitions pour lui. Je lui ai d’ailleurs toujours dit que je lui foutrai la paix que s’il avait son bac [il a obtenu un bac ES].

Quand il part à Clairefontaine vers l’âge de 12 ans. Quel est votre sentiment ?

J’étais inquiète. Partagée entre la fierté et une crainte phénoménale. Je confiais quand même mon gamin à des gens inconnus. Je ne connaissais pas le milieu du foot. A tel point que je me suis posé la question de passer le diplôme d’agent pour mieux l’appréhender… J’avais vraiment une frousse terrible de le voir partir. Je me souviens lui avoir dit : « Samuel, vas-y, mais tu dois y exceller. Si tu sens que tu es médiocre, lâche l’affaire. Il n’y a pas pire qu’un sportif raté. » Je me suis demandé s’il aurait la lucidité de dire stop s’il n’y arrivait pas…

Votre fils passe 5 ans à Lyon, mais n’est pas conservé [il a 20 ans]. Comment avez-vous réagi ?

Je me souviens que son cas avait fait l’objet de pas mal de circonvolutions en interne. Son cas posait questions. J’étais extrêmement déçue.

Vous avez dû vous dire que c’était fini pour lui…

Non, car il se trouve que mon numéro de téléphone était dans la liste des joueurs lyonnais transférables. C’est moi qui ai reçu de nombreux coups de fil de clubs intéressés par Samuel. Je n’ai pas eu le temps de m’inquiéter. Et lui-même était finalement assez serein. Il avait vent que beaucoup de formations le sollicitaient.

Avec Nantes, le 12 août 2017, il entre pour la première fois en pro face à Marseille à la Beaujoire…

Oh, oui, je m’en souviens. J’étais en vacances dans le Sud avec une de mes filles [Samuel a deux sœurs et un petit frère]. On a essayé de prendre des billets, mais c’était trop tard. On l’a regardé à la télé à l’hôtel. Quand il est entré en jeu, c’était l’hystérie collective. C’était fantastique. Et là, je me suis dit qu’il avait eu raison d’insister dans le foot ! C’était tellement évident pour lui.

On reproche parfois à votre fils d’être trop gentil, pas assez égoïste. Qu’en pensez-vous ?

Le foot est le sport par excellence qui s’harmonise avec sa personnalité. Samuel est quelqu’un de généreux dans la vie de tous les jours. Il ne peut s’exprimer que dans un collectif fort. Jamais il ne va dire qu’il veut briller. Il n’entre pas sur un terrain en disant je vais faire ci, je vais faire ça. Il se fond d’abord dans un groupe. Pour lui, le foot n’a de sens que si l’équipe gagne.

Il est très marqué par sa relation avec son grand-père qui est un philosophe, un sage. Il a une très grande humilité qui ne correspond peut-être pas aux canons classiques du foot actuel. Un monde peut-être plus dans le show off.