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Faute de L2, Luzenac se verrait bien en troisième ou quatrième division

Luzenac : Faute de Ligue 2, le LAP se verrait bien rebondir en troisième ou quatrième division

FOOTBALLDe nouveau sous les feux de l’actualité sportivo-judiciaire, Luzenac ne croit pas à la Ligue 2, dont le club ariégeois avait été privé voici cinq ans. Mais pour ses dirigeants, l’hypothèse d’un retour du LAP (aujourd'hui en sixième division) en National ou National 2 est crédible, à plusieurs conditions
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • Luzenac et la LFP s’écharpent de nouveau après la décision judiciaire favorable au club ariégeois rendue cet été.
  • Privé de L2 en 2014, le LAP ne croit pas à une réintégration prochaine à ce niveau. Mais le club, aujourd’hui en sixième division, se verrait bien en National ou National 2 (troisième ou quatrième division).
  • Ses dirigeants réclament des négociations à la LFP, qui s’est tournée vers le Conseil d’Etat.

Un vrai bain de jouvence. Depuis ce week-end, le feuilleton « LAP vs LFP » a repris comme s’il ne s’était jamais arrêté voici cinq ans : sorties médiatiques de Jérôme Ducros, le président de la SASP Luzenac Ariège Pyrénées (LAP), réponse outrée de la Ligue de football professionnel (LFP), contre-attaque saignante de l’un des avocats du club…

L’entrepreneur toulousain Jérôme Ducros s’appuie sur le jugement de la cour administrative d’appel de Bordeaux du 25 juin dernier. Lequel annule la décision prise par la LFP à l’été 2014, qui avait interdit l’accession du LAP à la Ligue 2. Le communiqué publié mardi par la Ligue, évoquant « une présentation totalement biaisée » par Luzenac de la décision judiciaire, a montré que le dossier était loin d’être refermé.

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Pendant cette bataille difficile à saisir dans le détail lorsqu’on a fait moins de cinq ans de droit, le club du village pyrénéen de 600 habitants prépare son début de championnat, samedi à Pibrac. En Régional 1, la sixième division…

Le club se tient prêt

« J’ai presque toutes les heures Jérôme Ducros au téléphone, explique Christophe Rodriguez, président de l’association, forte d’environ 400 licenciés (à ne pas confondre avec la SASP, la structure pro maintenue en vie pour mener le combat judiciaire). La décision de la cour administrative d’appel de Bordeaux nous rétablit dans nos droits. Mais d’un autre côté, ça ravive de très mauvais souvenirs… »

Toutefois tous les espoirs semblent désormais permis au pays du talc. Enfin presque. Invité mardi du Moscato Show, sur RMC, Ducros avait reconnu qu’il ne voyait pas le club intégrer le deuxième niveau professionnel, faute de joueurs et de finances adéquates. « La Ligue 2, on n’y aura pas droit. Moi je veux retrouver peut-être le National [troisième division]. Ou le CFA [aujourd’hui National 2, la quatrième division]. »

Christophe Rodriguez est dans l’attente : « Repartir sur un nouveau projet digne de ce nom, peut-être dès l’an prochain, pourquoi pas ? » lâche l’ancien directeur sportif du LAP, du temps de sa folle ascension brutalement stoppée.

«  « Le Régional 1 correspond au niveau de notre équipe réserve il y a cinq ans, alors que l’équipe première de l’époque a disparu. On demande la réintégration de cette équipe première. Pour l’instant, on va faire notre championnat de R1, en protégeant joueurs et staff et en visant un maintien confortable. Il y a tellement de paramètres, au niveau du budget notamment. »  »

A ce jour, Luzenac, qui était reparti en septième division à l’été 2014, vivote avec 150.000 euros et compte scrupuleusement ses sous. « Nous sommes toujours en difficulté. C’est dur de se relever d’une telle situation. Ils ont détruit un club. » Clairement visée, la Ligue, qui s’est pourvue devant le Conseil d’Etat, ne semble pas décidée à entamer les négociations réclamées du côté ariégeois. Jérôme Ducros compte bien l’y contraindre, avec l’aide de la justice s’il le faut.

Ce jeudi, le président de la SASP LAP s’est de nouveau montré très clair. « La LFP est obligée de réunir son conseil d’administration, qui va être obligé de valider notre statut professionnel, a-t-il affirmé à 20 Minutes. Ensuite, on parlera du terrain. Mais on nous doit aussi, dans un premier temps, six ans de statut pro, soit 30 millions d’euros à raison de cinq millions par an. »

« J’ai dix mois pour trouver un stade »

Et cette fois, promis, la question des infrastructures ne posera plus problème, comme en 2014, lorsque Luzenac avait proposé – en vain – le stade Ernest-Wallon de Toulouse pour ses matchs à domicile. « J’ai dix mois, jusqu’au 30 juin 2020, pour trouver un stade, mais je vous le trouve en 60 jours. » La LFP pensait s’être débarrassée du LAP ? Le pansement ariégeois colle toujours à ses semelles, cinq ans après.