Pourquoi la région Auvergne-Rhône-Alpes est «une terre de foot féminin», et ce même au-delà de l’OL

FOOTBALL FEMININ Outre l’hégémonie de l’OL, la région Auvergne-Rhône-Alpes a historiquement été essentielle dans le développement progressif du football féminin en France depuis une vingtaine d'années...

Jérémy Laugier

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Les joueuses de l'ASSE, ici lors de la reprise de leur saison en D2 autour de leur entraîneur Jérôme Bonnet.
Les joueuses de l'ASSE, ici lors de la reprise de leur saison en D2 autour de leur entraîneur Jérôme Bonnet. — Photo ASSE
  • La Ligue des champions va reprendre mercredi (18 heures) à Avaldsnes (Norvège) pour un OL visant un quatrième sacre européen consécutif.
  • Outre l’impressionnant club lyonnais, la région Auvergne-Rhône-Alpes a toujours eu un rôle majeur dans l’essor du football féminin en France.
  • Du pôle espoirs de Vaulx-en-Velin (Rhône) au Grenoble Foot 38 en passant par l’ASSE, « 20 Minutes » se penche sur « cette terre de foot féminin ».

12 titres de championnes de France, 5 Ligues des champions, 7 Coupes de France, le tout depuis la saison 2006-2007… Même s’il fait figure de réussite absolue sur la scène nationale comme européenne, l'OL n’explique pas à lui seul l’énorme attrait de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour le football féminin. « Notre Ligue fait figure de locomotive de la discipline, explique Cécile Locatelli, ancienne joueuse internationale de l’OL. C’est une terre de football féminin. Il y a toujours eu une volonté de le développer, que ce soit par exemple à Caluire ou au FC Lyon. »

Titré à quatre reprises en D1 dans les années 90, notamment avec Cécile Locatelli en défense, le FC Lyon a été rattaché à l’OL depuis 2004. Cinq ans plus tard, une autre initiative a donné un important coup de boost à la région, à savoir la création à Vaulx-en-Velin (Rhône) du premier pôle espoirs français (avec Liévin dans le Pas-de-Calais) pour les jeunes footballeuses.

Trois titres majeurs chez les jeunes depuis 2009

23 joueuses choisies dans toute la région (mais aussi jusqu’en Bourgogne et en Paca) bénéficient donc d’horaires aménagés, au lycée Robert Doisneau de Vaulx, afin d’avoir cinq entraînements par semaine et une séance de musculation. Avec à la clé une réussite de 100 % au bac depuis le lancement… jusqu’aux deux premiers échecs cet été.

« La région avait été ciblée pour un pôle espoirs car il y a bien un important vivier, constate Cécile Locatelli, directrice de cette structure. Depuis l’apparition de ce pôle, qui est une formidable école de la vie, on peut constater que l'équipe de France a remporté trois championnats d’Europe U19, un Euro U17 et a été vice-championne du monde U20. » Pas forcément un hasard.

Quatre clubs de la région figurent en D2

Chaque année à la lutte avec la région Ile de France en termes de nombre de licenciées, la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes a vu son total augmenter de près de 80 % entre 2015 et 2018 (de 12.093 à 21.585). Si l’OL est le seul club de la région dans l’élite, Yzeure, Croix de Savoie Ambilly, Grenoble et l’ASSE sont tous en D2. Ces deux derniers, professionnels chez les garçons, développent en profondeur leur section féminine.

« Nous avons au total dix équipes [140 licenciées] à partir des U7 et nous nous appuyons sur une structure d’école de football et une section sportive au collège et au lycée, explique Jérôme Bonnet, entraîneur de l’équipe de D2 stéphanoise. Nous tendons vers le haut niveau comme les garçons avec par exemple cinq entraînements par semaine pour les U18 et U19. »

Amélie Delabre, internationale U20 et aujourd'hui attaquante du FC Metz (D1), est l'une des belles réussites du pôle espoirs de Vaulx-en-Velin.
Amélie Delabre, internationale U20 et aujourd'hui attaquante du FC Metz (D1), est l'une des belles réussites du pôle espoirs de Vaulx-en-Velin. - Photo Ligue Auvergne-Rhône-Alpes de Football

Le GF38 récupère des jeunes joueuses bloquées à l’OL

Préférant refuser des joueuses « afin de privilégier l'aspect qualitatif », la formation de l’ASSE comptait la saison passée huit filles régulièrement retenues dans les différentes sélections de jeunes de l’équipe de France, comme Mylène Chavas et Coralie Digonnet (U20), ou encore Candice Gherbi (France B). Au Grenoble Football 38 (ex-Claix de 2010 à 2016), qui a frôlé l’accession en D1 au printemps 2017, une vingtaine de lycéennes sont également internes dans une section sportive, avec quatre séances hebdomadaires. Et avec un constat lié à la proximité de l’ogre lyonnais.

« Il est fréquent que des jeunes joueuses quittent l’OL pour nous rejoindre car elles manquent de temps de jeu là-bas, remarque Nicolas Bach, entraîneur de l’équipe première et directeur sportif de la section féminine. C’est arrivé avec Aminata Diallo [au PSG depuis 2016] puis Julie Piga. » Le club isérois espère aussi dans un futur proche « des retombées de la Coupe du monde féminine ». Et ce d’autant que le Stade des Alpes accueillera quatre matchs du Mondial, dont un huitième de finale. Avant que l’inévitable Parc OL de Décines n’entre en scène pour les deux demies et la finale de la compétition, en juillet 2019.

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