Football: «On a plus de candidates!» La Coupe du monde booste le foot féminin

FOOTBALL L’effet d’entraînement suscité par la Coupe du monde fonctionne aussi chez les (petites) filles. Les clubs féminins marseillais connaissent une forte demande en cette rentrée 2018…

Jean Saint-Marc

— 

Des petites filles participent à leur premier entraînement de football.
Des petites filles participent à leur premier entraînement de football. — J. Saint-Marc / 20 Minutes
  • A Marseille, les clubs de football féminin constatent une recrudescence des inscriptions grâce à la Coupe du monde de cet été et avant la Coupe du monde féminine, l’été prochain.
  • La section féminine de l’OM a même le luxe de refuser certaines candidates : il y a plus de demandes que de places au club.

Quatre-vingt-un, quatre-vingt-deux… Les licences s’empilent sur le bureau de Claude Cocchi, présidente du FA Marseille Féminin. « Et on n’a pas encore commencé les ados, lance-t-elle. On a tellement de demandes qu’on va faire une deuxième équipe chez les U15 ! » Pour son club, c’est la rentrée, et c’est un peu la folie, deux mois après la victoire des Bleus à la Coupe du monde.

Entre deux licences, Claude Cocchi lance l’entraînement des « petitounes » (sic), qui n’ont pas cinq ans. Elle rassure aussi les parents qui viennent inscrire leur progéniture pour la première fois. Comme Amélie et Hugues, dont la petite fille de 10 ans vient d’être recalée d’un club de foot mixte, « parce qu’elle ne jouait pas assez bien. » Soupir de Claude et grande exclamation : « Ne vous inquiétez pas, ici, on ne forme pas des internationales. Enfin si, mais une toutes les dix ans ! »

« Montrer aux garçons que je suis aussi forte »

C’est avec Claude que Louisa Necib a commencé le football… Mais le nom de l’internationale marseillaise n’évoque pas grand-chose, disons-le, sur le terrain. Maillots du Barça, de l’équipe de France ou de l’OM sur le dos, les petites enchaînent les exercices sans ballon : « c’est vachement plus facile qu’avec ! » Nour, 11 ans et demi, nous avoue ne pas beaucoup suivre le foot féminin à la télé. Si elle s’est inscrite cette année, « c’est pour montrer aux garçons à la récré que je suis aussi forte qu’eux ! » C’est aussi parce qu’elle s’est passionnée pour les exploits d’Mbappé et consorts cet été.

Même effet Coupe du monde chez les adultes : « On a plus de candidates que d’habitude, on a beaucoup de débutantes qui se lancent ! Cette année, sur un groupe de trente joueuses, on a une dizaine de nouvelles. Contre deux ou trois l’an dernier », confirme Jean-Pascal Lopez, entraîneur de l’équipe féminine du SMUC (Stade Marseillais Université Club).

La section féminine de l’OM « aura le choix »

Il vient d’accueillir dans son équipe Marion, éducatrice spécialisée qui fête ses 29 ans :

Je jouais quand j’étais petite, et je me suis dit : “Mais pourquoi tu as arrêté ? Tu adorais ça, en fait !” Voir autant de foot avec la Coupe du monde, c’est sûr que ça m’a remis cette idée dans la tête. Mais bon, à Marseille… Rien que la ville te donne envie de jouer au foot ! »

« Le foot, c’est dans l’ADN de Marseille… Comme le pastis et la mer », se marre Marie, venue accompagner sa fille à son premier entraînement (arrosé à l’eau fraîche, précisons-le). C’était, ce mercredi, un jour de découverte dans pas mal de clubs marseillais… Y compris à l’OM, dont la section féminine organisait une journée portes ouvertes, sous l’œil de la capitaine de l’équipe senior Caroline Pizzala.

Si dans le passé, il n’y a parfois eu que « cinq ou six candidates », ce n’est plus le cas désormais : « On a de plus en plus de demandes, donc on peut faire des choix en fonction de nos besoins sur chaque génération, se réjouit Caroline Pizzala. Il y aura des déçues, c’est sûr, mais on les orientera vers d’autres clubs ! Tout le monde pourra jouer au foot cette année ! » Il y a une vingtaine d’équipes qui accueillent des filles dans la région de Marseille… Loin d’être sinistrée, contrairement aux Alpes-Maritimes, qui ne comptent aucune équipe de haut niveau.

>> A lire aussi : Pourquoi la Côte d'Azur n'aime pas le football féminin?

>> A lire aussi : FC Nantes: Pour la section féminine, jusqu'ici tout va (très) bien, mais...