Nice: Pourquoi la Côte d'Azur n'aime pas le football féminin?

FOOTBALL Les Alpes-Maritimes ne comptent aucune équipe féminine évoluant en D1 ou en D2…

Mathilde Frénois

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Joueuses de football, illustration.
Joueuses de football, illustration. — FREY MELANIE/SIPA
  • Le district compte près de 1.200 femmes soit 6 % de l’ensemble des licenciés, un taux un peu en dessous de la moyenne nationale.
  • Et aucune Azuréenne ne joue à haut niveau.

Où sont les femmes ? A priori, pas sur les terrains de football de la Côte d’Azur. Les Alpes-Maritimes ne comptent aucune équipe féminine évoluant en D1 ou en D2. Pour trouver les premières joueuses de haut niveau, il faut sortir du département, traverser le Var et aller jusqu’à… Marseille.

Le district compte près de 1.200 femmes soit 6 % de l’ensemble des licenciés, un taux un peu en dessous de la moyenne nationale. « L’intégration des filles est assez disparate, explique Laurence Antimi-Loppin présidente de commission de développement du football féminin​ et de féminisation auprès du district Côte d’Azur. Certains clubs ont des sections féminines, d’autres ont seulement une équipe dans le club. Parfois, les filles sont intégrées à des équipes de garçons. »

« La culture du sud est assez macho »

Et aucune Azuréenne ne joue à haut niveau. « Il y a plusieurs raisons. Il ne faut pas se mentir, la culture du sud est assez macho. Surtout lorsqu’il s’agit d’un sport comme le foot hyperconnoté masculin en France. Culturellement, ça ne fait que dix ans que le foot féminin s’inscrit dans le paysage, pointe Laurence Antimi-Loppin. Il faut du temps pour que ça s’installe et pour que la base de joueuse soit plus importante. Car en ce moment, la masse n’est pas suffisante pour sélectionner des filles et aller haut niveau. »

Maéva Percepusse est arbitre de football en ligue. Chaque week-end, elle siffle des matchs U19 garçons et seniors filles D2 et DH. Elle jouait aussi dans les rangs de l’AS Cannes. « C’est vrai qu’il nous manque un [ou plusieurs même !] club à haut niveau. A part Marseille, et ce n’est pas chez nous, il n’y en a pas, regrette-t-elle. On voit trop le foot comme un sport professionnel masculin. Alors que les féminines font de super prestations. C’est un jeu différent. J’aime arbitrer un match féminin car l’analyse de jeu est différente. Pour l’égalité des sexes, ce serait bien que les filles accèdent au haut niveau. Et puis ça permettrait de faire adhérer plus de personnes au foot. »

Des matchs internationaux à Nice

Pas de foot féminin de haut niveau sur la Côte d’Azur donc, mais des matchs au sommet. Le 10 novembre, l’équipe de France féminine recevra le Brésil à l’Allianz Riviera. En juin, six matchs (sur 52) de la Coupe du monde féminine de football se joueront à Nice. « On compte là-dessus. C’est une occasion de mettre en lumière le foot au féminin, d’attirer les projecteurs des médias et l’attention des collectivités », affirme Laurence Antimi-Loppin. Car sur la Côte d’Azur, le ballon rond féminin se confronte à des problèmes récurrents de manque d’infrastructure, d’une sous-dotation en terrains, en équipements, en vestiaires…

« C’est un défi, il y a tout à faire, reconnaît-elle. Il y a encore pas mal de dirigeants qui pensent que ce n’est pas un sport pour les filles. Mais ils ne le disent plus ouvertement. » Pour mettre un coup d’accélérateur au haut niveau féminin, le district a mis en place en septembre 2017 une commission pour « créer un réseau du foot féminin » et « fédérer les projets ». C’est d’ailleurs une femme, Laurence Antimi-Loppin, qui a été nommée à sa tête. Elle a pour mission de structurer, donner des moyens, dynamiser, mutualiser, faire connaître et communiquer autour de la pratique. Car certains clubs sont tout proches d’accéder à la D2. La saison dernière, l’OGC Nice a échoué aux barrages pour la… quatrième fois d’affilée.