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La French Tech veut rafler la mise au salon VivaTech qui se tient à Paris

VivaTech : « Ce salon est une petite machine de guerre pour nous », selon la patronne de la French Tech

FRENCH TOUCHLa « French Tech » profitera notamment du salon pour dévoiler le classement de ses futurs champions
C'est officiel, les IA génératives en ont marre qu'on les utilise pour tout et n'importe quoi
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

L'essentiel

  • La 10e édition du salon européen de l’innovation « VivaTech », dont 20 Minutes est partenaire, se tient à Paris du 17 au 20 juin.
  • Portée par l’État, la « French Tech » y aura une place de choix et présentera le NEXT40/120, la cartographie annuelle de nos champions technologiques.
  • Intelligence artificielle, quantique, robotique, cybersécurité, santé, souveraineté énergétique… autant de grands défis à relever.

Coup d’envoi de la 10e édition du salon VivaTech ! Rendez-vous incontournable de l’innovation réunissant des milliers de start-up, le salon qui se tient cette année du 17 au 20 juin* constitue pour la French Tech un levier sans égal. But : valoriser les entreprises nationales qui innovent. Directrice de la Mission French Tech, Julie Huguet revient sur les enjeux de l’écosystème français des start-up, porté par l’État depuis 2013 pour les aider à se développer et à rayonner.

Que représente le salon VivaTech pour la French Tech ?

C’est un salon essentiel, une vitrine exceptionnelle pour la France, qui fait rayonner le pays toute l’année. Sur notre stand où nous mettons en avant différentes start-up, nous recevrons une centaine de délégations qui ont des besoins très ciblés et que l’on orientera. C’est donc une petite machine de guerre pour nous. Nous y ferons plusieurs annonces, dont celle de la promotion 2026 de notre classement Next40/120.

En quoi consiste ce classement ?

Lancé il y a sept ans, il s’agit du classement des 120 start-up françaises qui ont le potentiel pour devenir de véritables championnes. Jusqu’à l’an passé, elles étaient retenues car économiquement les plus avancées. On avait donc d’un côté les 120 les plus performantes composant le French Tech 120 et de l’autre, le Next 40, avec, issues des 120, les 20 plus importantes pour leurs levées de fonds et les 20 plus importantes pour leurs revenus.

Ce classement évolue, avec des critères de sélection d’entrée pour les 120, comme le nombre de brevets déposés, de sites industriels… De son côté, le Next 40 repose maintenant sur le choix d’un jury qui va sélectionner des entreprises qui ne sont pas forcément les plus grosses des 120, mais qui ont le potentiel de devenir des géants tout en créant de la valeur pour la France. Soit en aidant d’autres entreprises à être plus compétitives, soit parce que leurs solutions servent le bien commun et aident à résoudre des enjeux de société forts, comme autour de la santé.

Les raisons de ces changements ?

On voit émerger une nouvelle génération de start-up de taille déjà significative. Ce sont les deep tech, à l’origine de ces innovations de rupture dans des secteurs clé, comme l’intelligence artificielle, la robotique, le quantique, la cybersécurité. Autant de briques technologiques dont on a besoin pour créer des applications dans des domaines comme la santé, la défense ou l’éducation. Il était important de les distinguer. Nous voulons diriger l’innovation vers de l’utilité publique, de l’utilité pour le citoyen. Nous jouons aussi ce rôle-là en tant qu’État !

Que retenir de la promotion 2026 ?

Il y a 24 nouveaux entrants et 24 sortants. Sur l’IA, qui est un secteur qui est très regardé, AMI Labs, entre grâce à sa levée de fonds record de près d’un milliard d’euros. On a aussi H-Compagny, qui travaille sur l’utilisation des ordinateurs de manière autonome. Citons Mistral, qui était Next 40 et qui le reste, ou Gradium qui travaille sur l’IA vocale. Et il y a ces entreprises orientées vers le bien commun, comme Hublo, qui propose un outil de gestion de ressources humaines pour les hôpitaux. Parmi les petits nouveaux, on a Aura Aero qui développe des avions électriques. Et si l’on parle informatique quantique, Qobly fait son arrivée dans le Next 40 de par son développement et sa récente levée de fonds de 115 millions d’euros.



Que représente aujourd’hui la French Tech ?

18.000 start-up françaises sur l’ensemble du territoire, tous secteurs confondus, qui créent à peu près 450.000 emplois directs (1,4 million en intégrant les emplois indirects). C’est l’équivalent du nombre d’emplois dans le secteur de l’automobile. Résultat, les entreprises du Next 40/120 représentent 10 % du nombre d’emplois créés par les start-up en France. Ce sont donc de vraies locomotives !

Le coq français, emblème de la «Frech Tech».
Le coq français, emblème de la «Frech Tech». - French Tech

Vous évoquez des entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse pour certaines 100 millions d’euros. Peut-on encore parler de start-up ?

En fait c’est quoi une start-up ? Une entreprise qui a le potentiel de devenir rapidement un leader international. À quel moment peut-on dire que l’on n’est plus une start-up ? Celui où on entre en Bourse ? Celui où on revend, où l’on est leader sur plusieurs marchés ? En fait, ce que l’on retient, c’est d’avoir une croissance suffisante, que l’on arrête les processus de croissance et que l’on a moins besoin d’investissement. Ce chemin est très rapide aux Etats-Unis où des entreprises qui n’ont que 2 ou 3 ans sont cotées au Nasdaq. En revanche, pour nous la France, cette trajectoire est beaucoup plus longue : 10 à 15 ans pour atteindre une taille similaire.

Qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans la French Tech ?

Pour moi, le frein, c’est l’international. Si on veut créer des champions de taille suffisante pour être en compétition avec des leaders américains qui, eux, arrivent tout de suite sur un plus gros marché, il faut que les start-up françaises aillent chercher des marchés à l’international beaucoup plus rapidement. Cette année, on constate que seulement 38 % du chiffre d’affaires de la promotion est réalisé à l’étranger. On doit vraiment renforcer cette brique internationale.

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Les échéances électorales 2027 peuvent-elles rebattre les cartes au niveau de la French Tech ?

Je me pose la question depuis ma prise de poste il y a dix-huit mois. 2027, c’est demain. Il nous faut transformer notre communication pour montrer qu’en fait, la French Tech, c’est une structure économique qui est essentielle pour nos emplois. Et qu’elle répond aux enjeux de demain. On n’a jamais eu autant besoin de solutions souveraines. La French Tech est donc un enjeu qui nécessite un portage politique. Les futurs leaders de notre pays doivent s’en emparer et concentrer leurs actions dessus : c’est stratégique pour l’économie du pays, pour le bien commun et pour le citoyen !

* à Paris Expo Porte de Versailles, de 8h30 à 18h00 le 17 juin et de 9h00 à 18h00 les 18, 19 et 20 juin.