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La prime pour une médaille olympique, c'est vraiment tout bénéf?

JO 2018: La prime pour une médaille, c'est vraiment tout bénéf?

MONEY MONEYLes athlètes olympiques français touchent plusieurs milliers d'euros pour chacune de leur médaille...
JO 2018: La prime pour une médaille, c'est vraiment tout bénéf ?
Emilie Petit

Emilie Petit

L'essentiel

  • Chaque médaille rapporte à son détenteur une certaine somme.
  • Le montant des primes à la médaille a été fixé par un arrêté ministériel en 2014.
  • Elles sont imposables depuis 2011.
  • Un pourcentage de ces primes doit être reversé à l'encadrement du champion.

Ça envoie du rêve. Non contents de devenir, pendant quelque temps au moins, de véritables super-héros aux yeux du public et de leurs homologues, les athlètes olympiques médaillés aux Jeux de Pyeongchang, en Corée du Sud, repartent également avec un beau petit pactole. Car chaque médaille vaut son pesant d’euros.

Des primes à la médaille sont fixées par arrêté ministériel depuis 2014. Été comme hiver, un champion en or repart avec 50.000 euros en poche, tandis que pour l’argent, il empoche 20.000 euros, et pour le bronze, 13.000 euros.

Mais voilà. De ces coquettes sommes, il faut ensuite déduire un certain pourcentage ne pouvant excéder 50 %. Et oui, il faut bien laisser un « pourboire » au staff et aux Fédérations qui ont tout mis en oeuvre pour que leurs champions se sentent à l’aise, sur les pistes et en dehors.

Et l’État dans tout ça ? S’il est à l’origine du versement de ces primes, il en récupère malgré tout une partie. Car depuis 2011, les primes des médaillés sont soumises à l'impôt sur le revenu. Nombre de champions olympiques ne roulent pourtant pas sur l'or. « Nous vivons pour le sport mais pour la plupart, le sport ne nous fait pas vivre », s’étaient insurgés, en chœur, de nombreux sportifs, dont Renaud Lavillenie et Martin Fourcade, en 2015, dans une tribune « en faveur du statut du sportif de haut niveau ».

Alors l’État français, bon samaritain, a pensé à un système D : l’étalement du paiement de leurs impôts sur quatre ans. Mais attention, si le champion a décidé d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte - donc s’il ne vit plus en France - il ne touchera que 85 % de la prime.

540.000 euros pour 14 médailles

En 2014, à Sotchi, l’État avait finalement dû sortir de ses poches un peu plus de 400.000 euros, sans compter les Jeux paralympiques. Cette année, les athlètes français ont, pour l’heure, déjà remporté un peu plus de 540.000 euros sur 14 médailles, dont celle du relais mixte du biathlon à multiplier par quatre. C’est toujours moins que les 2.833.000 euros des Jeux de Rio en 2016.

Les Jeux d'hiver coûtent donc bien moins cher à l'État français que ceux d'été.