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JO 2018: «Des voleurs crient au vol», le Canada en veut à la France pour la polémique en patinage
PATINAGE•Un éditorialiste estime que la France et le président de sa Fédération Didier Gailhaguet est mal placé pour donner des leçons d'éthique...B.V.
«Ça, c’est le boutte de la chenoutte ! » On sait pas ce que ça veut dire, mais ça a l'air marrant. Tout ça pour dire que les Canadiens sont colère après la polémique autour de la médaille d'or du duo Virtue-Moir en danse sur glace et de la juge canadienne qui aurait sous-noté les Français. Enfin, surtout un Canadien: Réjean Tremblay, légendaire journaliste et éditorialiste, auteur d'une chronique acerbe dans le journal de Québec.
On résume d'abord l'affaire: le duo français Papadakis - Cizeron a terminé derrière les Canadiens, pas vraiment aidé par la notation sévère de la juge canadienne, qui s'avère aussi être la présidente de la Fédération de patinage du pays à la feuille d'érable. Ce qui a fait couiner le président de notre Fédé, Didier Gailhaguet: « Un juge hier qui ne s’est pas comporté correctement en mettant les Français à la huitième place »...
La réaction de Réjean Tremblay est assez savoureuse. Dans cette chronique donc, intitulée des «Voleurs crient au vol», il irone sur « les plus grands tricheurs de l’histoire olympique du patinage artistique, ci-nommés les Français, (qui) accusent une juge canadienne de manquer à l’éthique. V’là que Paris Match, ce grand magazine reconnu pour ses cabanes et ses tipis sur la rue Sainte-Catherine dans ce froid Canada de nos lointains cousins, déchire sa future couverture. Et les autres médias (20 Minutes est dans le coup aussi, forcément) embarquent, évidemment, puisque les Français se font torcher à ces Jeux ».
Il précise sa pensée, rappelant l'une des histoires les plus sombres du sport français, qui avait coûté l'or aux Canadiens Jamie Sale et David Pelletier.
« « Vous en voulez une, une belle histoire de tricherie et de vol ? Je vais vous la raconter, j’étais là. À l’aréna de Salt Lake City, en 2002 et dans le centre de presse principal où on a été littéralement enfermés pendant quatre jours pour débusquer la tricheuse, la juge Marie-Reine Le Gougne et son chef de gang, le président de la fédération française de patinage, Didier Gailhaguet. [...] La tricherie était fabuleusement bien organisée. [...] Un ouragan balaya l’Amérique. Le USA Today, le New York Times, plusieurs médias européens se lancèrent dans une enquête. Pressée de toutes parts, la juge Le Gourgne finit par avouer que son président de fédération, Didier Gailhaguet, avait conclu un marché avec les Russes. Mme Le Gourgne assurait l’or en style libre et les Russes laissaient passer le couple français en danse plus tard dans la semaine. » »
Une remise au point pour arriver à cette conclusion: « Puis, les années suivantes, la Fédération internationale modifia de fonds en comble le système de notation, pour éviter toute tricherie à l’avenir. [...] C’est à cause de ce vol que la médaille de Virtue et Moir est loyale, honnête et protégée. Que les voleurs crient au vol, personne ne va les prendre au sérieux. »
Et paf, dans le bec.


















