JO 2018: La juge canadienne a-t-elle influencé le concours de danse sur glace et donc provoqué la 2e place de Papadakis-Cizeron?

JEUX OLYMPIQUES Les commentateurs de France TV et Didier Gailhaguet ont esquissé les contours d'une nouvelle polémique sur la notation...

Laure Gamaury

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Le couple Papadakis-Cizeron a pris l'argent en danse sur glace.
Le couple Papadakis-Cizeron a pris l'argent en danse sur glace. — Montage photo 20 Minutes

« Avec un juge hier qui ne s’est pas comporté correctement en mettant les Français à la huitième place », Didier Gailhaguet, président de la fédé française des sports de glace contient à grand-peine son ressentiment. Car les Français, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron sont passés à un cheveu, d’autres diront un fil de costume, de l’or olympique ce mardi à Pyeongchang. Et que les notes données par la juge canadienne, Leanna Caron, aussi présidente de Skate Canada, la fédé à la feuille d’érable, sont les plus basses attribuées aux Français en court comme en libre.

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Les notes du programme libre
Les notes du programme libre - Capture d'écran Twitter
Les notes du programme court.
Les notes du programme court. - Capture d'écran Twitter

Alors certes, la note la plus haute et celle la plus basse ne sont pas prises en compte dans le comptage final mais avec ces notes de la juge canadienne, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron perdaient clairement un joker, puisque la juge française, qui avait elle-même un peu « surnoté » le couple tricolore lors du programme court, n'avait pas été tirée au sort pour participer à la notation du programme libre. 

Et donc, la juge canadienne a donné presque sept points de moins sur le programme court aux Français par rapport aux Canadiens, et a donné la note la plus basse sur le programme libre à Papadakis-Cizeron, plus de cinq points derrière Moir-Virtue.

C’est « inadmissible »

Annick Dumont qui commente le patinage sur France TV, trouve « inadmissible » cette situation, qui plus est en compétition olympique. Un point de vue partagé par Katia Krier-Beyer, directrice technique nationale adjointe de la FFSG : « c’est un problème de règlementation, elle avait le droit d’y être. Déontologiquement, nous la France on pense que c’est choquant. Parce qu’elle est juge et partie, mais elle a le droit de le faire. Il n’y a rien dans le règlement qui l’interdise d’être jury. Elle utilise le règlement au bénéfice du Canada. On peut se poser la question, est-ce que c’est vraiment bien déontologiquement que la présidente de la fédé canadienne juge les patineurs canadiens dans une épreuve olympique ». « Le juge américain a été mis face à cette situation et n’a pas accepté » de faire partie du jury, a d'ailleurs précisé Nelson Monfort. La pratique est légale mais niveau éthique et fair-play on repassera donc.

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Avec un écart infime de 0,79 point au final et alors que la juge canadienne est la seule à n’avoir donné aucune note parfaite au couple français sur le programme libre, leur point fort, la polémique autour de la notation ne fait-elle que commencer ? 

« Les Canadiens ont très bien joué la chose, on voit bien qu’ils sont en fin de parcours mais ils se sont vraiment très, très, bien vendus. Ils ont un style qui est grand public. Nous on a joué sur un autre style musical, chorégraphique. Et puis des lignes aussi, que nous avons superbes », a encore commenté Didier Gailhaguet. « Il y a un peu un conflit d'intérêts quand on sait qu’une médaille olympique ça peut ouvrir des portes et apporter des financements à une fédération et savoir qu’une personne qui est présidente de cette fédération est aussi juge de la compétition, voilà », abonde Katia Krier-Beyer. Pas vraiment de quoi apaiser les esprits.