VIDEO. JO 2018: De la galère à la médaille olympique... Marie Martinod offre un beau cadeau à ses sponsors

JEUX OLYMPIQUES La belle histoire ! Marie Martinod remporte l'argent, quatre ans après Sotchi, et après avoir connu pas mal de galères, notamment de sponsors...

Jean Saint-Marc

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Marie Martinod dans l'aire d'arrivée.
Marie Martinod dans l'aire d'arrivée. — SIPA
  • Marie Martinod a remporté l'argent olympique sur l'épreuve de ski halpipe, derrière l'intouchable Canadienne Cassie Sharpe.
  • Comme de très nombreux skieurs, elle a profité de ce moment de gloire télévisuelle pour exposer la marque de ski qui l'équipe. 

De l’un de nos envoyés spéciaux à Pyeongchang,

Ça ne va pas plaire au CIO. Mais Marie Martinod n’en a rien à foutre. Dans l’aire d’arrivée, la très détendue skieuse halfpipe tient ses deux skis autour de sa tête, avec la marque de son sponsor bien en évidence. Tous les skieurs le font. Mais ça n'a pas tout à fait le même sens pour Marie Martinod : son équipementier, la «Fabrique du ski», est une petite entreprise savoyarde, pas une gigantesque firme partenaire des Jeux.

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« On ne finance pas Marie, on lui fabrique des skis, qu’on commercialise ensuite, et c’est tout, ça se limite à ça », raconte à 20 Minutes Christian Alary, fondateur de la toute petite PME (deux salariés). On était un peu embarrassé de le déranger au téléphone à 5 heures du mat', heure française, mais on se doutait bien qu’il serait devant sa télé. « J’ai même versé ma petite larme », sourit l’entrepreneur.

La mode de la « freerando »

Pendant ce temps, Marie Martinod exultait, en zone mixte, balançant punchline sur punchline. Elle était plus calme, quand on avait discuté ensemble, à son arrivée à Pyeongchang. Plus calme, mais tout aussi bonne cliente, même pour parler de l’économie de son sport :

« Ce ne sont plus les marques de ski qui me font vivre… En fait, c'est plutôt l'inverse, c'est moi qui les aide ! J’ai perdu mes sponsors il y a deux ans. Ma saison est en quasi-totalité financée par une grande surface qui a ouvert chez moi, à La Plagne. Donc rien à voir ! Je ne pourrais pas faire mes saisons si je comptais sur les marques du ski. Ils n’ont plus un rond ! C’est pour ça que j’essaye de leur apporter de la visibilité quand je peux… »

Tout ça parce que « le ski freestyle s’est cassé la gueule », estime-t-elle. En montagne, les pratiquants désertent les pipe et les snowparks (où l’on fait des figures plus ou moins acrobatiques) pour se lancer dans les grands espaces blancs, en hors-piste. « Ce qui botte les gens, c’est plutôt le freerando, alors le marketing du ski s’est tourné vers ça », conclut Marie Martinod. Et pas sûr qu’une médaille olympique les fasse changer d’avis…