Lyon: Fekir, Aouar, solidité défensive, Genesio... Comment l'OL s'est métamorphosé depuis un mois

FOOTBALL A l’image du derby survolé dimanche (0-5), les Lyonnais viennent d’enchaîner six succès consécutifs...

Jérémy Laugier

— 

Les Lyonnais célèbrent le but de Bertrand Traoré, dimanche dans le derby. PHILIPPE DESMAZES
Les Lyonnais célèbrent le but de Bertrand Traoré, dimanche dans le derby. PHILIPPE DESMAZES — AFP
  • Après un énième match nul concédé à Angers (3-3) le 1er octobre, l’OL (alors 8e en Ligue 1) semblait bien mal en point.
  • Dos au mur, les Lyonnais ont depuis enchaîné six succès de rang, dont un triomphal derby dans le Chaudron (0-5).
  • « 20 Minutes » se penche sur les raisons majeures du spectaculaire renouveau des hommes de Bruno Genesio.

Un coup de pression et ça repart ? « On fera le point après le derby », annonçait il y a tout juste un mois Jean-Michel Aulas au sujet de la situation de son entraîneur, après un intriguant nul (3-3) à Angers synonyme de 8e place en Ligue 1. Comment l’OL de Bruno Genesio a-t-il pu à ce point se redresser (3e à trois points de Monaco), à l’image d’un incroyable derby (0-5) dimanche ? Voici six explications clés pour autant de victoires consécutives depuis le match d’Angers.

>> A lire aussi : «On sera là où on veut être avec ou sans Bruno Genesio»… Aulas annonce qu’il fera le point «après le derby»

>> Nabil Fekir ce génie. Le phénoménal niveau actuel de Nabil Fekir, auteur de trois doublés en Ligue 1 depuis la victoire qu’il arrachée à lui tout seul contre Monaco (3-2), est forcément la raison de l’embellie lyonnaise la plus frappante. Virevoltant leader technique, il entraîne tout un collectif dans son sillage d’international. Et ce tel un véritable capitaine qu’il devient de plus en plus.

Il ne lui manque que trois buts pour atteindre son meilleur total (15), lors d’une saison 2014-2015 qui l’avait couronné meilleur espoir de L1, et nous ne sommes qu’en novembre… Ceci dit, le héros du derby était déjà performant durant les deux premiers mois de la saison (5 buts et 2 passes décisives).

>> A lire aussi : Pourquoi Nabil Fekir a vraiment retrouvé toute sa «magie» pour de bon

>> Enfin des individualités au service du collectif. La principale différence dans la réussite offensive de l’OL tient dans l’ensemble du quatuor de devant. Parfois sujets à des excès d’individualisme, notamment Memphis Depay et Mariano Diaz, les attaquants lyonnais ont symboliquement tous marqué à Saint-Etienne.

Auteurs de 18 des 19 buts lors de ces six victoires de rang, ils ont prouvé leur volonté de davantage combiner ensemble, à l’image des deux passes décisives de Mariano Diaz dimanche pour Bertrand Traoré puis Nabil Fekir.

>> A lire aussi : Pourquoi Mariano Diaz commence à agacer certains de ses partenaires

>> Houssem Aouar la belle trouvaille. Les suiveurs de l’académie lyonnaise attendaient ce moment depuis très longtemps. En huit titularisations avec son club formateur depuis le 23 septembre (3-3 contre Dijon), Houssem Aouar (19 ans) semble s’être déjà totalement imposé.

Aligné à trois postes différents, le nouvel international espoirs s’est notamment révélé épatant en milieu défensif à Everton (1-2) puis durant le derby, avec à la clé une délicieuse ouverture pour Kenny Tete sur le but de Mariano Diaz. Il a participé à chacune des six victoires de rang lyonnaises, ce qui est tout sauf un hasard.

>> A lire aussi : La hype autour d’Houssem Aouar sera-t-elle la version aboutie du «Bahloulisme»?

>> Un groupe se construit dans l’adversité. Entre le jet de pétard sur Anthony Lopes à Metz, la bagarre avec des spectateurs bastiais, les graves incidents contre Besiktas ou encore la récente échauffourée avec joueurs et supporters d’Everton puis cet envahissement du terrain dans le derby, l’OL a multiplié les épisodes extra-foot rocambolesques depuis un an. Une série noire qui a au moins eu le mérite de resserrer les rangs d’un groupe manquant parfois de solidarité.

>> Une défense enfin solide. Il faut presque se pincer pour se convaincre que l’OL n’a plus concédé de but depuis 381 minutes de jeu. Ces quatre clean sheets consécutifs constituent une drôle de performance pour une équipe qui n’en avait obtenu que deux lors des 12 rencontres précédentes.

Cette nouvelle solidité s’explique à la fois par la sérénité dégagée par l’axe titulaire Jérémy Morel-Marcelo, l’habile turnover effectué entre les quatre latéraux, et là aussi une implication collective en nets progrès.

>> A lire aussi : «A l’époque, notre défense faisait peur aux adversaires»... L’OL a-t-il déjà été à ce point flippant derrière?

>> Bruno Genesio de plus en plus inspiré. Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas accorder une vraie responsabilité à l’entraîneur lyonnais dans cette belle série. S’il a tardé à pleinement lancer Houssem Aouar dans l’élite ou à mettre dans les meilleures conditions son maître à jouer Nabil Fekir, il a très largement rectifié le tir dans les deux cas depuis quelques semaines.

Sa gestion de Memphis Depay, écarté contre Dijon et remplaçant face à Monaco, s’est révélée bénéfique tant le Néerlandais montre désormais un visage bien plus impliqué et efficace (5 buts sur les 4 derniers matchs). La mise sous pression du président Aulas a donc fait du bien à tout le monde, y compris à Bruno Genesio.