Lyon: «A l’époque, notre défense faisait peur aux adversaires»... L’OL a-t-il déjà été à ce point flippant derrière?

FOOTBALL Après neuf journées, l’OL ne compte que la 14e défense de Ligue 1 avec déjà quinze buts encaissés…

Jérémy Laugier

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Lucas Tousart et Jérémy Morel, ici face au PSG de Kylian Mbappé, sont deux pièces maîtresse de l'organisation défensive de l'OL cette saison.
Lucas Tousart et Jérémy Morel, ici face au PSG de Kylian Mbappé, sont deux pièces maîtresse de l'organisation défensive de l'OL cette saison. — Francois Mori/AP/SIPA
  • Depuis ses sept titres de champion dans les années 2000, l’OL semble se chercher une défense performante.
  • Jamais depuis 28 ans l’équipe lyonnaise n’a présenté un bilan défensif aussi médiocre après neuf journées de Ligue 1, ce qui pose forcément question.

Entre Bakary Koné, Pape Diakhaté, Miguel Lopes, Dejan Lovren ou Cleber Anderson, l’OL n’a pas eu que des défenseurs très rassurants durant les 28 dernières années. Jamais pourtant depuis 1989 les Lyonnais n’avaient encaissé autant de buts après 9 journées de Ligue 1. A savoir 15, soit 1,7 but de moyenne par match, avec seulement deux « clean sheets » à la clé. La défense actuelle (14e en L1), qui passera un nouveau test jeudi (21h05) en Ligue Europa face à Everton, est-elle donc l’une des pires de l’histoire du club ?

« Cette défense ne m’inquiète pas outre mesure, estime Philippe Violeau, milieu de terrain lors des deux premiers championnats remportés par l’OL. Je ne repère pas de grosses défaillances individuelles mais plutôt une responsabilité collective. Cette situation nécessite une prise de conscience et de la rigueur de tous les joueurs. Mais on sait comment ça se passe, c’est souvent la défense qui prend tout dans la gueule. »

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Un premier but « symptomatique » contre l’AS Monaco

Malgré la victoire (3-2), ce déclic n’a pas vraiment eu lieu contre Monaco vendredi. « Le premier but encaissé est symptomatique, avec les deux axiaux se laissant aspirer et Ferland Mendy qui manque de réactivité pour provoquer le hors-jeu de Rony Lopes », remarque Jean-Marc Chanelet, latéral lyonnais de 2000 à 2003. Les profils surtout offensifs de Ferland Mendy et Rafael, et à un degré moindre de Kenny Tete et de Fernando Marçal, expliquent en partie la fragilité de cet OL.

« Les joueurs de couloir doivent selon moi faire bien plus et avoir en tête que la vocation première d’un défenseur est par définition de défendre, souligne Philippe Violeau. Vu leur registre, il ne faut pas s’étonner de gagner d’un côté du terrain mais de perdre de l’autre. » Même à l’époque de l’ultra domination lyonnaise sur la Ligue 1, l’ancien milieu défensif lyonnais garde le souvenir d’une rigueur collective de tous les instants.

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« Je rameutais sans arrêt les attaquants et les milieux »

« Il n’y a que Sonny Anderson à qui on permettait parfois de faire un peu moins d’efforts, indique-t-il. Mais personnellement, je rameutais sans arrêt les attaquants et les milieux pour qu’ils nous aident. Peut-être qu’aujourd’hui, Lucas Tousart n’ose pas avoir ce rôle-là en raison de son jeune âge. » Jean-Marc Chanelet voit dans la charnière centrale titulaire Marcelo-Morel (encore absent jeudi à Liverpool) « de bons joueurs individuellement mais qui ne jouent par la même partition en même temps ».

Et ce malgré l’apport de Claudio Caçapa, actuel entraîneur de la défense et ancienne figure majeure des six premiers sacres de l’OL des années 2000. « A notre époque, nos trois Brésiliens [Edmilson, Caçapa et Cris] faisaient peur aux adversaires, sourit l’ex-latéral également passé par le FC Nantes. Entre nous, on se donnait toujours comme challenge de ne pas prendre de but. » Et si cet état d’esprit revenait au goût du jour à Lyon ?

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