OL: La hype autour d’Houssem Aouar sera-t-elle la version aboutie du «Bahloulisme»?

FOOTBALL Révélation des trois dernières victoires lyonnaises, Houssem Aouar (19 ans) est le joueur formé au club le plus attendu par les supporters depuis Farès Bahlouli...

Jérémy Laugier

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Houssem Aouar au cours du match de Ligue Europa à Everton la semaine passée, et Fares Bahlouli lors d'une de ses rares apparitions avec l'OL, en août 2014 contre Toulouse.
Houssem Aouar au cours du match de Ligue Europa à Everton la semaine passée, et Fares Bahlouli lors d'une de ses rares apparitions avec l'OL, en août 2014 contre Toulouse. — McNulty/JMP/Shutterstoc/SIPA & Pascal Pavani/AFP
  • En seulement trois titularisations convaincantes de rang (Monaco, Everton, Troyes), Houssem Aouar vient de s’imposer comme une pièce maîtresse du renouveau lyonnais.
  • De nombreux supporters très actifs sur les réseaux sociaux ne sont vraiment pas surpris par l’éclosion d’une pépite extrêmement attendue depuis la catégorie U17.
  • SI les profils sont assez différents, l’effervescence autour d’Houssem Aouar depuis trois ans rappelle celle ayant entouré l’actuel milieu de terrain lillois Farès Bahlouli, qui n’a jamais réussi à percer dans son club formateur entre 2013 et 2015.

Du haut de ses 19 ans, Houssem Aouar incarne mieux que quiconque la bonne dynamique de l’OL. Si le timide milieu de terrain s’est révélé épatant à différents postes lors des trois succès de rang (Monaco, Everton, Troyes), il n’a pas du tout surpris ses soutiens de longue date. A savoir ces nombreux amateurs de l’académie lyonnaise, qui alimentent depuis trois ans la hype Aouar avec presque autant de ferveur que pour Farès Bahlouli lors de ses débuts professionnels.

« Oui, je pense qu’Houssem est le joueur formé chez nous dont on attend le plus depuis Farès, confirme Olivier, qui s’occupe du compte Gone Académie sur Twitter. Ça n’efface pas la déception de ne pas avoir vu Farès réussir à Lyon mais c’est vraiment un plaisir d’enfin profiter en Ligue 1 d’un joueur avec autant de classe sur le terrain. »

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« On parle d’Houssem de façon insistante depuis qu’il a 15 ans »

Celui-ci garde en tête « ses nombreux rushs avec les U17 en partant du milieu de terrain avant de dribbler plusieurs joueurs, souvent avec des feintes de corps et des crochets ». Une qualité technique qui n’a pas mis longtemps à sauter aux yeux dans l’élite puisque le joueur a déjà réussi 18 dribbles en moins de 300 minutes de L1, dont un petit pont assez délicieux dimanche en pleine surface troyenne. « Dans les catégories jeunes, on a plutôt tendance à voir des golgoths dominer les débats et on a vu débarquer ce joueur frêle, soyeux et technique », s’enthousiasme Cyprien (30 ans).

Houssem Aouar, ici en octobre 2016 à Décines lors d'une défaite en Youth League (U19) face à la Juventus.
Houssem Aouar, ici en octobre 2016 à Décines lors d'une défaite en Youth League (U19) face à la Juventus. - Jérémy Laugier/20 Minutes

Un véritable coup de foudre qui n’est donc pas sans rappeler celui ayant entouré l’actuel Lillois Farès Bahlouli (22 ans), au-delà du registre bien plus soliste de ce dernier. « Ça m’aurait fait ch… qu’Houssem ne réussisse pas à l’OL comme Farès [10 matchs en L1 et aucun but entre 2013 et 2015], lâche Dylan (20 ans), lui aussi sous le charme du numéro 8 lyonnais. Ne pas avoir vu exploser Farès reste une énorme frustration. D’ailleurs, j’attends toujours qu’il se révèle pour que les gens sachent. Houssem, c’est un peu notre nouvelle perle et on en parle de façon insistante depuis qu’il a 15 ans. »

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« On passera moins pour une secte »

Presque un euphémisme quand on sait comment des Lyonnais ont déjà forcé sur Farès Bahlouli, notamment à partir d’un best of en février 2014 pour un sommet… de CFA à Vesoul vu plus de 14.000 fois sur Youtube. Impulsé par le site Le Libéro Lyon, un détournement d’anthologie de La Tendresse de Bourvil connaîtra le même succès en décembre 2014, quelques mois avant son départ pour Monaco.

« A l’époque, même ceux qui ne l’avaient jamais vu jouer s’enflammaient, reconnaît Dylan. Ce côté ''Bahloulisme'' avait pris des proportions qui ont forcément desservi le joueur. » Un sentiment partagé par Cyprien : « Farès avait plus de détracteurs du fait de son implication, de son surpoids et de son individualisme. Là, Houssem Aouar est plus consensuel. On aura moins à se battre pour prouver son talent et on passera moins pour une secte. Mais depuis trois ans, je soûle quasiment autant mes potes avec lui qu’avec Farès. Et ils viennent de voir pourquoi. »

« ''L’Aouarisme'' est une branche du ''Bahloulisme'' »

En seulement un mois et cinq titularisations, Houssem Aouar a en effet prouvé qu’il pouvait être une version aboutie de Farès Bahlouli dans l’élite. « ''L’Aouarisme'' est une branche du ''Bahloulisme'' », sourit Olivier qui voit des caractéristiques communes entre le jeune milieu lyonnais et Andres Iniesta ou Yoann Gourcuff. « En tout cas, ça montre déjà que ceux qui le suivent depuis longtemps ne s’étaient pas trompés sur lui et qu’ils n’en font pas trop sur les joueurs de l’académie », insiste Dylan, qui a vu pour la première fois Houssem Aouar de ses propres yeux lors d’un OL-Sedan U19 « qu’il avait illuminé ».

Trois ans après celle de Nabil Fekir, cette éclosion met en exergue l’attachement des jeunes supporters à leur « formidable académie ». « Par rapport à un joueur recruté, ça a toujours une saveur spéciale de voir un jeune formé ici réussir. Nous avons envie de le suivre durant toute sa carrière, à Lyon puis dans un grand club s’il part. C’est une fierté pour tout le monde », explique Franck (21 ans), spécialiste des montages des meilleures actions d’Houssem Aouar sur Youtube depuis la catégorie U19.

Des twittos qualifiés de « Café du commerce » par Jean-Michel Aulas

« C’est un Lyonnais pur souche qu’on a vu grandir et quasi aucun autre club en France ne connaît cette excitation de voir un gars du cru percer comme il risque de le faire et comme l’a fait Nabil avant lui, confirme Cyprien. Mais c’est vrai que pour lui, il y a encore plus d’attente et de hype que pour Nabil. En plus, ça fait des mois qu’on le réclame dans l’équipe A et c’est un peu jouissif de voir des détracteurs retourner leurs vestes. »

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Car « Bahloulistes » comme « Aouaristes » (qui sont donc souvent les deux) ne manquent pas de jouer les poils à gratter sur Twitter, où ils sont qualifiés de « Café du commerce » par Jean-Michel Aulas. « Depuis qu’Houssem joue, j’ai hâte de le revoir à chaque fois, confie Dylan. C’est un peu le rayon de soleil qui perce à travers les nuages dans cette période où l’OL n’est pas très plaisant à voir jouer. » « L’Aouarisme » est donc aussi visiblement un courant poétique.