Carte bancaire: Peu pratique et peu sécurisée, la bande magnétique va bientôt disparaître

BANQUE Masterclass annonce la fin des bandes magnétiques sur les cartes bancaires d’ici 2033, et même 2024 en Europe

Etienne Froment pour 20 Minutes
— 
Cartes bancaires: pourquoi la bande magnétique est mise à la retraite
Cartes bancaires: pourquoi la bande magnétique est mise à la retraite — Geeko

MasterCard a annoncé en août vouloir retirer la carte bancaire à bande magnétique de la circulation en 2033. En même temps, la bande magnétique présente sur les cartes bancaires ne sert plus aujourd’hui, du moins en Europe, où elle devrait même avoir totalement disparu d’ici 2024.

Créée à la fin des années 1960 par le géant de l’informatique IBM, la carte à bande magnétique s’est très vite imposée comme le nouveau standard dans l’Amérique des années 1970. « Leur gros avantage, c’est qu’elles pouvaient être utilisées dans des terminaux, surtout pour des retraits d’argent, explique Henri Dewaerheijd de MasterCard Belgique. Petit à petit on a pu développer des technologies qui ont fait qu’on a pu lire ces cartes dans des magasins. Et c’est comme ça que la carte moderne est née. »

Comme son nom l’indique, la carte magnétique repose sur l’écriture et la lecture d’une piste magnétique à l’aide d’un petit aimant qui transforme un signal électrique émis par un système électronique, lorsqu’on fait glisser la carte dans un lecteur de carte. Le fameux swipe.

Petite histoire de la carte bancaire

La carte magnétique présente toutefois trois inconvénients. La bande magnétique s’abîme à l’usage, l’utilisateur doit signer ses transactions manuellement et elle est relativement facile à pirater.

Dans les années 1990, la carte à puce débarque ainsi sur le marché. Beaucoup plus sécurisée, elle fonctionne de pair avec un code PIN choisi par l’utilisateur. Certaines informations qui se trouvaient précédemment sur le dos de la carte, sont désormais intégrées à la puce. Le tout est protégé par un système de chiffrage assez sophistiqué. Pour valider une transaction, l’utilisateur doit juste glisser sa carte dans un terminal de paiement et encoder un code PIN. Plus besoin de signature manuscrite donc. « C’est ce qui nous a permis d’éliminer la fraude pour de bon, explique Henri Dewaerheijd. Car les cartes magnétiques avaient la fâcheuse tendance à être régulièrement copiées. Contrairement à une carte à puce, les données ne sont en effet pas invulnérables. Elles sont lisibles et peuvent facilement être copiées. Une technique qui s’appelle le “skimming”. »

Très rapidement, la carte à puce est devenue le modèle dominant. « Aujourd’hui, en Europe, il n’y a plus que ça. Aux Etats-Unis, la transition ne s’est faite qu’il y a dix ans, a-t-il continué. Il fallait toujours mettre ces infos sur les cartes pour les gens qui voyagent aux Etats-Unis. » C’est ce qui explique pourquoi, chez nous aussi, la bande magnétique est toujours présente sur des cartes à puce.

On estime aujourd’hui que 86 % des paiements se font avec une carte à puce. En Europe, Mastercard ne proposera plus de cartes magnétiques à partir de 2024. La transition devrait donc être finalement très rapide.