IBM envisagerait la suppression d'environ un quart de ses effectifs en France

PLAN SOCIAL Les syndicats de salariés français ont réclamé des garanties à la direction, face à l’ampleur de cette restructuration mondiale

20 Minutes avec AFP

— 

Une passante devant le siège d'IBM à New York.
Une passante devant le siège d'IBM à New York. — John Nacion/STAR MAX/IPx/AP/SIPA

Le groupe IBM, géant de l’informatique américain, prépare un plan social d’ampleur inégalée, selon les syndicats. L’entreprise envisagerait de supprimer un quart des effectifs en France dans le cadre d’une restructuration mondiale, soit entre 1.180 et 1.385 postes.

Ce plan, annoncé début novembre en comité européen sans chiffres précis pour la France, est un « PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) mixte, qui doit être présenté officiellement aux organisations syndicales le 16 décembre, avec un plan de départs volontaires mais aussi sans doute des licenciements s’il n’y a pas assez de volontaires », a expliqué à l’AFP Pierry Poquet, délégué syndical central Unsa.

20 % des effectifs en Europe

La CFE-CGC, qui confirme ces informations, a interpellé ce mercredi dans un communiqué la nouvelle présidente d’IBM France, Béatrice Kosowsky, afin de lui « demander des garanties face à l’ampleur des restructurations ». Ces suppressions de postes s’inscrivent dans une restructuration mondiale d’IBM qui touche « plus de 20 % des effectifs en Europe, soit 7.700 personnes », selon l’Unsa, « jusqu’à 25 % », selon la CFE-CGC.

Interrogée par l’AFP, la direction d’IBM France a indiqué que ses « décisions en matière de personnel sont prises afin de fournir le meilleur accompagnement à (ses) clients dans l’adoption d’une plateforme de cloud hybride ouverte et de capacités d’IA [intelligence artificielle] ».

Un transfert des employés vers une « nouvelle structure »

« Cette réduction de près du quart des effectifs va avoir lieu avant la réorganisation majeure annoncée par Arwind Krishna, PDG d’IBM Corp, concernant la scission d’IBM en deux sociétés distinctes d’ici fin 2021 », explique la CFE-CGC. « Cette scission entre d’un côté, NewCo, qui reprendra les activités d’infogérance (service d’infrastructure) et de l’autre, RemainCo, prévoit un transfert d’environ un millier de postes en France vers la nouvelle structure », a expliqué Frank Setruk, délégué syndical central CFE-CGC à l’AFP. Ce qui pourrait conduire, selon lui, à la « réduction de près de 50 % des 5.000 effectifs actuels d’IBM France ».

Pour Pierry Poquet (Unsa), « c’est un changement de stratégie, IBM se sépare de toute l’infogérance, se débarrasse des anciens métiers et des plus vieux salariés (les salariés âgés de plus de 50 ans sont majoritaires en France) pour se focaliser sur les nouveaux (cloud, intelligence artificielle) avec moins de monde, plus jeune ». « La situation pour ceux qui vont rester est également très préoccupante car quels vont être les impacts de ces départs massifs sur leur charge de travail ? Pourront-ils mener à terme leurs missions l’an prochain ? », s’interroge la CFE-CGC.