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Quels sont les meilleurs secteurs pour faire sa reconversion ?

Quels sont les meilleurs secteurs pour faire sa reconversion professionnelle ?

changement de capPour les actifs, la reconversion professionnelle n’est plus l’exception, mais la règle. Quels secteurs offrent aujourd’hui les meilleures perspectives pour un nouveau départ ?
Youssef Zein

Youssef Zein

L'essentiel

  • La reconversion professionnelle est de plus en plus considérée comme une étape normale de carrière, avec 84 % des actifs qui la voient ainsi selon une étude de l’Ifop, marquant la fin de l’idée d’un « job à vie ».
  • Les secteurs en tension comme l’hôtellerie, la sécurité et l’aide à la personne, ainsi que les métiers du numérique et de la transition écologique, offrent des opportunités de reconversion sans nécessairement exiger de longues formations.
  • Les entreprises ont un rôle important à jouer dans l’accompagnement des reconversions professionnelles.

La carrière linéaire tire sa révérence. D’après une étude publiée par l’Ifop à la demande d’Adecco et de l’Association nationale des DRH, la reconversion professionnelle gagne du terrain dans l’esprit des actifs : 84 % d’entre eux considèrent la reconversion comme une étape normale de leurs carrières.

« L’idée d’un job à vie dans la même entreprise est terminée », déclare Eric Gras, spécialiste de l’emploi pour la plateforme de recrutement en ligne Indeed. Une autre étude menée par JobTeaser et l’EDHEC publiée plus tôt dans l'année allait dans le même sens. L'étude était concentrée sur les jeunes travailleurs, mais le représentant d'Indeed précise que ce phénomène n’est pas « qu’une question de génération : il y a une envie générale de changement. Avec le rallongement de la durée de la vie professionnelle, se reconvertir devient presque une nécessité. » Et autant dire que les secteurs qui recrutent ne manquent pas.

Les filières en tension en première ligne

Qui dit reconversion ne dit pas forcément retour sur les bancs. Certains secteurs recrutent sans exiger de longues formations, et misent sur la motivation et les compétences transférables. « Les reconversions les plus accessibles se font sur les postes dits ''cols-bleus'', comme l’hôtellerie, la sécurité, l’aide à la personne ou encore le ménage », détaille Éric Gras. Des métiers souvent en tension, où l’expérience humaine prime sur le diplôme. L’arrêté publié le 21 mai 2025 compile par région l’ensemble de ces professions en pénurie.

Autre voie possible : les métiers manuels et artisanaux. Moins automatisables, ces professions attirent de plus en plus de profils en quête de concret, de savoir-faire, parfois même de sens. « Ce sont souvent des métiers à faible niveau de qualification initial, mais dans lesquels l’entreprise peut accompagner la montée en compétences à moindre coût. »

Tech, transition écologique : nouveaux terrains de jeu

Mais tous les chemins ne mènent pas aux métiers d’exécution. Beaucoup choisissent de bifurquer vers les métiers du numérique ou de la transition écologique. Deux secteurs porteurs, en pleine mutation. Dans une interview accordée au site Rebondir, Jérémy Houstraëte, directeur de l’emploi et des compétences d’EDF, on apprend que le groupe a fait 20.000 recrutements au service de la transition énergétique sur l’année 2024. « On voit beaucoup de profils travailler vers des métiers de la transition écologique après un parcours dans le droit ou le conseil, par exemple », observe le représentant d’Indeed.

Cette évolution du marché est en partie due aux avancées spectaculaires et continues du numérique sur les dernières décennies. Mais là où Internet a tardé à imposer son hégémonie, l’IA générative avance à folle allure : « Dans les années 1990, Internet a mis 10 ans à atteindre 1 milliard d’utilisateurs. ChatGPT a mis 10 mois pour atteindre le même nombre », a expliqué Marc Gomes, président du groupe Adecco, au quotidien Ouest France.

Pas besoin d’un diplôme d’ingénieur pour s’y faire une place. La maîtrise des outils, la curiosité et une bonne dose d’autoformation suffisent souvent à ouvrir des portes. « Sur l’intelligence artificielle, par exemple, savoir "prompter" va devenir une compétence transversale dans tous les métiers tertiaires », note Éric Gras. Une tendance qui ne fait que commencer.

Les entreprises à la manœuvre

Si l’envie de changer vient souvent des salariés, les entreprises ont, elles aussi, un rôle à jouer dans ces reconversions. Pourtant, ce levier semble sous-exploité. Selon l’étude Ifop, les salariés comptent d’abord sur les organismes de formation et les services publics pour les accompagner dans leur reconversion. Les employeurs, eux, n’arrivent qu’en troisième position.

Certaines entreprises, telles qu’Orange, prennent les devants : entretiens de carrière, aides à la reconversion, passage au temps partiel pour développer des projets personnels… Encore en février, la direction et les organisations syndicales de l’entreprise ont signé à l’unanimité un accord sur la gestion de l’emploi et des parcours professionnels pour favoriser ces mues.

« Cette implication dans les reconversions permet de garder les gens engagés, en phase avec leurs envies mais aussi avec leurs capacités physiques et mentales », explique Éric Gras. La question de la fidélisation des salariés devient cruciale, et ce type de politique qui favorise les mutations professionnelles permet de garder les bons éléments. Certains veulent changer de poste, sans pour autant changer de maillot.