Comment cultiver sa « chance » dans le milieu professionnel ?
loterie•Plus de la moitié des actifs pensent que décrocher un bon job relève de la chance. Mais les profils « chanceux » partagent en réalité des comportements bien précisYoussef Zein
L'essentiel
- Une étude d’Actual révèle que 57,8 % des actifs pensent que trouver un bon emploi relève de la chance.
- L’étude identifie trois attitudes clés des « chanceux » : croire en un marché du travail accessible et compréhensible, avoir une posture confiante et proactive (« agentivité »), et rester flexible dans ses aspirations professionnelles.
- Les carrières linéaires sont de plus en plus rares, avec 84 % des actifs considérant la reconversion comme normale, ce qui renforce l’importance de cultiver ces attitudes « chanceuses » pour s’adapter aux changements du marché du travail.
Trouver un bon job relève-t-il du coup de pot ? C’est en tout cas ce que pensent 57,8 % des actifs, selon une étude réalisée au second trimestre par l’EM Normandie pour Actual, un groupe d’agences d’emploi. Le document montre que les profils « chanceux » partagent, justement, de nombreuses similitudes. Actual propose une nouvelle interprétation de la chance. Ici, elle ne repose pas entièrement sur le hasard mais aussi sur la capacité de chacun à « naviguer dans l’incertitude, interpréter des signaux ambigus et transformer les aléas en opportunités », peut-on lire sur l’étude. Autrement dit, l’aptitude du candidat ou du travailleur à forcer sa chance.
Un baromètre produit par la même école et sorti au début de l’année mettait en lumière le manque d’optimisme des actifs quant au marché de l’emploi. Pour Jean Pralong, enseignant-chercheur en relations humaines à l’EM Normandie et directeur de l’étude Actual, ce rapport superstitieux à l’emploi est lié à une conjoncture et des discours peu rassurants : « Le marché du travail est devenu flou, avec des tendances de plus en plus difficiles à lire. On entend dire que l’intelligence artificielle va tout bouleverser, que 80 % des métiers de demain n’existent pas encore… C’est en partie vrai, mais ce discours entretient surtout un climat anxiogène et renforce chez beaucoup l’idée que décrocher un emploi relève désormais de la chance, tant les repères semblent brouillés. »
Les trois clefs de la « chance »
Le document a permis de dégager trois « attitudes », qui seraient le propre des chanceux. Selon l’étude, ces comportements divisent par trois le temps nécessaire pour retrouver un emploi et augmentent de 40 % la satisfaction envers le poste obtenu chez les cadres et les non-cadres.
La première est le fait de croire en un marché du travail « accessible et régi par des règles compréhensibles ». Les personnes qui considèrent le marché comme rationnel sont plus persévérantes et tirent des leçons de leurs essais et échecs. Grosso modo, ceux qui testent, changent, expérimentent… finissent souvent par arriver à leurs fins. Deuxième levier identifié, « l’agentivité » : c’est-à-dire se sentir capable d’agir sur son propre parcours et d’avoir une posture confiante et proactive. Enfin, rester flexible vis-à-vis de ses aspirations professionnelles est le dernier critère relevé.
A ce propos, Jean Pralong considère que « la fameuse “voie toute tracée” est souvent un leurre. On s’imagine qu’on est ''fait'' pour un métier, qu’on a un ''don'', mais c’est rarement le cas. » Le chercheur pense qu’il faut privilégier une approche basée sur les « activités concrètes » : « Il faut savoir se poser les questions des compétences que l’on possède, plutôt que s’attacher à l’intitulé du métier, puis se questionner : “qu’est-ce que je sais faire ? Qu’est-ce que je peux apprendre à faire ?”. »
Des milliers d'offres d'emploi en un clicUn propos qui fait finalement écho aux résultats récemment présentés par l’Ifop, dans une étude publiée le 5 juin. Dans celle-ci, on apprend que désormais 84 % des actifs considèrent la reconversion comme une étape normale de la vie professionnelle. Fini les carrières en lignes droites : elles sont désormais parsemées de bousculements, de changement d’entreprises et de postes, voire de reconversions. Avoir la « chance » avec vous ne sera sûrement pas de trop… Et elle se cultive !



















