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En battant une équipe de caïds argentins, la Roja a sauvé l’honneur du foot

Espagne - Argentine : En battant une équipe de caïds argentins, la Roja a sauvé l’honneur du football

GRACIAS, HERMANOSFace à des Argentins venus pour en découdre sur le terrain sans jamais imaginer jouer au football, l’Espagne a fait honneur à ce sport en remportant la deuxième Coupe du monde de son histoire
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

De notre envoyé spécial à New York,

On ne s’attendait à rien de la part de l’Argentine, que l’on avait vu combattre les Anglais à mains nues quelques jours plus tôt dans une demi-finale plus proche du MMA que du football, mais on a quand même été surpris par cette formidable capacité qu’ont ces joueurs à faire du ballon un accessoire secondaire dans un match. A l’arrivée, au terme de 120 minutes de grand n’importe quoi de leur part, ce n’est pas seulement l’Espagne qui a été sacrée championne du monde dimanche au MetLife Stadium, c’est « le football qui a gagné ».

Et ce n’est pas nous qui le disons mais un esthète de ce sport, en la personne de Toni Kroos, qui dégainait son téléphone au coup de sifflet final pour dire au monde sur les réseaux sociaux ce qu’on s’est tous répétés de New York à Paris, de Madrid à Bombay ou de Cambera à Bourg-la-Reine. Oui, c’est le football qui a gagné, dimanche, contre une équipe dont le premier tir est survenu à la… roulement de tambours… 117E MINUTE DE JEU !

Et c’est donc la seule équipe qui y a joué qui en est sortie la tête haute, quand les Argentins, une nouvelle fois fidèles à leur réputation, celle d’une bande de cogneurs uniquement animés par l’envie de casser de l’Espagnol et de serrer les fesses jusqu’aux tirs au but, n’auront que leurs yeux pour pleurer. Cheh, comme disent les jeunes. Le pire dans tout ça, c’est qu’ils ne sont pas passés loin de mener à bien leur plan maléfique, longtemps maintenus en vie par un Dibu Martinez qui est aussi formidable sur sa ligne qu’il est détestable quand il célèbre une victoire en Coupe du monde.


Enzo Fernandez donne le coup de grâce

Mais après l’exclusion d’Enzo Fernandez juste avant la prolongation (91e), coupable d’avoir découpé Cubarsí après avoir pris un premier carton jaune pour contestation, l’Albiceleste savait que sa fin était proche. Ils auront continué à défendre comme des chiens, parfois proprement mais si peu, la plupart du temps de façon parfaitement ignoble. Mais, en infériorité numérique et après un premier but espagnol signé Nico Williams refusé pour une simulation grossière d’Otamendi, la Roja aura vu la lumière au bout d’une action de grande classe.

Un centre de Pedro Porro déposé au second poteau sur la tête de Williams, dont l’entrée en jeu à 75e aura elle aussi changé la face de cette finale, une remise en retrait de la tête sublime de l’attaquant de l’Athletic et une minasse de Ferran Torres, que de nombreuses sources envoient au PSG cet été, sous la barre de Martinez. Emballé, c’était pesé ma bonne dame.

Dos au mur, les caïds de Buenos Aires tentaient alors soudainement de jouer au ballon et, comme l’Angleterre ou l’Egypte quelques jours plus tôt, la Roja s’est mise à paniquer, totalement flippée à l’idée de voir l’Abiceleste refaire le coup de la remontada et égaliser juste avant les tirs au but. Une séance qui aurait certainement tourné à leur avantage tant Emiliano Martinez semblait en pleine transe ce dimanche.

Au fond, les seuls moments où cette équipe argentine retrouve sa boussole footballistique, c’est quand elle a les doigts de pieds au bord du précipice, à ça de la mort, et qu’il n’y a plus d’autres choix alors que de jouer au ballon comme ils le faisaient petits dans les rues de leur beau pays. C’est d’autant plus dommage que ces joueurs sont rudement doués à ce petit jeu… Mais il était déjà trop tard et le presque but de Giuliano Simeone - que l’on soupçonne d’être encore plus insupportable sur un terrain que son père - à la 122e minute aurait été d’une injustice sans nom. Mais sa frappe s’est envolée et avec elle les espoirs de tout un peuple.

Paredes en hôpital psychiatrique

Ce coup-ci, l’histoire, le destin ou le karma, appelez ça comme vous voulez, avait choisi son camp, refusant (pour notre plus grand bonheur) de consacrer une équipe anti-football la même année où la FIFA a déjà fait tant de mal à sa propre compétition. Des pauses fraîcheurs devenues pauses publicité, un pathétique show à l’américaine long de vingt-sept minutes à la pause, sans parler du « Balogun Gate » et de la manière dont l’Argentine a été outrageusement protégée, non, on vous le dit, on n’aurait pas supporté que cette immense mascarade se termine par un back-to-back des Sud-américains.

Et comme si cela ne suffisait pas, à peine le coup de sifflet final donné par l’arbitre, certains dangers publics argentins comme Leandro Paredes ne trouvaient rien de mieux à faire que de jouer du poing et des prises de judo sur des Espagnols célébrant leur victoire. On peine alors à comprendre les mots de Lionel Scaloni en conférence de presse qui déclarait : « Nous sommes grands dans la victoire et devons aussi l’être dans la défaite. Ce soir, on montre qu’on sait perdre. On a perdu et nous l’acceptons. » LOOOOOOOOL

Dans un monde idéal, cet homme (Paredes, pas Scaloni) serait sanctionné à postériori par l’instance censée régir les règles de sa poule aux œufs d’or, et enfermé dans un asile psychiatrique, mais on connaît trop notre Gianni Infantino et son amour pour l’Argentine pour espérer quoi que ce soit de sensé de sa part. A l’arrivée, l’équipe du grand méchant de la FIFA a perdu et la meilleure équipe du Mondial a gagné. C’est, paraît-il, ce qu’on appelle une happy end de ce côté-ci de l’Atlantique.

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