Comment servir une planche apéro aussi gourmande qu’instagrammable ?
on n’attend pas Patrick ?•Les planches apéritives ne sont plus seulement un moyen de grignoter entre amis. Elles sont devenues un objet de mise en scène où fruits, fromages et charcuteries s’assemblent comme un tableauVictoria Berne
L'essentiel
- Les planches apéritives sont devenues un phénomène de société qui allie convivialité et esthétique.
- Sur les réseaux sociaux, les planches apéritives sont devenues de véritables œuvres d’art culinaires, avec des créateurs qui conseillent de miser sur la variété et les couleurs.
- Pour réussir une planche apéritive, il faut suivre trois règles d’or selon Marie-Charlotte Hamon : associer charcuterie, fromages, fruits et légumes et privilégier des produits artisanaux.
Un melon découpé en billes, une rosette transformée en rose, quelques fleurs comestibles, des fromages taillés en éventail. Avec les longues soirées d’été, les planches apéritives s’invitent sur toutes les tables. Mais elles ne se contentent plus de régaler les invités. Désormais, elles se soignent autant qu’elles se dégustent.
Sur les réseaux sociaux les planches ont la cote et les créateurs culinaires dévoilent leurs techniques pour composer des plateaux dignes d’un traiteur. L’engouement est tel qu’il dépasse désormais le Net : à Paris, Michel & Augustin a récemment tenté de battre le record du monde Guinness de la plus grande planche apéritive. Défi relevé avec une réalisation de 500,6 kg, composée de fromages AOP, de charcuteries et de produits de boulangerie. Alors, comment composer un plateau aussi gourmand qu’élégant sans être traiteur ?
L’apéro et les copains : la planche comme objet de partage
Si les planches apéro envahissent les tables toute l’année, dès les premiers rayons de soleil de l’été, elles deviennent les stars de nos soirées. Pour Marie-Charlotte Hamon, artisan primeur à Gisors dans l’Eure et championne de France de la planche apéritive 2026, leur succès s’explique avant tout par leur côté convivial : « C’est vraiment un objet de partage », résume-t-elle. « Que ce soit celui qui va la concevoir, qu’il la fasse faire ou qu’il la fasse lui-même, on a envie de partager des choses qu’on apprécie, de faire découvrir des produits aux gens qui vont la goûter. C’est convivial, chacun trouve quelque chose qu’il aime. »
Mais aujourd’hui, la dégustation passe aussi par les yeux. « Quand on amène nos produits, on les pose sur la table, tout le monde est émerveillé. Et en plus, c’est super bon », raconte-t-elle. Pour elle, l’esthétique donne surtout envie d’oser des saveurs nouvelles : « Les gens aiment la surprise. Ils nous demandent ensuite ce que c’était comme produit, ils en ont discuté toute la soirée. »
Sur les réseaux, la planche est devenue une œuvre d’art
Cette recherche de l’effet « waouh » est largement entretenue par les réseaux sociaux. Les vidéos consacrées aux planches apéro cumulent des centaines de milliers, voire des millions de vues. La créatrice Les Recettes de Margaux promet par exemple de transformer « un plateau de charcuterie en véritable œuvre d’art en moins d’un quart d’heure ». Son secret ? Miser sur une grande variété de fromages, créer des formes avec la charcuterie et surtout remplir chaque espace du plateau. « Le but pour un effet wow, c’est vraiment d’avoir une planche bien garnie », explique-t-elle, en utilisant les fruits pour créer des rappels de couleurs harmonieux.
Même philosophie chez le créateur culinaire Whoogy’s, qui conseille, dans sa vidéo, d’apporter « beaucoup de fraîcheur et de la couleur avec des fruits et légumes ». Poires, endives, radis… tous servent à équilibrer les volumes et à rythmer visuellement la composition. « Faites-vous plaisir, il n’y en a jamais trop », lance-t-il. Une approche qui rapproche la planche apéritive d’une véritable composition artistique. C’est d’ailleurs tout le travail de Tom Gotro, fondateur de Tableaux Paris, qui transforme fromages, fruits, légumes et charcuteries en véritables œuvres comestibles.
Les trois règles d’or d’une planche réussie
Pour Marie-Charlotte Hamon, la première erreur consiste à se limiter : « Il faut associer charcuterie, fromages, fruits et légumes, surtout en été où l’on a envie de fraîcheur », conseille-t-elle. Deuxième règle : privilégier des produits artisanaux plutôt que des produits industriels. « Même si on fait la planche soi-même, il faut aller sélectionner de bons produits chez son commerçant. »
Enfin, il faut penser dégustation autant qu’esthétique : tranches fines de charcuterie, petits morceaux de fromage, bouchées faciles à picorer. « Il faut de la finesse dans tout ce qu’on propose », insiste-t-elle.
Coté esthétique : des couleurs, du relief… et quelques fleurs
La championne de France suit également une véritable méthode de composition. Elle commence par disposer les fromages, ajoute ensuite les légumes, puis la charcuterie avant de compléter avec quelques fruits. Les espaces vides sont ensuite remplis grâce à des fruits secs, des fleurs comestibles ou encore des herbes aromatiques comme le basilic ou le romarin. « On joue avec les textures : il nous faut du croquant, du fondant, du sucré, du salé », détaille-t-elle.
Dans l’une de ses vidéos, la créatrice de contenu pousse même le souci du détail jusqu’à varier les découpes d’un même fromage : cubes, triangles, lamelles, formes réalisées à l’emporte-pièce… « Une planche simple mais avec plein de découpes différentes pour apprendre à composer de jolis plateaux », résume-t-elle.
En été, place aux fruits de saison
Impossible enfin de réaliser une belle planche estivale sans respecter les saisons : « En ce moment, on met du melon, des nectarines, des pêches, de l’abricot, de la figue… Notre planche n’a jamais la même composition en fonction de la période de l’année », explique Marie-Charlotte Hamon. Et en cet été caniculaire, tout invite à miser sur les fruits et légumes frais !


















