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Pourquoi c’est si dur de garder les jeunes en entreprise ?

Pourquoi c’est si dur de garder les jeunes en entreprise ?

bon bah, salut !Les jeunes entrants sur le marché du travail sont jugés « volatiles ». Leur fidélisation est un défi pour les entreprises
Youssef Zein

Youssef Zein

L'essentiel

  • La génération Z préfère des contrats courts, avec une durée idéale de 18 mois pour un premier poste selon une étude Job Teaser/EDHEC.
  • Les jeunes recherchent une progression rapide de carrière et de nouvelles compétences, étant sensibles à leur employabilité future dans un contexte perçu comme anxiogène avec l’émergence de l’IA.
  • Une nouvelle fois, l’équilibre vie professionnelle/personnelle est au cœur de leurs envies.

Les histoires longues ne semblent intéresser que très peu la Gen Z, tout du moins, en entreprise. C’est ce que laisse entendre l’étude menée par Job Teaser et l’EDHEC. D’après cette dernière, la durée idéale pour un premier contrat est de 18 mois. Passé cette échéance, ils sont tentés de voir ailleurs. Des résultats qui, de prime abord, font écho à l’enquête Ipsos menée en 2024 dans laquelle on pouvait lire que les salariés, particulièrement les jeunes, ne souhaitaient pas s’éterniser dans la même entreprise.

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A ce propos, Manuelle Malot, directrice de l’EDHEC NewGen Talent Centre, apporte des précisions sur l’étude qu’elle a menée avec Job Teaser : « Cette donnée de 18 mois concerne la durée idéale pour un poste et non pas pour l’entreprise. Mais il est évident que l’enjeu de fidéliser les jeunes collaborateurs est crucial. Si les employeurs n’ont pas les capacités de les déployer sur d’autres activités, ils peuvent les perdre. »

Si les délais diffèrent selon les cursus dont sont issus lesdits jeunes (les profils type universitaires sont sur 12 mois et les ingénieurs sur 24), les entreprises tentent de prendre à bras-le-corps la question de leur fidélisation. « La rémunération reste leur principale motivation. Mais cette volatilité est liée également au manque d’opportunités dans lesquelles grandir », appuie Adrien Ledoux, directeur général de Job Teaser.

Ascension et équilibre

« Cette génération est beaucoup plus sensible au fait de rester employable. Elle fait face à beaucoup de discours sur la disparition des métiers, notamment avec l’émergence de l’IA. Tout ça créé un climat anxiogène », estime Manuelle Malot. Vis-à-vis du chômage, cette jeunesse semble décidément beaucoup plus sur le qui-vive que ses aînés. « Elle veut des perspectives d’ascension rapides, souvent gages de nouvelles compétences », constate le DG de Job Teaser.

Sans trop de surprise, l’autre composante à prendre en compte pour maximiser ses chances de garder la jeune génération à ses côtés est de lui offrir un véritable équilibre vie pro, vie perso. Pour Manuelle Malot de l’EDHEC, il ne faut pas confondre cette exigence avec un manque d’engagement : « Trop souvent, cette envie est assimilée à un rejet du travail. C’est faux. Ce qui compte, c’est de leur proposer un équilibre. Ils ne veulent pas séparer le travail de leurs autres occupations, mais veulent que le tout s’articule. Ils ne veulent pas avoir à poser une demi-journée s’ils doivent aller chez le médecin. Ils attendent la compréhension de leur direction. »

Au travail comme n’importe où ailleurs, difficile de construire des relations qui durent sans un minimum de confiance et d’espace.