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« On peut perdre du poids en dormant »… Teddy Riner dévoile son hygiène de vie et ses craquages
interview•A quelques semaines de la reprise de la compétition en vue des JO de Los Angeles (eh oui, déjà), Teddy Riner se confie sur son hygiène de vie hors compétition et sur… l’après-carrièreChristelle Pellissier
L'essentiel
- Teddy Riner reprendra la compétition en mars ou avril 2025 pour se préparer aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028, qui seront les sixièmes et derniers de sa carrière.
- Le champion insiste sur l’importance d’une hygiène de vie rigoureuse incluant alimentation contrôlée, sommeil cadré et compléments alimentaires, tout en s’accordant des périodes de relâchement nécessaires.
- Teddy Riner estime que le secret de sa réussite réside dans l’équilibre entre trois critères essentiels : « Il faut être bon au judo, être bon physiquement et mentalement… à un très bon niveau ».
Plus grand judoka de tous les temps, Teddy Riner reprendra la compétition dans les prochaines semaines. L’objectif ? Se préparer en vue des Jeux olympiques de Los Angeles 2028, les sixièmes et derniers de sa carrière. Ambassadeur des compléments alimentaires Bion3, le sportif de haut niveau se confie à 20 Minutes sur l’importance de bien gérer les moments de relâchement hors compétition. Interview avec une légende tricolore jamais rassasiée, ni de victoires, ni de… crêpes.
Quelle est votre hygiène de vie entre chaque compétition ?
Il y a forcément des moments de relâchement. Mais mon quotidien, c’est une bonne hygiène de vie, une bonne alimentation et des heures de sommeil bien cadrées. Le sport de haut niveau demande un peu plus de management du corps, donc de la prévention à la fin de l’entraînement. On travaille les muscles profonds et on gère tous les bobos du quotidien pour pouvoir continuer à s’entraîner à un très bon niveau.
Le judo demande une gestion particulière de l’alimentation, notamment vis-à-vis des catégories de poids. Comment abordez-vous cet aspect ?
Des études ont montré que le judo était l’un des sports les plus traumatisants. On doit donc forcément gérer notre corps, notre quotidien, notre alimentation, et plus globalement notre hygiène de vie. Cela passe aussi par la prise de compléments alimentaires pour répondre à toutes les sollicitations que le corps va subir. C’est toute une routine quotidienne. Il y a heureusement une équipe médicale qui nous aide à gérer et performer, et qui prend soin de nous.
Comment gérez-vous les périodes de relâchement ?
Heureusement qu’il y a ces phases de relâchement. Sans ça, il serait impossible de garder le cap à un certain niveau. On n’est ni des surhommes, ni des machines, ni des robots. Nous sommes aussi accompagnés pendant ces périodes. Il ne faut pas croire que c’est fast-food tous les jours ! On conserve une petite activité physique. Ce n’est pas forcément du judo, mais ça peut être du tennis, du padel ou du basket. Et puis, on a le droit de faire des petits craquages, comme on dit dans le jargon. Normalement je n’ai pas le droit à la junk food, mais je peux me le permettre quelques jours pendant ces périodes de relâchement.
Les catégories peuvent impliquer des ajustements significatifs, avec des pertes de poids jusqu’à plus de 20 kg. Comment abordez-vous ces phases-là ?
Ça peut paraître effrayant, mais tout est maîtrisé. A notre niveau, on n’est pas censé devoir perdre 5 kg en deux jours. Ceux qui font ça ne pensent pas aux répercussions que ça peut avoir, et en particulier au risque de blessure. On doit perdre du poids progressivement jusqu’au jour de la compétition. C’est une question d’organisation et d’hygiène de vie. L’alimentation, les compléments alimentaires et le sommeil sont extrêmement importants. Certains ne le savent pas forcément mais on peut perdre du poids en dormant, en ayant un bon sommeil en l’occurrence, donc c’est très important.
A la maison, est-ce que tout le monde mange comme Teddy Riner ?
Je dirais plutôt que c’est moi qui mange comme mes enfants. Ma femme est très à cheval sur la diététique, et elle a cadré très tôt l’alimentation de nos enfants. Parfois, je mange donc moins bien qu’eux.
C’est quoi un petit-déj de champion versus un petit-déj relâche ?
Il n’est pas marrant mon petit-déj de champion. Il se compose de trois œufs préparés avec de la tomate, des poivrons, du blanc de dinde ou du blanc de poulet, de l’avocat, et un peu de cheese pour la substance, avec un jus de fruit si je l’ai mérité. En période de relâche, ce sont des bons pancakes, des bons muffins, un bon lait chocolaté avec des cornflakes, un bon jus d’orange ou jus de pamplemousse mixé, et un bon fromage blanc. Et des crêpes au goûter, parce que c’est très important le goûter.
Y a-t-il des plaisirs dont vous ne parvenez pas à vous passer ?
Tout le monde le sait… les crêpes. C’est vraiment quelque chose que j’aime. Je pense d’ailleurs qu’il n’est pas impossible qu’on me voie à la tête d’une franchise internationale dans quelques années.
C’est quoi le secret pour devenir le plus grand judoka de tous les temps ?
On n’y pense pas assez, mais il faut bien prendre en compte les mots « sportif de haut niveau ». Il faut être bon au judo, être bon physiquement et mentalement… à un très bon niveau. Il ne faut pas qu’il y ait un déséquilibre entre ces trois critères, sinon ça ne fonctionne pas. Je pense que beaucoup sous-estiment la puissance du mental et de la préparation mentale.
Quand comptez-vous commencer votre préparation pour les JO de Los Angeles ?
Dès cette année. On commence tranquillement à « réenclencher ». Les Jeux olympiques, ça se prépare, et il ne faut arriver ni trop tôt, ni trop tard. En mars ou avril, les premières compétitions vont arriver pour aller chercher les premiers points, commencer à se jauger et bien se préparer.
L’après-carrière est une étape délicate pour les sportifs. Comment appréhendez-vous cette transition après les JO de Los Angeles ?
C’est « la petite mort », comme on dit (rires). L’après-carrière n’est facile pour personne. J’ai aimé ces années sur le tapis, vivre ces émotions, voyager, rencontrer et connaître bon nombre de personnes, donc ça va être difficile. Il s’agit d’arrêter une chose que j’ai vécue pratiquement toute ma vie, depuis mes 14 ans. Ça ne sera jamais facile. Mais quand on a vraiment tout vécu au maximum, on sait qu’à un moment on doit tourner la page. Moi, j’ai été très gourmand (sourire). Il me reste deux ou trois belles années, puis on fermera la page du sport de haut niveau. Quoique le baseball… Non j’arrête.



















