Paris Games Week : Pourquoi les gamers mangent-ils de la « junk food » ?
miam miam•Les gamers assidus ont la réputation de manger régulièrement de la nourriture trop grasse, trop sucrée et trop calorique. Pourquoi ce cliché ?Tom Comminge
L'essentiel
- La 14e édition de la Paris Games Week se tient du 29 octobre au 2 novembre 2025.
- A cette occasion, 20 Minutes, partenaire de l’évènement, vous propose une série d’articles sur les enjeux autour du jeu vidéo.
- Aujourd’hui, nous nous interrogeons sur le cliché selon lequel les gamers se nourrissent mal.
Miettes de chips sur les doigts, manettes tachées de chocolat, boissons énergisantes à portée de main… Ces clichés, les gamers le subissent régulièrement. Les geeks auraient cette fâcheuse tendance à privilégier la junk food, des aliments simples à préparer et à consommer, généralement trop caloriques, trop gras et trop sucrés.
Pour eux, manger n’est pas une nécessité, mais un obstacle au plaisir de jouer. Ces mauvaises habitudes alimentaires ne concernent évidemment pas tous les gamers. Mais pour ceux concernés, tout se passe dans leur cerveau et dans leur vie sociale.
Jouer ou manger ? Telle est la question
D’après Nicolas Guggenbühl, rédacteur en chef de Food in Action et professeur en nutrition et diététique, les joueurs assidus sont trop occupés par les écrans pour penser à s’alimenter. « Plus les gamers passent de temps à jouer, moins ils apportent d’importance à l’acte de manger et à sa préparation. Notre cerveau ne peut pas s’occuper de plusieurs distractions à la fois. Manger, c’est une occupation qui prend du temps. »
Avec cette observation, plusieurs catégories de gamers sont identifiables. « Il y a différents profils de joueurs, souligne Nicolas Guggenbühl. On distingue ceux qui vont sauter des repas pour jouer plus longtemps. Au final, dès que le cerveau se détache un peu des écrans, il va lancer une alerte famine, qui doit vite être comblée. La nourriture simple à préparer et industrielle est donc la meilleure option. Il y a aussi les joueurs que j’appelle les "petites souris grignoteuses". Ils vont privilégier des repas déstructurés à base de chips, gâteaux et petits snacks rassasiants à court terme. Dans les deux cas, c’est assez problématique car la régulation de la prise alimentaire est bousculée. »
La condition sociale des gamers favorise la consommation de junk food
D’après une étude de l’Université de Copenhague, la nature sociale des joueurs influence aussi leur façon de manger. Les gamers qui ont une vie sociale remplie ont plus d’opportunité de se détacher de leurs écrans. Et donc de privilégier le contact humain, notamment lors de repas généralement plus sains. Tandis qu’un joueur seul, avec uniquement des amis en ligne, va préférer manger rapidement pour vite les rejoindre. Il va donc se concentrer sur la junk food ou des fast-foods.
La consommation de junk food pourrait également s’expliquer par les types de jeux joués par les gamers. « Même si la science a du mal à le documenter, on peut imaginer que les jeux stressants et stimulants peuvent influencer la façon de consommer des joueurs, déclare Nicolas Guggenbühl. C’est évident que si on joue à un jeu calme où le but est de planter des petites graines pour faire pousser des arbres, la stimulation n’est pas à son paroxysme. Alors que les jeux dynamiques et stressants vont créer de l’adrénaline, l’hormone du stress. A dose régulière, ils peuvent dérégler l’équilibre alimentaire. Ce qui peut pousser à la surconsommation ou à l’inverse à la sous-nutrition. »
Quels impacts sur les joueurs ?
Une mauvaise habitude alimentaire peut avoir des répercussions sur la santé globale. En fonction de l’âge des joueurs, les impacts diffèrent. A l’adolescence, le dérèglement alimentaire, la consommation de junk food et le manque d’activité physique régulière provoquent une prise de poids rapide. Dans les cas extrêmes, ces habitudes peuvent amener à de la boulimie ou dans le cas contraire, à de l’anorexie.
Actualités gamingPour les adultes, c’est plus compliqué. « Plus on prend de l’âge, plus le corps stocke facilement de la graisse, souligne Nicolas Guggenbühl. A force de manger de la junk food, cela peut vite devenir problématique au niveau cardiovasculaire. Dans le pire des cas, l’alcool est ajouté à leur consommation quotidienne. Ce qui peut être ravageur pour le corps. »


















