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Grands comme un enfant d’un an à l’âge de 6 mois, les bébés néandertaliens étaient immenses
PREHISTOIRE•Des travaux scientifiques ont récemment révélé que les bébés néandertaliens connaissaient une poussée de croissance physique et cérébrale bien plus rapide que celle des Homo sapiens, ce qui leur permettait de mieux s’adapter à leur milieu20 Minutes avec agence
Une récente étude apporte un éclairage inédit sur l’aspect des bébés néandertaliens. En étudiant un squelette, des chercheurs ont remarqué un décalage important avec l’Homo Sapiens en matière de développement corporel. Alors que ses dents indiquaient un âge de 6 mois, son développement corporel – longueur des os et volume cérébral- – correspondait à celui d’un humain moderne de 12 à 14 mois, détaillent les travaux publiés dans Current Biology
L’analyse a porté sur le squelette presque complet d’un nourrisson découvert en 1992 dans une grotte en Israël. Surnommé Amoud 7, l’enfant est mort il y a 51.000 à 56.000 ans. Si son sexe n’a pas pu être établi, ses dents et les lignes de croissance dans l’émail ont révélé qu’il avait environ 6 mois au moment du décès, explique le New Scientist. Mais en observant ses bras et ses jambes, il est apparu qu’ils avaient une taille qui, aujourd’hui, se trouverait chez un enfant bien plus âgé.
Un rythme de croissance différent
Les chercheurs ont observé la même tendance en comparant ces données avec celles de deux autres bébés néandertaliens ayant fait l’objet d’autres études. Le paléoanthropologue Chris Stringer a souligné que cette accélération n’est pas constante mais suit un schéma précis chez les petits néandertaliens. À la naissance, le développement dentaire et le développement corporel sont synchronisés. On observe ensuite une poussée de croissance fulgurante du corps et du cerveau, qui dépasse largement la vitesse de développement des dents. Quand l’enfant atteint l’âge de 7 ans environ, la croissance du corps et le développement dentaire se synchronisent à nouveau, et la croissance cérébrale continue sur un rythme soutenu.
Ce rythme de croissance atypique pour nous serait dû au mode de vie d’alors, marqué par la nécessité d’apporter une réponse physiologique à un milieu hostile. Dans un environnement froid et imprévisible, atteindre rapidement une taille physique importante permettait aux nourrissons de mieux réguler leur température corporelle. Avec à la clé des besoins énergétiques bien plus élevés. Ainsi, un bébé néandertalien de quelques mois mangeait autant qu’un enfant actuel de plus d’un an.


















