« Gap days » : Pour rompre avec leur rythme effréné, les jeunes Chinois se font des césures d’une journée
en mode chill•En Chine, ces breaks permettant de prendre du recul face à un quotidien jugé opprimant20 Minutes avec agences
Gap day. Cette expression anglophone vient du concept bien connu de la césure ( « gap year », en anglais). Initialement, un dispositif qui permet aux jeunes de faire une pause dans leur parcours académique afin de partir à l’étranger. Pour beaucoup de jeunes Chinois, on se contentera de prendre une journée de césure, ce qui représente déjà un véritable sas de décompression face au rythme de vie effréné qu’ils subissent et rejettent désormais. Certains vont jusqu’à louer une chambre d’hôtel à la journée pour profiter au mieux de leur « gap day ».
Un nouveau mode de vie oisif
Les jeunes chinois aspirent désormais à un mode de vie plus lent et plus détendu, loin de la culture de l’effort associée aux semaines « 996 » (au travail de 9 heures à 21 heures, six jours sur sept). « Lorsque mon travail devient pesant, je réserve une chambre d’hôtel près de chez moi pour passer du temps seule, regarder des séries, me faire livrer un fast-food, boire du bubble tea, puis m’endormir rapidement une fois que je suis rassasiée. Lorsque je me réveille le lendemain et que je me maquille pour aller travailler, j’ai l’impression d’être à nouveau un être humain », a déclaré une adepte de ces césures express au South Morning China Post.
Les « gap days » s’inscrivent dans cette profonde remise en question du modèle chinois, au même titre que le mouvement « chillax ». Ce dernier englobe une variété d’activités et de comportements placés sous le signe de l’hédonisme et de la lenteur. Se promener dans un parc, cuisiner un repas maison, aller à la pêche, déguster du thé… Les adeptes du « chillax » veulent prendre le temps de profiter des petits plaisirs de la vie, quitte à déplaire à Pékin.
La césure censurée
Les autorités chinoises voient d’un très mauvais œil ces appels à l’oisiveté. Elles essaient de restreindre sur les réseaux sociaux les publications en lien avec le « tang ping », que l’on pourrait traduire par le fait de « rester allongé ». Cette mouvance consiste à éviter volontairement toute forme d’effort physique et moral pour participer le moins possible au système capitaliste. Au-delà d’une tendance sur Internet, beaucoup de jeunes Chinois y voient une véritable philosophie de vie.
Malgré la censure de Pékin, les moins de 30 ans semblent déterminer à faire entendre leurs revendications. Que ce soit, en s’allongeant, en adoptant un mode de vie plus « chill » ou en prenant ponctuellement des journées sabbatiques. Un seul mot d’ordre : ne pas en baver pour rien ( « chiku », en Chinois) comme l’ont fait leurs parents et leurs grands-parents.


















