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Réhabilitons pour de bon Rudy Gobert, monstrueux en défense sur Jokic

NBA : Réhabilitons pour de bon Rudy Gobert, monstrueux en défense sur Jokic et même auteur d’une passe aveugle

Rudy can’t failSi souvent raillé en NBA, le pivot français est décisif dans le choc du premier tour des play-offs à l’Ouest, et il permet aux Minnesota Timberwolves de mener 2-1 contre les Denver Nuggets du redoutable Nikola Jokic
NBA : Rudy Gobert, éternelle tête de turc des réseaux et des plateaux TV
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Rudy Gobert a de nouveau réalisé jeudi soir une grande performance lors du match 3 du premier tour des play-offs NBA entre Minnesota et Denver.
  • Ses stats solides (10 points, 12 rebonds, 3 passes et 3 contres) ne disent en effet pas tout de son récital défensif face au triple MVP Nikola Jokic, encore en panne d’adresse lors de cette nouvelle défaite des Nuggets (113-96).
  • Plus improbable encore, le pivot français de 33 ans s’est offert de spectaculaires séquences en attaque, entre un « sky hook » main gauche devant Jokic et surtout une passe aveugle pour offrir un dunk à Julius Randle.

Nous n’étions pas prêts à vivre ça, seulement six minutes après le coup d’envoi du troisième match de la plus excitante série des play-offs NBA jusque-là, entre les Minnesota Timberwolves et les Denver Nuggets jeudi. L’arrière de Denver Christian Braun s’était ouvert le chemin pour un lay-up sans histoire. Mais c’est l’instant choisi par Rudy Gobert pour se transformer en Victor Wembanyama sur le plan défensif… puis en Nikola Jokic de l’autre côté du terrain.

Promis, nous n’exagérons en rien, comme vous pourrez le constater ci-dessous, avec d’abord un énorme contre sur la planche, avant de récupérer le ballon. Quelques instants plus tard, après son job classique de poseur d’écran en faveur de la star Anthony Edwards, il a hérité d’un ballon à l’entrée de la raquette. Le genre de configuration dans laquelle le pivot français de 2,16 m est souvent moqué pour ses maladresses et son shoot extérieur médiocre.

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Jokic maladroit et nettement moins influent

Sauf que là, Rudy Gobert s’est joué de Spencer Jones grâce à un habile « eurostep », avant d’enchaîner avec une improbable passe aveugle vers Julius Randle, auteur d’un sacré dunk grâce à ce caviar (12-4, 7e). Rarement le solide mais frustre intérieur de 33 ans avait à ce point fait lever les foules durant sa carrière. Mais cet éclair ne tombe pas du ciel, tant Rudy Gobert impressionne depuis le début de ce choc XXL du premier tour des play-offs, à l’image de son récital défensif dans ce dernier succès de Minnesota (113-96, 2-1 dans la série).

Opposé au meilleur joueur du monde Nikola Jokic, qui lui a si souvent fait des misères dans le passé, l’ancien pivot du Jazz mène ainsi la vie dure au génie serbe. Etonnamment maladroit aux tirs dans les deux succès de rang des Wolves, avec un 8 sur 20 puis même un 7 sur 26 jeudi (dont un désastreux 3/17 à trois-points cumulé sur ces deux matchs), Nikola Jokic (56,9 % d’adresse cette saison) est également très loin de ses standards de meilleur passeur de la Ligue (10,7 passes décisives en moyenne), limité à 8 et 3 offrandes sur les games 2 et 3.

Rudy Gobert a grimpé sur le malheureux Bruce Brown pour s'offrir un spectaculaire dunk, jeudi lors de la nouvelle belle victoire des Timberwolves contre Denver (113-96, 2-1 dans la série).
Rudy Gobert a grimpé sur le malheureux Bruce Brown pour s'offrir un spectaculaire dunk, jeudi lors de la nouvelle belle victoire des Timberwolves contre Denver (113-96, 2-1 dans la série).  - D. Berding/Getty Images/AFP

« Le plus beau challenge qu’on puisse me proposer »

Très complet jeudi (10 points, 12 rebonds, 3 passes et 3 contres), le récent 4e au trophée du meilleur défenseur de la saison en NBA (oui oui, seulement) n’est bien entendu pas étranger aux difficultés vécues par le triple MVP, tant sa défense étouffante est un modèle du genre face à lui cette semaine. Et que dire de ce bluffant « sky hook » réussi main gauche (63-39, 25e), après de multiples feintes… à la Jokic ? Une action d’un joueur en pleine confiance, galvanisé par son rôle défensif clé, loué ces derniers jours par son entraîneur, ses coéquipiers.

Et le pivot de Denver himself : « Il me force à prendre des tirs difficiles, il est imposant, il peut toucher le ballon sous tous les angles et dans toutes les positions. C’est vraiment un très bon défenseur. » « Nikola Jokic est le plus grand joueur offensif sur lequel j’ai été amené à défendre dans toute ma carrière, a de son côté confié l’intéressé jeudi soir. C’est le plus beau challenge qu’on puisse me proposer et j’adore ça. Je fais en sorte qu’il doive mériter chaque point qu’il marque. »

Notre dossier sur Rudy Gobert

Et actuellement, Nikola Jokic ne parvient plus à porter vers la victoire ses Nuggets (3es de l’Ouest), privés d’Aaron Gordon (encore) blessé. Mis de côté par Vincent Collet dans les rendez-vous les plus chauds des JO de Paris 2024, Rudy Gobert est en train de prouver qu’il est plus compétitif que jamais en NBA, et certainement pas un joueur en préretraite. De quoi inciter Frédéric Fauthoux à compter sur le quadruple « DPOY » cet été pour les matchs de qualifications pour la Coupe du monde 2027 ?