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« On se retrouve sexuellement pendant nos premières vacances sans enfants »

Second âge d’or sexuel : « On s’est retrouvés intimement pendant nos premières vacances sans enfants »

L’été est chaudLes vacances d’été peuvent être pour les couples l’occasion de se laisser plus de place à la sensualité et au rapprochement des corps
Anissa Boumediene

Anissa Boumediene

L'essentiel

  • Pour certains couples, les vacances d’été peuvent être l’occasion de faire souffler un vent de sensualité dans son couple, et de réveiller sa libido.
  • Pour d’autres en revanche, ce n’est pas un moment propice à la sensualité.
  • Et si finalement, c’étaient les couples dont les enfants ont quitté le nid qui profitaient d’un second âge d’or sexuel durant les vacances estivales ?

Ça y est, on les a attendues toute l’année, et elles sont enfin là : les vacances d’été ! Oubliés le train-train quotidien, le boulot, les transports et tous les petits soucis qui nous tracassent plus qu’il ne le faudrait. L’heure est aux baignades, à la sieste, aux barbecues, pendant que le maillot de bain devient la tenue officielle pour tout le monde.

L’occasion de se détendre et, pour les couples, de profiter de ces vacances estivales pour laisser grimper un peu plus la température sous les draps. Mais en pratique, l’été est-il vraiment plus chaud pour la sexualité des couples ? A priori, cela dépend pour qui, comme nous le confient nos lecteurs et lectrices.

« On est trop fatigués »

Les moments coquins, Mathilde, 34 ans, dont les vacances d’été démarrent en ce pont du 15 août, n’y pense pas trop. « Ouh la ! Le sexe en ce moment, ce n’est pas trop notre préoccupation avec mon compagnon, confie la maman d’un petit Marcel de 18 mois. Nos vacances dans le Sud avec le petit, on les attend avec impatience, pour nous reposer, passer du temps de qualité ensemble, et dormir ! Surtout qu’avec le petit qui court partout, les journées de vacances vont être sportives, ajoute-t-elle. Ce ne seront pas des vacances "caliente" et détente comme aux débuts de notre relation ! Et c’est O.K. : on est dans une période où on est trop fatigués et centrés sur notre fils pour avoir une libido débordante. On en parle entre nous de manière décomplexée, on sait que c’est une phase, et ça ne nous empêche pas de nous aimer, d’être câlins et complices. Les galipettes, on en refera quand une nuit de sommeil complète ne nous fera pas plus rêver qu’un orgasme ! », plaisante la jeune maman.

L’occasion de rappeler que si pour beaucoup de couples, l’été peut être plus chaud, « il n’est pas question de se mettre la pression et céder aux injonctions à une sexualité débordante, insiste le Dr Patrick Papazian, sexologue et auteur de Parlez-moi d’amour (éd. L’Opportun). Avant l’été, je rappelle de façon préventive aux couples que je suis que si l’été ne se passe pas en mode "sea, sex and sun", ça, ce n’est pas grave ! Cela signifie qu’ils auront eu besoin de se reposer, de s’amuser, que ce n’était pas forcément le moment pour du sexe et ce n’est pas un problème, ça repartira plus tard. C’est une phase que traversent particulièrement les couples parents d’enfants jeunes, où les vacances estivales sont peut-être même la période la moins reposante de l’année, et la libido est reléguée au second plan. Certains arrivent à s’accorder des siestes crapuleuses en partant en hôtel club et en inscrivant les enfants à des activités, permettant à toute la famille de s’amuser, et aux parents de se retrouver. Mais tout le monde n’en a pas la possibilité. Cela ne signifie pas que les vacances seront moins bonnes, simplement que pour le couple, le sexe est moins une priorité pour le moment ».

« Quand nous sommes seuls avec mon conjoint, c’est vraiment top »

En revanche, quand cette phase prend fin, les vacances d’été sans enfants peuvent être l’occasion de découvrir un second âge d’or sexuel dans son couple. A l’instar de Catherine, 62 ans, pour qui « les vacances d’été, le soleil et la chaleur font monter notre libido au maximum à mon mari et moi. C’est plus difficile quand les enfants et petits-enfants sont avec nous. Mais quand nous sommes seuls avec mon conjoint, c’est vraiment top ! C’est vrai que les tenues légères, les attentions sensuelles de la journée augmentent l’excitation, même si on n’est plus des perdreaux de l’année avec nos 40 ans de vie commune ! » Même vent de liberté coquine pour Thomas : « On n’arrête pas ! Faut dire que quand on enlève la pression du travail au quotidien, ça laisse l’esprit plus disponible pour autre chose… »

Et ce renouveau estival chez les couples n’ayant plus leurs enfants en vacances n’est pas surprenant : « C’est sans doute aussi parce que ce sont ces couples dont la libido a été la plus impactée par les tous les aspects de la vie quotidienne, entre les enfants à gérer et le stress du travail, avance le Dr Papazian. Et on sait combien le stress est le pire ennemi de la libido. Donc retrouver une liberté comme au premier jour est plutôt bon pour la libido. Et classiquement, l’été est une période plus propice pour se retrouver dans son couple : on est plus détendu, les corps sont plus explosés, on est plus à l’aise, on réinvestit son corps, on lâche prise et on fait éventuellement un peu de sport, on s’amuse, on passe plus de temps dehors sous le soleil : autant de choses qu’on fait beaucoup moins durant l’année, qui boostent le moral et qui jouent forcément sur la sexualité ».

Une redécouverte de l’intimité

Ce second âge d’or sexuel, Hervé et son épouse y goûtent avec plaisir : « A tout juste 50 ans, ma femme et moi venons de passer nos premières vacances sans enfants, sous le soleil et délestés du stress dû au travail. Et il est vrai que cela nous a permis de nous retrouver intimement parlant comme cela n’avait pas été le cas depuis bien longtemps ». Un témoignage que le Dr Papazian entend souvent en consultation. « On a beaucoup parlé à une époque du syndrome du nid vide, des couples qui risquaient de se regarder en chien de faïence en se retrouvant seuls à deux, et en réalité, beaucoup disent combien c’est génial, et expliquent qu’ils se sentent libérés d’une pression, et redécouvrent le bonheur d’être à deux. Pour eux, c’est une seconde jeunesse ».

Une seconde jeunesse et un second âge d’or sexuel où même après 50 ans, on peut jouir d’une sexualité à faire pâlir les jeunes couples. « Quand on a passé l’épreuve d’avoir élevé les enfants, traversé des aléas et des hauts et des bas tout en ayant conservé une bonne communication dans son couple, cette phase peut marquer un renouveau très épanouissant, analyse le Dr Papazian. Surtout dans ce contexte récent où l’on parle de plus en plus de la sexualité des séniors, et que la parole se libère. Les femmes sont de plus en plus conscientes que la ménopause ne signe pas la fin de sexualité, et les hommes n’hésitent plus à consulter en cas de problème d’érection. Ces sujets sont dédramatisés et cela favorise l’épanouissement sexuel ».

Un épanouissement marqué pour certains par l’innovation. « Je reçois des couples de plus de 50 ou 60 ans qui explorent des choses dans leur intimité, à l’occasion de ce second âge d’or sexuel. Certains découvrent la sexualité non pénétrative, qui peut être un axe ludique, hors des injonctions. Et d’autres partent à la découverte de pratiques plus étonnantes. Il n’y a pas de limite tant qu’on s’amuse, qu’on sait se parler avec bienveillance et qu’on a envie de tenter de nouvelles choses à deux. »